‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 77 sur 222 · CHAPITRE lit · texte numérisé non relu

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enfin, dans des intentions louables, mais irréfléchies, on sollicite l'autorisation de faire des achats, pour le compte des communes, par les mains de leurs magistrats, et même d'établir des magasins de réserve.

« Ces demandes n'ont et ne peuvent avoir de résultat* Le gouvernement n'a pas de grainsà sa disposition; il ne peut ni n'en doit avoir, car il ne pourrait devenir acheteur ni vendeur, sans susciter au commerce une concurrence qui paralyserait l'action des spéculateurs... Ce sont les besoins des consommateurs qui appellent naturellement les expéditions du vendeur... les achats que feraient les communes auraient les mêmes inconvénients et de plus grands encore... car si la concurrence du gouvernement porte obstacle à tout commerce, qu'arriverait-il, si cette même concurrence se multipliait à l'infini ? Si chaque municipalité opérait des achats, renchérissait les grains, partout à la fois? Vue déplorable expérience en fut faite, en 1816 -et 1817. L'administration supérieure se refuse... à l'approbation de mesures destructives du commerce, ruineuses pour les communes et qui aggravent le sort des consommateurs... S'il s'agit de mettre immédiatement des blés sur le marché, l'intervention de l'autorité est nulle, et si l'on entend former une réserve de pré-

caution, pour les besoins à venir, c'est un faux calcul que de retirer delà consommation actuelle des grains qui lui sont nécessaires... et cela en présence d'une récolte qui sera réalisée dans un bref délai...

(( Protéger la propriété, la liberté du commerce et [de ses transactions, éclairer les hommes de bonne foi, c'est le devoir de l'administration : son action ne peut ni ne doit s'étendre davantage * (537).

A la fin du second Empire, au contraire, en prévision d'un siège delà Capitale, le dernier ministère passa des marchés onéreux, accumula des réserves, et, après le rétablissement définitif de la paix, en juin 1871, il fallut distribuer, dans les maisons de secours, d'énormes quantités de viandes conservées en boîtes, aux halles, et qui menaçaient de se gâter, sous l'influence de la chaleur. Ce tait, à peine croyable, l'auteur du présent ouvrage en a été personnellement témoin, par l'exercice des fonctions d'administrateur de bienfaisance. Or, déjà, pendant la durée de l'insurrection communalisle, un pillage en règle avait été organisé. Voilà donc à quoi aboutirent les efforts gigantesques d'hommes bien intentionnés, mais trop oublieux des leçons du passé.

11 eût été surprenant que l'Italie, si fière d'avoir conservé, dans ses municipes, les institutions

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