PRÉFACE XV
M. Colajanni, guidé par l'instinct d'un homme d'Etat expérimenté, n'a point exposé toute cette métaphysique ; il n'a pas cherché quelles relations théoriques existent entre la démocratie et le socialisme ; mais il a écrit tout son livre sous l'influence des idées auxquelles nous sommes parvenus ici par une longue analyse. Il est dès lors facile de comprendre qu'en 1884 des socialistes nourris de la dogmatique allemande aient eu quelque peine à comprendre ses thèses, qui dépassaient alors de beaucoup les points de vue du socialisme germanique.
Je ne veux pas entrer dans la discussion des problèmes traités par M. Colajanni, d'autant plus qu'il les a discutés avec beaucoup d'ampleur ; je veux me borner à quelques observations d'ordre 1res général. 11 s'agit toujours de déterminer quelles opinions se font les démocrates à propos des évolutions sociales : il est de la plus haute importance, par exemple, de savoir si la coopération, la mutualité et la solidarité seront considérées comme des règles supérieures, ou bien s'il faut admettre que l'on doit abandonner les hommes aux hasards de la lutte à outrance ; — s'il est possible d'assurer un certain bien-être aux travailleurs ou bien s'il convient de les laisser succomber sous le faix des misères naturelles; —
dirigée par des préoccupations juridiques ; la philosophie .du droit ne peut, en effet, se contenter d'abstractions et elle terîd, en se développant, à pénétrer jusqu'aux sources économiques de la société civile.