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COLONIES OUVRIÈRES DE VICTORIA

guère dans un district qu'une seule culture ou une seule espèce d'élevage ; avec de la }3onne volonté, un homme sans expérience n'a besoin^ pour devenir cultivateur, que d'avoir quelques bons exemples et de tomber sur un sol et sous un climat qui ne le découragent pas trop à ses premiers essais. Tel n'était pas le cas des colons du Murray : dans les conditions où ils se trouvaient placés, on s'étonne qu'ils n'aient pas absolument échoué.

Des essais de colonies analogues à celle du Sud-Australie et tentés vers la même époque pour occuper les sans-travail en Nouvelle-Galles {Labour Seulement Act, 1893, amendé 1894) et au Queensland (Coopérative Communities, 1893) n'ont abouti a rien.

Les expériences de Victoria. La colonie ouvrière de Leongatha.

En Victoria, on a adopté trois séries de mesures pour occuper les sans-travail des villes dans la campagne (Settlement on Lands Act, 1893). La loi prévoit l'établissement de communautés de village ( Village Communities), d'associations de f3imi\\e{Homestead Associations), enfin de colonies ouvrières (Labour Colonies).

Les communautés de village sont établies sur des emplacements à défricher ; leurs membres reçoivent en location chacun de 1 à 20 acres. Les trois premières années sont un essai pendant lequel le^loyer est nominal (0,60 fr. souvent réduit à 0,30 fr. par acre). Pour ceux qui persévèrent, le bail définitif est de vingt ans avec un loyer annuel de 1/20 au moins du prix de la terre, ce prix ne pouvant être

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évalué au-dessous de £ 1 Tacre ; enfin le locataire peut acheter son lot par annuités. Ses obligations consistent : i^ a résider sur son lot, sauf dispense ; 2** à en cultiver au moins 1/iO au JM)ut de deux ans, 1/5 au bout de quatre, et à y faire des améliorations valant S5 francs par acre au moins en six années. L'état prétait d'abord jusqu'à £ 45 {375 fr.) à chaque villa^er. Depuis quelques -années le ministre des terr^ a«c<ïrde moins d'avances qu'autrefois ; •encore déclare4-il qu'il eût réduit davantage ses libéralités si Les colons n'avaient souffert beaucoup de la sèchereese et des incendies de forêts *. On voit qu'en dépit de aoa nom un peu ambitieux, l'institution des Village Communities a fort peu d'analogie avec ce qu'on appelle communautés de village en Sud-Australie. Elle rappelle plutôt les .blocks sud-australiens^ dont il sera question plus loin, mais avec une différence ; c'est que le gouvernement victorien ne donne point ou presque point d'avances en argent.

ILes ivillages oiit été installés un peu partout, dans les parties en iriches, forêts, marécages, brousse et de préféfence près des centres agricoles où les villagers pouvaient aller se placer comme ouvriers de ferme. Leurs habitants ont essayé de vivre en élevant quelques vaches et«nvendanMeur lait aux beurreries et fromageries qui se fondent partoiut -en Vietoiria.

Le nombre deiS' colons établis en 1898 était de 2 259 titulaires, et le nombre total comprenant les femmes et les enfants était de 9 089 personnes. Depuis 1894 l'augmentation a été jà îpeu près continue quoique très lente ; le

(i) Eeport on the ^ttlements on Land Acts, 4S^, p. 4.

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gouvernement ne s'en plaint pas, car il désire ne pas alter vite, trier soigneusement les demandes et n'accorder de concessions qu'à ceux qui semblent avoir chance de réurair *.

Les ffomestead AssoemHons prévues par la même loi que les établissements précédents, avaient quelque analogie avec ce que Sud-Australie appelle ViUage CommunUie^. Elles devaient se composer de six membres au imoins, occupant chacun SO acres au moins de culture ou pâturages et 1 acre de terrain à bâtir sur l'emplacement du Tillage : chaque établissement pouvait s'étendre sur âCOO acres au maximum. Ainsi les concessions étaient phis grandes que pour les communautés de SudrAustralie ; en outre les communautés victoriennes étaient maîtresses de leurs règlements intérieurs et ne îles rené valent pas iout faits du gouvernement. Les membres avaient droit d'acheter aux mêmes conditions et de demander au gouvernement les mêmes avances que les mUagers dont on a parlé plus Jiaut.

Aucune Homeséead Association me s'est fondée en Victoria, : une société de capitalistes a essayé de se former sous ce titre pour acheter de la terre à bon compte et par payements différés. Tel a été tout l'effet de ce chapitre de la loi.

lies colonies ouvrières prévues par le dernier chapitre de la loi de 1893 devaient être une imiftation des colonie fondées en Allemagne. Leur principe était d'iustituer une sorte d'épreuve pour démêler, parrmi \m «ans-travail, les chômeurs professionnels, et Jes véritables ouvriers qui

(4) Iteport on fhe Seltlements on Land ;4c^s, IS98, p. 4.

cherchaient roccasion de gagner leur vie. On offrait en conséquence aux ouvriers inoccupés un travail dur, peu rémunérateur, leur donnant juste le nécessaire, tant qu*ils restaient dans la colonie, mais devant leur rapporter un salaire honnête, dès qu'ils trouveraient une occasion de se placer au dehors. Enfin ce labeur était exclusivement agricole, et avait pour objet de rejeter dans la campagne, qui n'est pas assez peuplée, les manœuvres et ouvriers non qualifiés qui affluent en trop grand nombre dans les villes.

Les colonies ouvrières d'Europe sont des entreprises particulières : celles de Victoria devaient être formées par souscriptions privées et dirigées par un comité nommé par les actionnaires. L'état venait à leur aide en fournissant le terrain, et en s'engageant à avancer jusqu'à 50 francs par 25 francs souscrits. Comme garantie, il désignait cinq administrateurs adjoints au comité.

Sur ces bases une société se forma et reçut 800 acres de terrain à Leongatha, sur le versant sud du Gippsland, pays accidenté qui descend des hautes montagnes vers la mer. La contrée, couverte d'une épaisse forêt vierge d'eucalyptus et de fougères arborescentes, a été depuis peu de temps ouverte au défrichement et a la colonisation. La société échoua, mais l'expérience ne fut point abandonnée. Le gouvernement la prit à son compte le 2 février 1894 et en confia la direction à M. Goldstein ci-devant lieutenantcolonel de volontaires coloniaux. C'est grâce à l'obligeance de M. Goldstein que j'ai pu visiter en détail la colonie.

Suivant les idées du directeur, l'établissement doit être : 1° une colonie ouvrière suivant les principes indiqués

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