‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 45 sur 222 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

nés, qualité pour ouvrir des marchés d'approvisionnement où les cultivateurs écoulent leurs produits; mais, il importe que les facilités, ainsi offertes, dans Vintèrêt des consommateurs, ne tournent pas au préjudice de ceux-ci ; qu'elles ne deviennent pas des instruments de sujétion mettant obstacle à l'emploi d'autres moyens que conseille l'expérience.

De même, il est avantageux, pour les habitants d'une ville, de ménager, sur les voies publiques, des emplacements limités où stationnent des voitures ; mais, on ne conçoit pas que ces emplacements puissent faire l'objet d'une jouissance exclusive, en faveur de certaines entreprises, car la gêne qu'éprouve la circulation, par la présence des véhicules, ne saurait avoir pour excuse légitime que la commodité générale résultant des transports mis à la portée matérielle de tout le monde. Dès lors, puisque la cause qui justifie l'occupation du sol destiné au passage consiste dans le service obtenu, nul ne doit être empêché de le rendre, pourvu qu'il remplisse les conditions qu'exige la sûreté des voyageurs.

De même, enfin, s'il est convenable qu'une commune assume la charge de faire procéder à l'inhumation des corps de toute personne ne laissant, derrière elle, aucun parent qui puisse ou veuille

acquérir un lieu propre à recevoir sa dépouille; s'il appartient à la police d'empêcher qu'on ne nuise à la salubrité de l'air, en déposant des cadavres sur des points mal choisis, en l'absence de ces conjonctures ou d'autres équivalentes, la liberté doit reprendre son empire.

Les considérations financières n'ont pas un poids

capable de l'emporter sur celles qui ont été exposées plus haut. Il est toujours facile de remplacer un impôt, quand son assiette donne lieu à de justes critiques; au contraire, il n'est jamais possible de porter atteinte à des principes fondamentaux de l'ordre économique, sans léser les intérêts vitaux de la société, sans fausser les idées essentielles de la population. Les monopoles consacrés, par les lois ou lajurisprudence, dans le but de grossir les recettes communales, aux dépens de la liberté individuelle T constituent des précédents dont excipent, avec succès, les partisans du socialisme municipal ; les gouvernements, qui ont préparé, d'une manière inconsciente, ce résultat, s'en émeuvent, sans, d'ailleurs, renoncer à leurs pratiques, dont ils ne soupçonnent pas le danger, qu'aggrave d'autant plus cet aveuglement.

Un économiste distingué, Ambroise Clément, regardait la subversion des principes comme la

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