‹ Le Socialisme sans doctrinesChapitre 26 sur 86 · LE PARTI OUVRIER A SYDNEY ET EN NOUVELLE-GALLES · texte numérisé non relu

LE PARTI OUVRIER A SYDNEY ET EN NOUVELLE-GALLES

resté exempt. Sorti, comme tous les autres, du grand mouvement qui suivit la grève générale, le Labour Party se forme grâce à la coopération des syndicats et des groupes politiques, est représenté à l'Assemblée législative dès les élections de 1891 et finit par y compter jusqu'à 34 membres en 1894. Il est alors le plus nombreux des partis ouvriers australasiens et on parle déjà de sa participation possible au pouvoir ; suivant la tactique habituelle il se borne à soutenir le ministère qui lui est favorable, mais reste hors des affaires et garde sa personnalité propre. Le cabinet, en 1894, est présidé par M. Dibbs qui passe pour radical et qui propose, en effet, d'abolir les dernières restrictions au suffrage universel. Mais ce gouvernement réprime par la force une grève de mineurs à Broken Ilill et fait condamner à la prison deux membres du syndicat. Alors le parti ouvrier se divise sur la question de savoir s'il faut continuer ou retirer son concours à M. Dibbs. Une vingtaine de ses membres continue à voter pour le ministère, mais abandonne le parti pour n'y plus rentrer. Il ne reste, dans les rangs du Labour Party, que 15 députés augmentés par la suite de 3 ou 4 nouveaux. Le plus grand nombre, mais non tous, sont d'anciens ouvriers et des syndiqués. Le leader a été mineur ; l'un des membres les plus influents est M. Sam Smith, secrétaire général de la fédération des chauffeurs et gens de mer de l'Australasie.

Les membres du nouveau parti se sont engagés à rester fidèles aux décisions du groupe parlementaire, et ils ont tenu leurs promesses, quoique les sujets de division n'aient pas manqué : le principal a été la Fédération. La Ligue politique du travail, l'une des organisations importantes du

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pHTti ouvrier, présidée par M. Sam Smith, s'était prononcée contre la Fédération : tous les membres du. groupe pertenentaire ont voté contre, sauf deux. La Ligue a tenu des réunions tumultueuses dans lesquelles elle a reçu les eiLplications des deux dissidents : leur défense a consisté à dire que leur engagement les liait au groupe parlementairo seul et que le groupe n'avait pas pris de décisions dans la circonstance. La question a été posée de nouveau quelques jours après à propos du concours à donner au ministère Reid..Gè. ministère, composé de gens de la classe moyenne, à tendances libérales et radicales, était assez favorable à l'extension des lois industrielles et se maintenait grâce^ à l'appoint des voix ouvrières. Mais il -venait de faire voter ia Fédération après s'être montré longtemps hostile au projet. LàTdessus, il se trouva menacé de tomber à propos. d'une dépense irrégulière; le parti ouvrier décida de ne plus voter pour lui, à quelques voix de majorité. La décision fut observée et le ministère tomba (4899) pour faire place à un gouvernement un peu moins radical. Le parti ouvrier, garde une attitude expectante «et le nouveau ministère a, pour le gagner, proposé une loi «ur l'arbitrage K

' En- somme, le mouvement ouvrier politique est fort en Nouvelle-Galles, mais il manque de netteté, de cohésion ; c'est pourquoi Sydney, bien qu'elle ait eu des ministères progressistes/ n'^&t-pas alk'e aussi loin que Melbourne en matière de législation industrielle.

(1) Voir chapitre vi, p. 454.

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