‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 86 sur 222 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

truire des maisons » qui seraient louées à des artisans (549).

Vers le milieu du xix e siècle, la Belgique entra résolument dans la voie de l'expropriation et des subsides, pour assainir les logements de la classe ouvrière (550). Dans l'exécution, le gouvernement manifesta des vues plus compréhensives encore ; il les exprimait en ces termes : « La mise en pratique des moyens propres à assurer la salubrité des villes et communes et à améliorer, ainsi, la condition physique de la classe laborieuse doit être l'objet des préoccupations constantes de toutes les autorités. Il importe qu'elles veillent à ce que l'hygiène publique, trop longtemps négligée, prenne enfin, dans l'administration, la place que lui assigne son importance... » (551).

Ce langage appelle plusieurs observations.

1° C'est un acte de flagornerie, envers la classe populaire, que de réserver à celle-ci la qualification de a laborieuse » ; on rencontre, dans les professions libérales, parmi les personnages éminenls qui honorent leur pays, des hommes très laborieux, dont le cerveau, sans cesse en mouvement, fait une dépense de force nerveuse qui use le corps beaucoup plus que le déploiement périodique des muscles ;

2° 11 est inexact que l'hygiène ait été longtemps

« négligée * ; on en ignorait toute l'étendue, mais, dans les limités de son exploration, les enseignements qu'elleavait donné lieu de recueillir n'étaient pas mis en oubli ;

3° L'hygiène, « dans l'administration », est un terme redoutable, parce qu'il peut recevoir plusieurs acceptions : on en a la preuve en Italie et en Hongrie, où « l'Etat assume l'hygiène », ce qui permet d'aller fort loin.

A côté des mesures de police, l'auteur du document précité entrevoyait de « grands travaux d'assainissement, tels que la construction de maisons d'ouvriers, d'après un plan déterminé ». Il justifiait ces projets par les considérations suivantes : « La population ouvrière trouvera, dans de meilleures conditions de santé, plus d'énergie pour le travail... la misère décroîtra et, avec elle, décroîtront les charges de la bienfaisance publique » (552).

Certes, si Ton suppose des ménagessobres étranges, il est hors de doute que la lumière et l'aération empêchent les occupants de s'étioler ; mais, esl-ce à dire que cet avantage nécessite l'intervention des autorités nationales ou locales? Nous verrous, bientôt, ce qu'on en doit penser.

L'Angleterre a dépassé, de beaucoup, la Belgique.

Dès le milieu du xix e siècle, elle permit, à des

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