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LE PARTI OUVRIER A MELBOURNE

la moitié de la population victorienne. Port de. mer, ville de commerce et d'industrie, elle est le point de départ de:tous les chemins de fer de la colonie : c'est une ville bâtie de neuf, construite sur un plan américain, en blocks oucarrés, avec des rues droites, bien entretenues, desservies par des tramways mécaniques, bordées de hautes maisons: où s'étagent les bureaux reliés -par des ascenseurs : elle.: rappelle les villes des États-Unis par son aspect, see magasins, son activité, bien tombée pourtant depuis la crise; comme elle a obtenu, malgré Sydney, sa rivale, d'être choisie pour capitale provisoire de la Fédération, il est^ probable que les affaires vont y reprendre pendant queia-l que temps et que la population augmentera de nouveau..

Cette grande cité à croissance rapide attira dès l'origine un grand nombre d'ouvriers. Lorsque le suffrage universel eut été établi, Melbourne devint naturellement un centre de législation industrielle ; l'effort de ses électeurs ouvriers est secondé par ceux des - mines d'or, de charbon et de. quelques ports qui exploitent ce que Melbourne leur laisse du commerce de la colonie. Melbourne et les centres industriels out vote ^ écrasent par leur vote, suivant l'expression concise- et frappante de la langue anglaise, tout le reste de la colonie.

Victoria a été la première en Australasie à obtenir de son gouvernement un tarif protectionniste, réclamé à la fois par les patrons et les salariés, qui voulaient s'assurer le monopole du marché local. Ce fut la. première et pendant longtemps la seule intervention de l'état dans, le jeu de l'offre et de la demande.

Au début, les ouvriers, presque tous d'origina anglaise,

suivaient l'exemple de leur patrie. Ils ne demandaient rien à l'état et se bornaient à discuter les conditions du travail avec leurs patrons par l'intermédiaire des syndicats. C'est ainsi qu'ils furent les premiers dans le monde à gagner la journée de huit heures (1856); chaque métier l'obtint pour son compte par une série d'arrangements privés qui n'ont jamais été confirmés par une loi ^

Pendant longtemps les syndicats se crurent en possession d'obtenir tout des patrons, sans recourir aux pouvoirs publics et ils dédaignèrent de rien demander au gouverment. Ils étaient, en effet, extrêmement puissants. Leur force et leur richesse d'autrefois éclate dans le Trades Hall de Melbourne. C'est un édifice monumental, bâti en pierres de taille, au coin de deux larges rues. On y voit une salle des pas-perdus, des* bureaux, des bibliothèques et des salles de lecture pour les différents syndicats, un grand hall des fêtes pour les bals et réunions, un amphithéâtre pour les séances du Trades Council ou Conseil général de la fédération des syndicats. A côté subsiste le Trades Hall primitif, construit il y a cinquante ans, simple baraque de planches avec des bancs, conservé pour donner une idée du progrès de la puissance syndicale pendant un demi-siècle.

Le Trades Hall de Melbourne a été construit entièrement avec de l'argent fourni par les syndicats ou emprunté sur leur garantie. Il n'est pas, comme certaines Bourses du travail françaises, le cadeau d'une municipalité bien.T veillante. Il passe pour le plus remarquable des édifices

(1) Voir le chapitre suivant, p. 109-114.

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