L.\ MOYENNE ET LA PETITE PROPRIÉTÉ
seulement une partie de la plus-value sera reprise par l'état, les rôles de la taxe étant refaits périodiquement. Comme les neuf dixièmes des possesseurs du sol sont exempts de taxe, Tétat est loin de s'approprier toute la plus-value imméritée. M. Flurscheim et les georgistes de Nouvelle-Zélande le constatent avec regret et blâment le gouvernement de n'avoir pas soumis le loyer de 999 ans h une révaluation périodique. Mais que voulait le gouvernement? Tout simplement augmenter le nombre des cultivateurs, en se servant, au besoin, de quelques moyens empruntés aux disciples de George. Le véritable but, c'est de mettre la terre à la portée de ceux qui veulent la cultiver. Le loyer perpétuel est surtout un procédé pour faciliter la possession du sol à ceux qui n'ont pas le capital nécessaire pour l'acheter. A considérer le terif de l'intérêt et en Nouvelle-Zélande, le prélèvement de 4 p. 100 attribué à l'état est une condition très douce, d'autant plus que l'état est créancier plus traitable que les particuliers.
En somme, le principal but de l'état est de faciliter aux moyens et petits cultivateurs les moyens de posséder la terre. Aussi ne fait-il aucune difficulté de concéder la propriété à ceux qui la désirent. Il a, en effet, conservé deux modes de vente que voici :
1** Le gouvernement pratique la location avec promesse de vente {Lease wiih a purchasing power) : le bail est de vingt-cinq ans, le loyer fixé à S p. .100 de la valeur de la terre ; le locataire doit cultiver une partie du sol, élever des constructions ; s'il a rempli ces conditions, et au bout de dix ans, il peut acheter la terre.
2° Enfin, la Nouvelle-Zélande a conservé la vente pure
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et simple ; Tacheteur paye un quart comptant, le reste dans les 30 joure.
Dans tous les cas, Vétendue du terrain concédé^ à bail ou en toute propriété^ est strictement limitée. Un néo-zélandais, depuis la loi de 1892, ne peut acquérir plus de 640 acres de terre de première classe, de 2 000 de terre de seconde classe ; s'il est déjà propriétaire dans la colonie, le nombre d'acres qu'il possède est déduit de 640 ou de 2 000 et il ne peut acquérir que la différence : ainsi se complète le système indiqué plus haut. La grande propriété est détruite par Vétat ; la moyenne j d autre part, ne peut dépasser une limite rigoureusement fixée.
Le bon marché du bail perpétuel paraît avoir été plus fort que l'instinct de la propriété. En 1899-1900, lil 108 acres ont été pris à bail perpétuel par 348 .personnes. 117 771 acres ont été pris à bail avec droit d'achat par 393 personnes. L'achat pur et simple, plus onéreux, n'a été pratiqué que par 95 personnes et pour 16 510 acres.
Le bail emphytéotique sans droit d'achat n'est usité d'une manière générale qu'en Nouvelle-Zélande.; les deux autres modes d'acquisition ont été établis partout arec quelques différences de détail . Le bail avec promesse de vente et la vente pure et simple avec des conditions et restrictions analogues à celles que j'ai citées plus haut, sont les modes d'acquisitions prescrits dans toutes les colonies par toute une série d'importantes lois foncières promulguées de 1884 à 1892. Partout a triomphé ce que M. W. P. Reeves appelle le principe de la terre au peuple {The Land forthe People) qui entraîne les. dispositions suivantes ^ :
(1) Les dispositions essentielles des différentes législations ans-
LE « FARMBR » 4^
1° Limitation stricte de V étendue de terrain qu'une seule personne peut acheter ou louer, (Nouvelle-Zélande, Victoria, Sud-Australie, Nouvelle-Galles et Queensland). Dans plusieurs colonies, le Homestead ou lot d'étendue limitée, qu'un colon peut acquérir, a été déclaré insaisis^ sable en tout ou en partie, de môme que dans certains états américains ;
2^ Cadastrage préalable et vente à prix fixe des lots par les soins de fonctionnaires spéciaux. La vente aux enchères introduite avec le système Wakefîeld, a été presque complètement abolie par Nouvelle-Zélande, Sud-Australie et plusieurs autres colonies, comme trop favorable aux riches; on ne Ta maintenue que pour les terrains à bâtir, divisés en lots très petits. Pour ne mécontenter personne, la Nouvelle-Zélande fait classer les demandes de concessions par ordre de dates et tirer au sort les lots non réservés.
Rachat et démembrement des grandes propriétés, dans plusieurs colonies. Queensland, Victoria, Sud-Australie, affectent une partie de leurs ressources à cet objet. Jusqu'à présent, la Nouvelle-Zélande seule peut obliger les propriétaires à vendre leurs domaines à l'état.
Le « Farmer » (Moyen et petit cultivateur).
L'intention de tous les gouvernements est d'augmenter le nombre des petits ou des moyens cultivateurs, pour avoir une population stable vraiment australasienne ; en effet, avec son merveilleux développement économique et
tralasiennes sur la vente des terres publiques, sont exposés chaque année dans T. -A. Coghlan, The Seven Colonies of Auslralasia, et dans les autres annuaires indiqués.
ses grandes villes, TAUstralasie a des campagnes trop faiblement peuplées. L'immigration a beaucoup diminué depuis que l'état ne la subventionne plus. Or les gouvernements, comptant sur une augmentation constante de la population, ont entrepris beaucoup de travaux publics et contracté d'énormes dettes. Leur intérêt est donc d'offrir aux gens toutes facilités pour s'établir et fonder une famille dans la campagne.
On appelle farmers, en r\usti'alasie, comme dans l'Ouest américain, ceux qui se font petits ou moyens cultivateurs dans les régions neuves. Petit ou moyen, dans un pays neuf, n'a pas le môme sens que chez nous; il faut, en effet, considérer que le f armer achète en moyenne 100 hectares, moins dans les parties bien arrosées, plus dans les steppes ou les montagnes. Sa terre est presque toujours dans l'état primitif, couverte de broussailles et de forêts. Il faut qu'il taille son chemin {eut his way) pour l'atteindre. Une fois arrivé, il commencera par couper ou flamber le bois dans la partie qui paraît la plus propre à la culture ; dans le reste, si le pays est assez arrosé, il mettra des vaches dont il vendra le lait sous forme de crème ou de beurre. Pour ces travaux pénibles, il est seul ou se fait aider par un petit nombre d'ouvriers, généralement fils ou parents de fermiers voisins.
La culture change suivant le pays : en Sud-Australie, c'est du blé ; en Victoria, en Nouvelle-Zélande, soit des céréales, soit des prairies artificielles ; sur la côte nord du Queensland, la canne à sucre. Cette plante, cultivée d'abord dans de grandes propriétés, commence à l'être dans de petits lots par des fermiers et leurs familles. Le gouverne-