‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 39 sur 222 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

le continent, particulièrement en France, ce qu'il y a de plus saillant dans la plupart des travaux * (296).

Comment s'expliquer qu'en un siècle de lumières et de progrès, tous les peuples européens, en même temps qu'ils se montraient résolus à conquérir ou accroître les libertés publiques, aient été poussés à réglementer étroitement les manifestations de l'activité individuelle ? À première vue, la coexistence des deux phénomènes signalés paraît illogique : on peut, cependant, la comprendre.

Chaque être humain éprouve deux impulsions opposées : Tune le fait tendre vers l'indépendance absolue ; l'autre lui fait rechercher, dans l'agrégation sociale, un refuge contre tout ce qu'il redoute, un préservatif même contre sa faiblesse et son impéritie. En un mot liberté et protection, telles sont les deux forces, la première centrifuge et la seconde centripète, qui sollicitent l'homme, et, par cette double attraction, doivent le maintenir en équilibre dynamique, dans le fonctionnement de son activité.

Mais, l'essor de la population et des richesses, qui est, aussi, une loi naturelle, donne lieu à une triple conséquence :

1° Il restreint les droits de chacun, qui se trou-

vent, de plus en plus» bornés par ceox d'aatrai ;

2° Il réduit la part individuelle de produits spontanés du. sol, stimule l'intelligence et l'incline à faire de nouvelles découvertes, pour répondre aux besoins et aux commodités de la vie ;

3° Il engendre la nécessité d'une action régulatrice, pour faire régner Tordre, dans la participation aux avantages des choses communes et imposer l'abstention de tout acte contraire à la sûreté, à la justice.

De là résultent à la fois :

1° Une évolution continue, dans l'harmonie des éléments de la stabilité sociale ;

2° Un accroissement des dangers qui correspondent à l'énergie des moyens mis en œuvre, pour extraire, transformer, asservir et utiliser la matière ;

3° Une augmentation corrélative d'intensité, dans la puissance destinée à préserver les populations des causes de « nuisance », à écarter les périls et les obstacles, dans la paisible jouissance des biens.

On voit donc que l'expansion de la race et le développement des connaissances multiplient les rapports des individus avec le pouvoir social.

Est-ce à dire qu'il n'y ait pas une exagération à

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