‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 40 sur 222 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

craindre, dans le nombre et l'étendue des prérogatives que les représentants de la puissance publique sont forcés de revendiquer, pour remplir leur mission et couvrir leur responsabilité ? Les observations critiques déjà faites et celles qui vont suivre ne laissent aucun doute sur les abus introduits.

Mais, on doit l'avouer : c'est une tâche fort délicate que celle consistant à mettre en relief et corriger les attributs qui réagissent défavorablement 8ur l'initiative et l'activité privées; elle demande encore plus d'expérience que de réflexion, car, pour apprécier sainement le caractère et l'efficacité d'une intervention autoritaire, il faut se défendre contre le préjugé instinctif qui porte à en dénier, a priori, la raison d'être ; par malheur, ceux qui exercent des pouvoirs sont peu disposés à en confesser le mauvais usage réel ou possible ; ce serait, dès lors, au législateur, avant d'accorder ceux qu'on sollicite de lui, à exiger des justifications sérieuses, concernant l'inévitable besoin de confier, aux agents administratifs, des armes redoutables, dont l'aspect et, trop souvent, l'emploi compriment, découragent et affaiblissent les élans de l'intelligence et des transactions. Mais, de telles précautions supposent, chez la plupart des membres d'un Parlement, des mérites qui ne se rencontrent guère réunis sur la même

tête : le talent, l'indépendance, le désintéressement, l'impartialité.

À défaut de ces conditions, il est facile de comprendre l'ampleur des droits dévolus, particulièrement depuis 30 ans, aux autorités publiques, pour une foule d'objets. On a ému, mis en branle l'opinion et profité du désarroi des esprits, pour étendre, outre mesure, la tutelle qui pèse sur l'exercice des facultés humaines, dans Tordre industriel.

Nous admettons, sans difficulté, le principe d'une contrainte, pour que le profit d'un constructeur ou d'un manufacturier se réalise dans des conditions qui respectent la vie ou la santé des locataires ou des ouvriers. Mais, autre chose est un principe sage, salutaire, autre chose est la conception claire de son étendue et, par conséquent, de ses limites nettement déterminées; autre chose, surtout, l'intelligence, la sincérité, l'exactitude, dans la manière de s'en servir.

Les politiques se sont abrités derrière l'hygiène, pour faire assaut de zèle, autant par désir de popularité que par compassion ; ce fut là un faux calcul, car il faut répéter, ici, cette remarque si judicieuse, si profonde même, dans sa simplicité, qu'un des maîtres contemporains de la science économique. M. Levasseur, formulait, il y a quelques années :

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