ÉTENDUE
Nombre.
Superficie totale.
Nombre.
Superficie totale.
là 10 acres. .
50,000 et au-dessus . .
Total ....
acres.
acres.
(1) Superficie maxima de la petite tenure qu'on peut acquérir dans des conditions spécialement favorables.
(2) Superficie maxima de la propriété qu'une seule personne peut acquérir dans les conditions ordinaires.
Dans ce total de 62, 485 lots, ceux qui allaient de 1 à 320 acres, c'est-à-dire qui comprenaient toutes les variétés de settlements à des conditions spéciales dont il a été question dans ce chaçitre, tous les blocks dont il sera traité plus loin, et de plus une plus grande partie de la moyenne propriété acquise suivant les lois ordinaires (maximum = 640 acres) s'élevaient à l'énorme proportion de 81,63 p. 100*.
Nulle part ailleurs le gouvernement ne témoigne une pareille sollicitude pour la petite culture. Pourtant certains indices semblent montrer que l'évolution commen-
(i) The New Zealand Officiai Year Book, 1900, p. 336 et 337.
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cée en Nouvelle-Zélande deviendra générale. Sud-Australie paraît tentée de suivre l'exemple de Nouvelle-Zélande. Victoria a envoyé en 1894 et en 1899 deux hauts personnages étudier la législation agraire de Nouvelle-Zélande, et les rapports publiés à la suite de ces enquêtes ont été fort élogieux sur tous les points, y compris les Village Settlements. Enfin ces dernières institutions ont certainement contribué à donner aux gouvernements d'Adélaïde et de Melbourne l'idée de certains établissements agricoles, que j'examinerai plus loin, parce qu'ils étaient destinés plus spécialement aux sans-travaiP, et considérés comme des expériences et non comme une part essentielle de la législation foncière.
ATances de l'État aux moyens et petits cultiTateurs (particulièrement en NouTelle-Zélande).
Pour donner une idée complète de l'esprit nouveau qui anime les lois sur les terres en Nouvelle-Zélande, il me reste à parler des prêts consentis par l'état aux moyens et petits cultivateurs. Il en a été question plusieurs fois dans les pages qui précèdent. Voici pourquoi et comment le gouvernement accorde ces avances.
En Nouvelle-Zélande, comme dans tous les pays neufs, il est impossible à un settler de s'établir sans un capital qui lui permette d'acheter la terre, de la défricher, de construire une maison et d'attendre sans mourir de faim ses premiers revenus. Or, les moyens et petits colons, auxquels va de préférence la sollicitude du gouvernement
(I) Chapitre VII, p. 194-210.
ont peu d'argent et se procurent le capital de premier établissement par des emprunts dont le taux est presque toujours supérieur à 5 p. 100. D'autre part, le gouvernement a un crédit suffisant pour emprunter en Angleterre à 3 p. 100. Le gouvernement a donc imaginé de mettre son crédit au service des colons et il y a été autorisé par une loi de 1894 {Government Advances to Setllers Act, amendé en 1899).
Cette loi autorise le gouvernement à émettre pour £ 3 000 000 (75 millions de francs) d'obligations à 3 p. 100 de 1894 à 1897. Le terme final a été reculé jusqu'en 1901. Jusqu'à ceîjour £ 2 580 000 d'obligations ont été émises à Londres et ont trouvé preneur au-dessous du pair (en moyenne à 94,40 environ). Les sommes ainsi empruntées sont avancées aux colons sur hypothèques et mises exclusivement à la disposition de la moyenne et de la petite propriété formée en vertu des lois foncières promulguées depuis 1885. L'intérêt est de 4 p. 100, le bénéfice del p. 100 environ pris par le gouvernement étant destiné à couvrir ses frais et à amortir les pertes. Les demandes d'emprunt sont reçues par une administration spéciale qui les examine et peut soit les rejeter, soit réduire le chiffre demandé. Quand le prêt est accordé, ii est remboursable par versements semestriels calculés de manière à comprendre l'intérêt, plus une prime d'amortissement.
Du 23 février 1895, date initiale, au 31 mars 1900, l'ad-, ministration des avances a reçu 10995 demandes pour une somme totale de £ 3 711 033, supérieure d'un tiers environ à celle dont elle disposait. Elle a autorisé 8 452 avances, s'élevant à £ 2 633 440, et dépassant l'ex-
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trême limite du produit des obligations affectées aux prêts. Mais les sommes avancées réellement n'ont fait qu'un total de £ 2179 440 réparti entre 7 448 emprunteurs. En effet, 1 004 demandes sur lesquelles l'administration avait fait des réductions ont été- retirées. L'administration évaluait le gage de ses avances à £ 4 359 983.
On appréciera l'avantage que présente [ce système de crédit foncier national, si l'on sait que 60 p. 100 des emprunts étaient destinés à rembourser des créances particulières dont l'intérêt était supérieur à 3 p. 100 ^
La libéralité de la Nouvelle-Zélande est supérieure à celle des autres colonies. Toutes, cependant, ont cherché à favoriser l'établissenient de petits colons en leur faisant des avances ^. Sud-Australie prête de l'argent aux membres des communautés de village et aux tenants des blocks, dont il sera question plus loin ; elle songe à suivre jusqu'au boutl'exempledelaNouvelle-Zélande. Victoria avance aussi des fonds aux entreprises récemment tentées pour établir les sans-travail dans la campagne ; elle prête encore aux fermiers qui veulent établir des crémeries, beurreries et d'autres entreprises coopératives. Queensland consent des avances aux sucreries coopératives de petits producteurs.
Partout enfin se manifeste une sollicitude marquée pour les cultivateurs moyens et petits, un désir évident d'intervenir pour les encourager et pour augmenter leur nombre. Les efforts des pouvoirs publics ont de grandes chances
(1) The New Zealand Officiai Year Book. 1900, p. 426-434.
(2) T.-A. Goghlari, The Seven Colonies of Amtralasia, et les autres annuaires indiqués donnent chaque année un sommaire de la législation des difféi*entes colonies à ce sujet.
de succès, car ils vont dans le même sens que révolution économique et sociale. Après avoir été le pays de la laine €t de l'or, l'Australasie s'est mise à produire la viande, les beurres et fromages, les fourrages, le blé, La superficie •cultivée s'étend de plus en plus ; le nombre des fàiyn&i^s augmente, et les grands propriétaires trouvent plus de profit à vendre leurs domaines par morceaux qu'à les mettre en valeur. A ces changements correspond une transformation de la société. La classe dominante a été longtemps celle des grands éleveurs de moutons ; le pouvoir est aujourd'hui sous le contrôle des ouvriers ; l'avenir appartiendra peut-être aux farmers *.
{i) Voir encore, sur la question agraire, les pages 194-2i3 (colonies ouvrière ; maisons et jardins ouvriers) et 230-234 (l'ctat et l'exportation des produits agricoles).