LES FONCTIONNAIRES
mens soient peu sérieux et que le succès y soit dû, parfois, aux protections politiques. La Nouvelle-Galles a essayé de les réformer sur les propositions de la commission del895
. que j'ai citée plus haut; elle les a fait présider par une commission du Civil Service * dont les membres ont à peu près la même indépendance que les commissaires des chemins de fer et sont nommés pour une période de sept années. Il est assez curieux de voir ces colonies anglaises, à la recherche du meilleur mode de recrutement pour leurs employés, s'arrêter aux perfectionnements des examens; c'est, du reste, le remède que réclament depuis longtemps
. aux États-Unis, les partisans d'une réforme administrative. Les Français ne sont pas les seuls à penser qu'un examen à l'entrée de toute carrière est peut-être le procédé de sélection le moins fâcheux.
Les employés qui ne sont pas du Civil Service passent pour la plupart des examens. Mais l'état ne leur accorde ni autant de considération, ni autant d'avantages qu'aux autres. Par exemple, ils n'ont pas droit à une retraite ; en Sud-Australie, lors des élections générales de 1899, le ministre démocrate, M. Kingston, promettait à toutes les personnes au service de l'état, et notamment aux instituteurs, le droit à la retraite qu'ils n'avaient pas encore. En somme, les avantages du fonctionnaire ne sont pas très tentants dans un pays d'affaires où chacun est attiré par les profits possibles de la culture, du commerce, des mines. Aussi les hommes laissent-ils de plus en plus aux femmes les
{1) The Public Service Act, 1895. — New South Wales Public Service Examination. — Report of the Public Service Board (annuel) 1896, 1897, 1898, Sydney (Au Ministère du commerce, Paris).
250 LES RETRAl'tES POUR LA TIEILLESSE
places de rédacteur, de scribe et d'in&tituteur ; il n'yafias encare dans les bureaox et à la tête des écoles antant^de «dames qu'aux États-Unis, mais le nombre des employées a augmenté.
En somme, les états australiens ne semblent pas j*i6- Cfu'ici traiter leurs employés et ouvriers avec Baae Menveillance particulière, sauf, toutefois, laNouvelle-Zélamdefqui a supprimé le commissaire des voies ferrées, ékabh le sys- «èème coopératif*, les Village SetUements perfectionnés ^ etc. C'est là encore un des traits qui caractérisent la Nouvelle-Zélande et la montrent plus avant que les autres sur la route du socialisme d'état démocratique.
On affirme en revanche, que les fonctionnaires -soint moins indépendants en Nouvelle-Zélande que partout ailleurs. Dans les autres colonies, en effet, l'état ne doit .pas être tyrannique, puisqu'il est commun d'entendre des cfeeffi de service critiquer librement les lois démocratiques ouvrières. En Nouvelle-Zélande, au contraire, toais les fonctionnaires sont -gouvernementaux et optimistes : c'est par intérêt, disent les conservateurs, parce que le ;ministere les surveille, révoque ses ennemis et remplit systématiq^uemont les postes de ses créatures: Ont-ils raison ? Un étranger ne peut trancher cette question et décider si le gouvernement néo-zélandais est allé au delà de la aaécessité qui s'impose à toute démocratie réformatrice : faire açipliquer ses lois par des partisans des réfonmes et de la •démocratie.
(1) Chapitre vir, p. 188-194.
(2) Chapitre ii. p. 52.