CHAPITRE PREM1KR
« Il importe de ne pas confondre le bien-être avec le sentiment du bien-être *. On s'accoutume, en effet, à un état meilleur, sans cesser de faire des vœux pour qu'il se perfectionne encore et beaucoup.
Puis, les agents d'exécution, toujours disposés à grandir leur rôle, dépourvus, le plus souvent, de tact et de modération, animés d'un zèle excessif ou de tendances hostiles, par suite des abus qu'ils constatent et généralisent, dans leuresprit, passent, volontiers, de la notion du nécessaire à celles de V utile, puis du convenable et, enfin, du superflu.
On voit donc l'évolution accomplie. Pour faire cesser un inconvénient positjf, mais circonscrit, dans son siège et ses effets, des moyens ont été établis qui permettent non seulement de remédier aux maux reconnus, mais d'aller fort au delà des résultats légitimement poursuivis.
Or, quand le cercledes attributs normaux de l'autorité publique a été franchi, sur bien des points, l'opinion ne sait plus reconnaître où doit commencer et finir l'intervention sociale, dans ses rapports avec les droits naturels de chacun. A la vérité, par un étrange mirage, longtemps il sembla que le pouvoir des municipalités avait un caractère en quelque sorte familial, qui lui ôtait la rudesse reprochée aux actes émanant de haut ut de loin. Les
citations déjà faites disent assez ce qu'il faut penser d'une telle appréciation, surtout à notre époque. Jadis, on croyait, ou Ton feignait de croire, que les habitants, considérés en masse, gagnaient à être « protégés », contre chaque catégorie professionnelle ; actuellement, la même erreur se reproduit en s'aggravant : la commune est censée défendre des collectivités « intéressantes » contre des groupes « intéressés »...