‹ Le Socialisme sans doctrinesChapitre 18 sur 86 · LE « FARMER · texte numérisé non relu

LE « FARMER

ment encourage leurs efforts en leur prêtant, à de bonnes conditions, les fonds nécessaires pour monter des broyeurs coopératifs, où ils produisent le jus qu'ils vendent ensuite aux raffineries (Sugar Works Guarantie Act). Le même gouvernement consent des avances aux producteurs de viande et de beurre {Méat and Dairy Produce Encouragement Act)^. Victoria aide, par des prêts, ses fermiers à établir des crémeries et beurreries coopératives dont les produits sont destinés àTexportation^. Il n'est pas jusqu'à rélevage du mouton, le type de la grande entreprise agricole, qui ne se démocratise dans les pays où le gouvernement offre en location des petits lots de terrain à pâture, que les fermiers prennent à bail.

La proportion des terres en culture et le nombre des cultivateurs augmentent chaque année dans toute l'Australasie. Les personnes occupées à la culture forment aujourd'hui le groupe le plus important des producteurs australiens. Leur nombre s'élevait (adultes seulement) en 1897- 1898 à 85273 en Victoria, à 74S98 en Nouvelle-Galles, à 59 477 en Nouvelle-Zélande, à 39980 au Queensland, à 28 847 en Sud-Australie. Ces totaux comprennent non seulement les farmers, mais quelques grands propriétaires, les très petits cultivateurs, et enfin les ouvriers ruraux. En Nouvelle-Zélande, le cens de 1896 évalue le nombre des farmers moyens et petits à 34528, en face de 2 115 éleveurs de moutons.

(1) Work and Wealth of Queensland (publication officielle).

(2) The Government Handbook of Victoria (publié par le ministère de l'agriculture), Melbourne, 1898, in-8».

(3) The Seven Colonies of Australasia, 1897-98, p. 383.

Les statistiques générales ne permettent pas d'apprécier exactement le nombre et l'augmentation des farmer$. Besogne presque impossible d'ailleurs, carie colon anglais change de résidence et de métier avec une extraordinaire facilité. Les mines produisent-elles beaucoup, bien des habitants de districts agricoles se laissent tenter par elles et réalisent leur propriété. Actuellement les colonies où la proportion des farmers est la plus grande par rapport au reste de la population sont les deux colonies fondées avec le système Wakefleld : Sud-Australie et Nouvelle-Zélande. La quantité de terres cultivables est beaucoup plus considérable dans la seconde et le nombre de farmers paraît devoir y augmenter plus qu'ailleurs tant par l'effet des avantages naturels que par celui des nouvelles lois foncières.

Les farmers forment une population très particulière. Beaucoup d'entre eux ne sont pas nés à la campagne, du moins dans la paroisse qu'ils habitent; ils viennent d'une ville, ou bien ils en ont habité, traversé plusieurs en venant soit d'une autre colonie, soit d'Europe ; souvent ils ont fait des entreprises de toute sorte avant de tenter fortune aux champs avec le reste de leur capital. Quelque profond que soit le bush (la forêt ou la brousse) où ils vont se fixer, ils y portent les habitudes de leur vie antérieure. Ils construisent ou font construire une villa de bois couverte en fer galvanisé, avec une véranda, et un salon meublé comme en ville. Souvent leurs femmes sont des ladies dont les mains ne touchent pas aux travaux de ferme, qui font de la musique, lisent, s'habillent, reçoivent. Les maris restent abonnés au journal de la capitale ; ils empruntent

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