PROJETS DE CAISSES DE RETRAITES
nimum de salaire ^ Mais elle considère les retraites comme une sorte de charité qui doit être réservée aux pauvres ; parmi ceux-ci, il y aurait lieu de distinguer les méritants, qui seraient seuls retraités, et les indignes, qui seraient recueillis dans les dépôts. Enfin, pour diminuer le nombre de ceux qui s'adressent à lui, l'état devrait obliger toutes les sociétés de secours mutuels à créer un service de retraites. Les conditions à remplir pour être admis à la retraite seraient à peu près les mêmes qu'en Nouvelle-Galles : 60 ans d'âge, 10 ans de résidence (au li(^u de 15); le maximum delà pension est fixé à 10 shillings par semaine, et 15 seulement pour deux pensionnaires mariés. Enfin on ferait des conditions particulières aux mineurs et aux ouvriers exerçant des professions dangereuses ou insalubres.
Avec les restrictions qui précèdent, la dépense probable était évaluée à £ 89 700 par an, alors qu'il aurait fallu £ 2 169 024 pour pensionner toutes les personnes au-dessus de 60 ans.
Les commissaires n'avaient pu s'entendre sur les moyens de trouver les ressources nécessaires ; les uns les demandaient à une taxe sur les jeux, au monopole du tabac ; les autres à une taxe sur les loyers et à une autre sur la valeur de la propriété foncière, déduction faite des améliorations {Unimproved Value of Land).
D'autre part, le premier ministre, sir George ïurner, tout en promettant d'établir les retraites pour la vieillesse, a formellement déclaré qu'il ne les prendrait pas comme M. Seddon sur le budget général, mais qu'il attendrait, pour les instituer, d'avoir trouvé des recettes nouvelles
(1) Chapitre v.
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expressément créées pour fournir les fonds nécessaifres.
On voit la différence. En Nouvelle-Zélande, les retraites ont été considérées comme un droit que le .gouvernenifint ne saurait dkcuter, dont il ne saurait différer Texercice, même pour des raisons budgétaires. En V'ictoria, eW^s sont simplement une mesure d'assistance, que le .gouvernement juge à propos d'appliquer, mais avec des restrictions et une sage temporisation jdestânée à^ménager l'éc^uilibre des finances. Dans le premier cas, c'est déjà le socialisme d'état; dans le second, c'est encore la poHtique pratique qui a si longtemps dominé en Australasie.
L*audace du jfninistère néo-zélandais a, d'ailleurs, le succès qu'on devait attendre dans un pays démoccatiif ue ; elle a rendu le gouvernement radical très populaire et a beaucoup contribué à lui assurer sasquatrième victoire aux élections générales de 1699.
Les fonctionnaires.
On pourrait penser que le nombre des fonctionnaires australasiens doit être très considérable. En réalité, si l'on compare la proportion des personnes employées et salariées par l'état, en Europe et en Australasie, on ne trouve pas une différence très considérable. On s'aperçoit, en effet, qu'aux antipodes, plusieurs fonctions sont très souvent réunies sur la même tête. On trouve encore que si TAustralasie a des services publics que nous ne possédons point, elle n'entretient, pour ainsi dire, ni armée, niflotte ; nos soldats et nos marins, toute proportion gardée, sont beaucoup plus nombreux et coûtent beaucoup plus cber que
LES FONGinœmAlHES ^47
«es ouTriers ée chemms de fer, ses enorployés des traYSnx publics, de rarpentage, du département des terres.
on reanarque, de plus, dans presque tontes les colonies, Tme tendance à diminuer le nombre ;des fcmctionnaires pour équilibrer les budgets. Depuis Tapparitian du déficit, Victoria, Nouvelle-Galles et d'autres ont supprimé îbeau coup d'emplois. Ainsi, en i894-9S, lorsifue les recettes cosumençaient à ne plus couvrir les dépenses, la Nouvelle - Galles forma une commission qui fit retrancher beaucoup d'allocations ou de traitements. Elle avait, il est vrai, constaté des abus; tel, le cas d'un huissier qui touchait pkis que le directeur du service cadastral. A Melbourne, je me rappelle qu'on avait poussé l'économie au point de licencier l'école normale d'instituteurs. Aujourd'hui, la Nouvelle-Zélande seule paraît dispesée à augmenter le nombre des employés et ouvriers de l'état.
L'expression que je viens d'employer n'est pas toujours •exacte, car beaucoup de services, entre autres les chemins de fer ne dépandeait point direot«aaent de l'état. La Nouvelle-Galles a, depuis plusieurs années, supprimé le ministère des voies ferrées et a confié ses attributions à trois commissaires. Ils ne font point partie du cabinet, ils sont choisis hors du persoanel politique (le principal a été longtemps l'administrateur d'une compagn-ie anglaise de chemins de fer) ; c'est le gouvernemeni qui les nomme, mais il -ne peut ni les révoquer, ni modifier leurs appointements; il faut pour cela un vote du parlement. Ces commissarres ressemblent aux directeurs d'une société de oominerce : ils choisissent et renvoient leurs employés et OMvriers comme bon leur semible, accordent ou refusent