SECTION III
Empêchements à la production, en vue de favoriser certains revenus ou certaines cultures
Dans la section précédente, on a décrit les entraves mises à l'écoulement des richesses, afin de ménager des ressources déterminées, soit aux com-
mimes, soit à certaines catégories d'habitants. Il y a lieu, maintenant, de rappeler comment le rôle de protection économique qu'ont assumé, depuis tant de siècles et si mal à propos, les gouvernements, fit porter des défenses sur le mode d'exploitation du sol ou la transformation des produits.
Au xv e siècle, dans notre pays, ou voulait empêcher le défrichement des forêts, pratiqué en beaucoup d'endroits, pour étendre les champs de blé (392). Vers le milieu de la Renaissance, c'est la substitution de la vigne aux céréales qui inspira des craintes : ordre fut donné, à tous officiers royaux, d'user de vigilance, afin que « les labours ne soient délaissés, pour faire plants excessifs de vignes ». Les terres devaient être, pour les deux tiers, au moins, en blairie ; ce qui était « propre et commode, pour prairje », ne pouvait être converti en vignoble (393).
Sous le règne de Louis XIII, les États de Bourgogne osèrent émettre un vœu, pour faire extirper les vignes plantées depuis quarante ans (394) ; un demisiècle plus tard, environ, ils insistaient, pour que Ton rétablit l'ancien état de choses, sur toutes les terres où la culture du froment avait été remplacée parcelle du raisin (395).
Vers la fin du xvn 9 siècle, des Intendants, dési-