‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 71 sur 222 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sera .. 1 ou 2 0/0 de commission [par] achat et 1 ou 2 0/0 [sur la vente]. H est évident que l'intérêt de ces commerçants est d'acheter cher et de vendre cher...

« Le commerce particulier concerte bien mieux ses mesures et agit avec bien plus d'économie... Le négociant qui commerce, à ses risques et périls, et avec ses fonds, a intérêt à trouver le bon marché... Les commerçants ont des correspondants dans tous les lieux; ils connaissent mieux que personne l'économie et tous les moyens de transports... ils savent même prévoir, dans un pays, et y faire venir, à propos, des approvisionnements, avant que le peuple s'aperçoive de leur nécessité... » (511).

Rien n'y fit : on passa de nouvelles conventions(512),qui,endernierlieu,furentrésiliées(513), après moins de trois ans, et le soin d'assurer l'approvisionnement devint l'un des attributs du directeur général des vivres de la guerre ! (514).

De son côté, le ministre de l'intérieur prétendit faire la leçon aux économistes (515), mis au rang des « idéologues ».

On imagina de placer les pourvoyeurs sous la surveillance d'un certain nombre d'auditeurs du Conseil d'Etal, dont le zèle trop ardent eut des effets peu conformes à ceux qu'on espérait (516).

Au xvin e siècle, les cités conservaient l'initiative des achats de céréales ; le premier Empire n'eut point confiance dans la sollicitude des assemblées locales, quoiqu'il en nommât les membres ; il imposa d'office, les villes dont les budgets étaient réglés par le gouvernement, atin qu'elles couvrissent les déficits résultant de taxes frustratoires du pain (517).

On aperçoit toute la beauté du système : l'Etat, en assumant la tâche du commerce, jetait l'effroi, arrêtait la circulation des grains; puis, après avoir, ainsi, donné au pays l'aspect morne d'une région sans ressources, il se chargeait de tirer du dehors des blés et de les répartir ; mais, comme il les payait fort cher et qu'il fallait persuader, aux populations, que la nourriture leur arrivait à des prix atténués et, en tout cas, rendus abordables, par la prévoyance et les soins éclairés du gouvernement impérial, les maires devaient contraindre les boulangers à subir une perte, sur la vente du pain, sauf indemnité payable par les caisses municipales; de telle sorte que, comme conséquence d'une intervention présomptueuse, dans les enlèvements de céréales, les contribuables devaient supporter un double tribut :

1° Le montant des dépenses afférentes à la hausse

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