CHAPITRE III
dans la manière de constituer le sol et le sous-sol des rues et des édifices.
Les véritables mobiles, qui ont entraîné, dans les voies du socialisme municipal, tant de villes européennes ou américaines, se réduisent à deux :
1° Créer, au profit des caisses communales, une source de revenus importants (494) n'ayant point Vapparence fiscale ;
2° Avoir sous la main un nombreux personnel d'agents intéressés au maintien des régies officielles et utilisables comme instruments électoraux.
Quant à prétendre qu'on s'est proposé de faire mieux et à meilleur compte que l'industrie (495), ce fut le prétexte mis en avant, pour tromper les esprits naïfs, mais dont n'étaient pas dupes les artisans de la « municipalisation * des forces monopolisées.
On pourra s'en convaincre, par ce fait notoire que» partout où des conseils «socialistes» furent installés, il a surgi des dépenses improductives; que, là où des assemblées locales, animées d'autres tendances, adoptèrent la gestion directe, pour des services effectués, jusqu'alors, par l'industrie, le dessein de faire litière des principes économiques, afin de favoriser des intérêts financiers, a été cyniquement avoué.
La situation étant ainsi précisée, il reste à l'envi»
sager sous ses divers aspects, dans le passé, comme dans le présent.
SECTION II Commerce
Quelle que fût la répugnance des Romains pour le commerce, ils ne dédaignaient pas d'organiser un service public, pour l'approvisionnement de la Capitale et des provinces : achats de blés à l'étranger (496), levée de tributs en grains alimentaires (497), magasins publics et trésor de réserve pour acquisitions (498) ; enfin, ordre aux magistrats d'avoir grand soin de tenir les villes pourvues en abondance (499).
Ce dernier principe fut repris, en France, dans la seconde moitié du xvi e siècle (500), et, depuis lors, il y en eut de nombreuses applications (501).
On ne s'en tint même pas aux avances de fonds, pour approvisionner de grains les habitants : Langrès parvint à obtenir le « privilège de faire amener toutes denrées » (502); Toulouse créa des boulangeries municipales (503) ; Albi exploita les boucheries, dont elle affermait, antérieurement, le local (504).