LE HIKIMTJM DE SALAIRE, A MELBOURNE
Le gouvernement victorien a donné directement et expressément le droit de fixer un salaire minimum à des conseils mi-partis élus par les patrons et les ouvriers dans les professions désignées par décret. Le gouvernement néo-zélandais est arrivé au salaire minimum indirectement par l'arbitrage obligatoire que j'étudierai dans le chapitre vi, après avoir indiqué les autres essais de conciliation en Australasie.
La lutte contre le « Sweating System » à Melbourne.
La fixation officielle d'un salaire minimum en Victoria a été adoptée comme un remède contre le Sweating System, le système des longues journées de travail poor un faible salaire. Le Sweating System existe dans les grandes villes ; il sévit contre les étrangers, qui, ne connaissant pas la langue ni les usages du pays. Acceptent de travailler à n'importe quel prix pour ne pas jnourir de faim; il sévit plus régulièrement encore contre les femmes et les jeunes filles qui se font concurrence les unes aux autres : certaines, en effet, vivent des salaires de leurs maris ou de leurs parents et ne travaillent que pour se procurer un supplément de revenu ; elles prennent donc
LA LUTTE CONTRE LE « SWfiATlNG SYSTEM » 13S
Touvrage à très bas prix, et avilissent ainsi les salaires des veuves ou des isolées qui travaillent pour vivre. Le Sweating System s'applique à toutes les industries de la confection et en général a tous les ouvrages que les ouvriers ou ouvrières font à domicile. Là en effet, ils échappent au contrôle de Tinspecteur, et même à celui de Topinion publique, car par dignité, par discrétion ou par crainte de perdre leur gagne-pain, enfin surtout parce que tout leur temps est absorbé par une besogne fatigante et peu payée, ils parlent rarement des conditions qui leur sont faites. De plus, étant pauvres, ils sont logés fort mal et vivent en dehors de Thygiène la plus élémentaire. Toutes les enquêtes et les recherches sur le travail à domicile ont montré qu'il était en général plus long, plus mal payé et plus malsain que le travail à l'usine, parce qu'il n'est pas, comme ce dernier, protégé par la loi et soumis k l'inspection.
Le fait est reconnu partout ; à Melbourne il a été confirmé par deux rapports d'une commission nommée par le gouvernement en 1893 afin de faire une enquête sur Iq fonctionnement d'une importante loi de protection ouvrière votée en 1890. La commission a publié deux rapports^ l'un sur l'industrie de la confection, l'autre sur l'ébénisterie. Ce sont précisément les deux professions dans lesquelles la commission de la Chambre des lords,, nommée trois ans auparavant pour faire une enquête en Angleterre, avait découvert les exemples les plus caractéristiques du Sioealing System,
(1) Faclotnes Act Inquiry Board. Fivst Progress Report.., (confection), MelbouTno, 1893. — Second Progress Report... (ébéniaterie), Melbourne, 1884.