XX PRÉFACE
logie l'avaient conduit jusqu'à sanctifier les conjonctions unisexuelles (1). »
L'expérience a montré que les peuples arrivent rapidement à limiter leur population dès que leur degré de culture devient suffisant ; Malthus Pavait déjà reconnu ; mais il avait cru, à tort, qu'il est possible de produire artificiellement cette limitation, en prêchant la continence à des gens incapables de suivre une telle règle. On a souvent expliqué cet arrêt de la population par des considérations purement utilitaires, par des préoccupations qui seraient spéciales à Tordre capitaliste et l'on s'est demandé si des réformes socialistes ne produiraient pas des naissances désordonnées et un excès de peuplement. Mais il ne faut jamais oublier que la femme est la grande régulatrice de la natalité et que, partout, ellerevendique le droit de ne pas être transformée en bête reproductrice, dès qu'elle n'est plus élevée dans le respect superstitieux de la force du mâle.
Les socialistes ont donc eu raison de considérer l'affranchissement delà femme comme une partie très essentielle de toute réforme profonde de la société. Malheureusement, beaucoup d'entre eux ont abordé cette question sans aucune préoccupation morale et ils ont semblé trop souvent demander pour la femme le droit de se livrer
(1) Dans un article du Peuple du 12 février 1849, Proudhon nous révèle l'existence d'un manuscrit de Fourier intitulé : Les amours des saints, que Ton cachait aux profanes et il reproche aux fouriéristes d'ayoir écœuré le pays par « la turpitude des amours libréç. ». J'ai cru devoir rappeler ces détails parce que la social-démocratie allemande a pour Fourier un véritable culte ;je pense qu'elle ignore Les amours des saints.