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PRÉFACE III

tendus entre démocrates, socialistes et anarchistes. L'entrée de M. Millerand au ministère a été la conséquence de celle rupture des vieux cadres politiques et a consacré la coopération du socialisme à l'œuvre démocratique : les théoriciens se sont voilé la face ; les ouvriers ont applaudi (1) ; — les ouvriers ont, sans doute, qnelque droit à avoir un avis en matière de socialisme. Loin d'être un recul, comme le pensent quelques socialistes, révolution, que nous voyons se produire, constitue un progrès : c'est le passage de l'esprit sectaire à l'esprit politique, de la spéculation abstraite à la vie réelle. A l'origine le socialisme se présente comme une doctrine philosophique sans grande influence sur la société; — il devient ensuite une secte, qui croit posséder la vérité ; elle aspire à révolutionner le monde, à le réformer par la dictature, à lui imposer la pratique de programmes tirés de doctrines philosophiques (2) ; la secte s*Dccupe peu ou point des réformes pratiques ; — enfin dans sa maturité il donne naissance à un parti politique, c'est-à-dire qu'il devient une force se combinant avec d'autres forces alliées ou antagonistes pour administrer les affaires, améliorer la législation et diriger

(1) 11 est bon d'observer que parmi les socialistes étrangers, qui ont émis des avis sur cette question dans la Petite Repu* bique, MM. L. Bertrand (Belgique), Keir Hardie (Angleterre) etGreulich (Suisse), trois anciens travailleurs vivant encore aujourd'hui en contact avec le monde ouvrier, ont été partisans de la conduite de M. Millerand.

(2) C'est ce que M. Lichtenberger a fort bien montré pour les Babouvistes dans son livre : Le Socialisme et ta Révolution française (Alcan, éditeur, Paris, 1899;.

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