CHAPITRE III
dans la zone qu'occupaient les armées étrangères, le froment s'y vendait 16 francs l'hectolitre, alors que la moyenne générale, pour la France entière, était de 20 fr. 90. Puis, après une comparaison, entre les moyens respectifs mis en œuvre, par le commerce et l'administration, M. Reslay n'eut pas de peine à démontrer qu' « en résultat l'Etat perd, lorsqu'il se serait enrichi par les bénéfices du commerce ; l'approvisionnement et la répartition deviennent incertains et embarrassés. Toutes lessituations sont déplacées; le commerce s'arrête, l'industrie est sans activité. La misère augmente avec les besoins ». Malgré cela, du 1 er juillet 1815 au 31 décembre 1817, « le commerce froissé, menacé » importa 3.264.723 quintaux, en grains et farineux, alorsque la commission des subsistances n'en introduisait que 812.183 t
Encore fallait-il se réjouir de cette faible proportion des apports officiels, car on n'avait pas craint de consentir, à Rouen, Bordeaux et Marseille, une perte de 23 0/0 sur les prix de revient, soit 5 fr. 21 sur les cours, ce qui eut pour effet d'éloigner toute offre sérieuse des négociants, de raréfier la marchandise et de lui imprimer un mouvement énergique de hausse. < Qu'on ne nous dise pas, reprenait M. Keslay, que la concurrence est la condition
essentielle du commerce... Nous n'avons garde de démentir ce principe, nous l'invoquons. Mai6, si l'on ajoute que la concurrence du gouvernement ne petit être nuisible, nous ne sommes plus d'accord...
c La concurrence utile et nécessaire est celle de tous, avec des droits, des protections, des faveurs semblables. Celle-là est dans l'intérêt et du producteur et du consommateur. Elle assure à l'un le véritable prix de sa denrée ; à l'autre, la satisfaction de ses besoins au moindre prix. Voilà la sage et la seule véritable concurrence; mais celle que le gouvernement exerce, ou par lui-même, ou par délégation à des compagnies, ou par la concession des licences, n'a plus de caractère. Elle est le fléau delà société. C'est un abus de mots de l'appeler concurrence : C'EST LU MONOPOLE ORGANISÉ.
f Armé de privilèges, protégé par l'autorité, souvent garanti des chances contraires, arbitre des prix, il impose ses lois, au producteur et au consommateur, et frappe le commerce d'interdiction.
a L'approvisionnement national, livré à des caprices, est toujours exposé à être compromis le lendemain... Le consommateur n'obtient sa subsistance qu'à des prix grossis des frais d'une ageuce dispendieuse, de transports ruineux, de déchets, d'emmagasinement, de commissions, de salaires mulli-