‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 68 sur 222 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

duelle que « dans les principes qui président » au changement opéré (489). Or, < le fait même * de la substitution intervenue n'est qu'un effet des principes mis en action !

Le travestissement des phénomènes historiques n'a point semblé superflu, pour excuser l'intervention officielle, en matière de production et d'échange. On représente le développement des grandes villes comme étant propre ap xix e siècle (490) et leur transformation semble irréalisable, par l'initiative privée (49 1).

Cet argument perd toute sa spéciosité, si Ton considère que plusieurs des services exploités, en régie, s'appliquent à des localités rurales ou n'ont aucun lien avec l'extension des cités (492).

Mais, même en s'attachant au phénomène particulier d'agrandissement des agglomérations urbaines, est-il possible de le représenter comme ne remontant point au delà du xix* siècle ? Soutenir une pareille thèse, c'est faire preuve d'ignorance, de légèreté, ce qui exclut la prétention de traiter des questions scientifiques. En effet, tout le monde sait que Paris et Londres éprouvèrent une véritable métamorphose, comme étendue, de la Renaissance au xviii 6 siècle inclusivement (493) et qu'au xix 6 , l'extension donnée, à ces deux Capitales, fut le fruit

de spéculations conçues et exécutées en vue d'attirer, au dehors, ou à la périphérie, la population trop condensée dans la zone centrale. Pour dédommager les émigrants, il fallait offrir des maisons saines, commodes, des rues viables, propres, éclairées, pourvues d'égouts et de conduites d'eau ; les entrepreneurs se rédimaientde leurs avances, par la plus-value énorme des terrains, jusque-là en culture et recouverts, ensuite, de constructions habitables.

Aux environs de Paris, le château et le parc d'Asnières, vendus 90.000 francs, après la mort du savant de Prony, en 1839, devinrent la base d'une division prodigieuse ; d'après le recensement de 1800 (et non de 1801, comme on s'obstine à le dire), Asnières renfermait 326 habitants; un siècle après, en 1901, ia même localité fut reconnue renfermer 31.336 âmes. Le morcellement des parcs d'Issy, de Garches, de Vaucresson, a eu des conséquences analogues.

On ne peut même point alléguer que l'exemple de nouveaux types de maisons améliorées, assainies, ait été fourni par les administrations communales : ce sont, au contraire, celles-ci qui se virent stimulées par le sentiment public, mû par le besoin de jouir des progrès, dont la population était témoin,

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