‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 84 sur 222 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

trouvaient appelés, sans le savoir, à payer, sous une forme déguisée, la différence de prix qu'on faisait luire aux yeux des consommateurs ; c'était là une concurrence soutenue par des moyens coercitifs, puisqu'on les puisait dans l'impôt ; elle tombait donc sous le coup des critiques exprimées, en 1820, à la Chambre des députés, par M. Beslay. D'ailleurs, d'après les constatations de Le Play, la qualité du pain ne compensait aucunement le déficit subi, dans l'entreprise officielle.

Ainsi, au fur et à mesure qu'on analyse la condition des régies administratives, pour le commerce ou l'industrie, leur échec apparaît comme fatal, au point de vue technique.

§ 2. — Santé publique

Les archives départementales et communales de France montrent :

1° Les villes et bourgs concluant, au xvni 6 siècle , certains arrangements, avec des médecins qui consentaient à soigner les pauvres, sans abdiquer leur indépendance ;

2° Les petites localités recevant, de Louis XV et Louis XVI, des boîtes de remèdes simples également destinés aux malades nécessiteux.

De nos jours, sous prétexte de procurer l'assistance médicale, à titre gratuit, dans les villes et campagnes, on a constitué un corps de 40.000 fonctionnaires scientifiques (547), ce qui, quelques mois après, encouragea la tentative avortée de pharmacie municipale, dont on a parlé à la section première du présent chapitre (548).

11 n'est pas besoin, sans doute, d'insister sur le degré de confiance que peuvent obtenir des praticiens choisis, — on ne l'a pas dissimulé — , comme instruments de propagande politique. Pour peu qu'ils veuillent éviter toute inquisition, les chefs de famille dans la gêne doivent donc, à la fois, verser tribut, pour avoir le droit, dont ils n'useront pas, de faire éventuellement appeler, auprès d'eux, un informateur occulte, puis rétribuer, en outre, un médecin pur et simple. Mais, en s'abstenant de recourir au « bienfait », ainsi exercé, de la médecine « gratuite », ils se signalent eux-mêmes, et, au cas où quelque crise pénible obligerait à solliciter des secours pécuniaires, un fâcheux présage s'attache au sort des suppliques.

Se résûgne-t-on à recevoir les soins que la loi permet de demander? Quel long et insidieux questionnaire n % est-on pas tenu de remplir! Une fois introduit au foyer domestique, le médecin se trouve initié

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