‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 73 sur 222 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

naturel, non pas de méditer sur les résultats effectifs du régime appliqué, en 1812, mais, au contraire, de s'assimiler toutes les hérésies doctrinales débitées, depuis 1810, au sein du « Conseil des subsistances » (521), qu'on réorganisa sous un titre peu différent

En effet, une c Commission des subsistances » fut instituée, avec mandat :

1° De proposer « tous les règlements qu'elle jugerait nécessaires, pour assurer la libre circulation » des grains et farines « et même pour faciliter et encourager les transports qui peuvent être les plus utiles, d'une partie du royaume dans l'autre» (522).

2° De « vérifier, avec le plus grand soin, l'état des magasins de réserve de Paris » (523) ;

3° De se mettre en correspondance avec les préfets, pour connaître « la situation des subsistances »,dans chaque département (524).

Mais, à ces investigations ne se bornait pas le rôle dos commissaires, qu'on autorisa, inconsidérément, à « conclure tels marchés » qu'ils jugeraient convenables, pour < assurer », aux départements ou villes t plus spécialement menacés d'embarras graves, dans leurs subsistances », les quantités nécessaires aux besoins constatés (525).

Quelles circonstances extraordinaires parurent

commander une telle dérogation aux principes, un tel oubli de la prudence et des leçons d'un passé si récent? On ne prit point la peine de l'expliquer : le Moniteur du 8 septembre inséra l'acte arrêtant les mesures précitées, sans publier, en même temps, le rapport ministériel qui dut en tenter la justification ; lorsque, deux ans après, il fallut rendre compte des opérations entreprises, Laine, devenu ministre de l'intérieur, passa sous silence les motifsqui avaient inspiré la conduite de son prédécesseur; il déclara, seulement, que les produits de la récolte « avaient été présumés insuffisants », mais qu'il restait, de 1814, un excédent non épuisé; qu'on put croire qu'à Taide de « quelques précautions, pour assurer la conservation de toutes les ressources », il serait possible d'atteindre « l'année suivante, sans inquiétude et sans embarras » (526).

Loin de s'en tenir à cette vigilance, la Commission, dès le mois d'octobre 1815, exerça son zèle, en prescrivant des achats (527), non pas en France, dans « la crainte de faire monter les prix », mais en Hollande, où une récolte médiocre exigeait de fortes importations (528).

En 1816, le rendement des récoltes fut faible, en Allemagne, en Pologne, en Italie, en Angleterre, ce qui n'empêcha point de disputer, aux « grands mar-

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