‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 88 sur 222 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

d'idées (562). Mais, outre qu'il est contradictoire de faire litière du respect de la propriété, sous prétexte d'en attribuer les avantages à un plus grand nombre de personnes, les conditions prescrites, dans un but sanitaire, par le législateur anglais, pour les prêts d'argent, sur les deniers communaux, en vue de faciliter les acquisitions des immeubles qu'on occupe, étaient superflus, puisque ces clauses font double emploi avec le régime, déjà introduit, sur les pouvoirs de la police locale; il y a donc eu affectation de solidariser deux choses parfaitement distinctes et indépendantes.

Dans la pratique, les dispositions excessives édictées, pour permettre aux villes de se livrer à l'industrie du bâtiment, ont donné ouverture à des abus révélés par lord Avebury (563); les municipalités logent moins d'habitants qu'elles n'en expulsent; elles attribuent les logements à la faveur et non d'après le prix offert ; elles découragent les entreprises particulières.

Or, un pareil système a tous les caractères du socialisme municipal, et Ton peut affirmer qu'il est sans excuse, même sous prétexte d'assainissement.

Néanmoins, l'Italie, sans égard aux résultats suggestifs constatés, dans la Grande-Bretagne, a

mis les logements au nombre des services que les villes pourraient assumer (564).

La Belgique, assagie depuis 1849, a emprunté (565) notre ancienne loi de 1850, sur les logements insalubres ; puis, voulant favoriser les habitations à bon marché, en stimulant l'initiative privée, elle s'est bornée à concéder des dispenses temporaires d'impôts (565); l'Autriche (567) et la France (568) l'ont suivie dans cette voie.

L'expérience a démontré que les capitaux trouvaient un emploi rémunérateur, dans la construction de maisons convenables et d'un prix modéré (569). Aussi, les hommes de bien, qui ont mis leurs talents et leur zèle au service de la propagande, en faveur des habitations à bon marché, sont-ils tombes d'accord, pour reconnaître que les efforts et les succès de l'initiative privée suffisaient, afin d'assurer, même dans les grandes villes, le développement d'édifices disposés pour recevoir de petits locataires et pré* sentant les conditions nécessaires d'hygiène (570).

Dès lors, en substituant les personnes morales aux particuliers, dans des entreprises que ceux ci conduisent, d'une façon très satisfaisante, on obère inutilement les villes, qui, pour amortir leurs dettes, doivent ou perpétuer des impôts onéreux, ou même en aggraver le poids ; l'appel fait au crédit a

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