VILLAGES COOPÉRATIFS DE SUD-AUSTRALIE
ronces et les eucalyptus. Ce district, voisia d'une des parties les moins peuplées de Nouvelle-Galles, est couvert d'une brousse où personne n'avait pénétré, sauf les indigènes et les éleveurs de moutons. La terre n'était pas impropre à la culture, mais elle manquait d'eau, car les pluies sont rares et irrégulières dans ces régions intérieures le Murray n'est jamais à sec, mais il coule au fond d'une rigole étroite et profonde ; si on veut se servir de ses eaux pour irriguer, il faut d'abord les élever à l'aide de pompes à vapeur.
L'acquisition de pompes fut la première dépense importante qui s'imiposa aux villageois, mais elle ne fut pas la seule; il fallut en effet tout. acheter, semences, arbres, animaux de ferme. Avant .d'obtenir un résultat, il fallait aussi travailler beaucoup pour défricher, couper la brousse, arracher les racines profondes des arbres, labourer et ameublir la terre. Aussi les commencements furent-ils très durs. Bien des colons se découragèrent ; d'autres se louèrent chez les rares habitants voisins, se firent pêcheurs, chasseurs, ou encore bûcherons pour approvisionner les bateaux à vapeur qui transportent la laine sur le Murray. Au bout d'une année, les colonies semblaient bien compromises au jugement d'une commission parlementaire nommée pour faire une enquête à leur égard. Le gouvernement prit pitié des colons : il éleva, en 1895, la limite des avances à 2 500 francs par personne (le double de la limite légale) et recula de la troisième à la cinquième année le premier remboursement et le point de départ des intérêts. Mais en même temps il empêchait toute fondation de nouveaux villages, et il nommait
1^8 LE OHGVAGE. TEBBES CONCÉDÉES AUX OUVRIERS
un délégué chargé de surveiller la gestion de ceux qui existaient.
Aux difficulté imposées par le manque de capitaux et par la nature se joignaisnt celles qui Tenaient de conflits entre les personnes. On a vu que les villages devaient être des sociétés coopératives autonomes ; leurs membres nommèrent donc un conseil chargé d'administrer et rœ- -ponsable devant rassemblée générale. Ces conseils étarblirent partout un magasin commun où les provisions étaient réunies : on fixait les rations ou les distributions suivant rétat des ressources : on donnait ensuite à chacun Buivant ses besoins, c'est-à-dire qu'un homme chargé de famille touchait plus qu'un garçon ou un veuf.
De même que les provisions, le travail rétait rais «n commun : le conseil désignait à chacun sa part du travail défrichement, irrigation, construction d'abris. Ceux qui voulaient se louer au dehors devaient en demander l'autorisation et promettre de verser leurs gains à la caisse ccanmune; cela n'était pas injuste, caa* ils touchaient leur part d-es provisions etjievaient bénéficier iplus tard du travail: accompli par ceux qui restaient sur la concession.
Toutefois, 'ces arrangements déplaisaient à ceux qui n*j trouvaient pas leur avantage. Les célibataires se plaignirent de travailler pour les femmes et les enfanta des Autres ; plusieurs d'entre- eux firent une scission et allèrent fonder un nouveau village.
Enfin l'obligation du travail commun paraissait inique à tous les colons ou peu-s'en faut. Tous en avaient accepté le principe, .presque tous protestèrent contre Fapplication; ils réclamaient le partage du sol en: petites i propriétés indi-