LE PAYS
civilisation le plus bas, ne vivaient que de la chasse, de la pêche, de la cueillette K Quand les Européens s'établirent en Australie, le continent était une vaste forêt d'eucalyptus hauts et touffus sur la côte et les montagnes, rabougris et clairsemés dans les steppes : c'est le bush qui couvre encore la plus grande partie du continent. Pour mettre le sol en culture, il faut couper les arbres et arracher leurs fortes et profondes racines.
Ce pays sec, monotone, caché sous une forte végétation primitive, ne promettait pas ce qu'il a donné. On le méconnut d'abord. L'officier envoyé en 1802 pour fonder le premier établissement sur la baie où s'élève maintenant Melbourne, la plus grande ville d'Australie, quitta bientôt le pays, en déclarant qu'il était juste assez bon pour les kangourous.
La Nouvelle-Zélande n'est colonisée que depuis un dtîmisiècle, et elle a déjà 756 505 habitants, avec une superficie qui ne dépasse point celle de l'Italie. La colonisation de ce pays rencontrait pourtant de grandes difficultés : l'éloignement, car la Nouvelle-Zélande est séparée de l'Australie par une mer généralement mauvaise que les vapeurs mettent cinq jours à franchir; les habitants (Maoris) ^, guer-
(1) On estime qu'il en reste à peine 200 000, presque tous en Ouest- Australie et dans Tarrière-pays du Queensland et du Sud-Auslj'alie ainsi que dans le Territoire-Nord dépendant de cette dernière colonie.
VoirRoth, The Aborigènes of Queensland (publié par le gouvernement), Brisbane, 1899, in-8°, — B. Spencer et F. Gillen, The Native- Tribes of Central Australia, Londres, 1899, in-8<» (les deux ouvrages illustrés) .
(2) Le nombre des Maoris paraît diminuer d'une façon continue. Lors du recensement de 1896, il s'élevait à. 39 854, et le nombre des métis (en augmentation) à 5 762.
Au sujet des Maoris, voir Sir George Grey (gouverneur, puis premier
riers très braves qui se battirent pendant huit années pour défendre leurs terres et qui en ont conservé une partie dans Tîle Nord. Mais le sol y est excellent dans les plaines et les vallées; les deux îles ont des montagnes très élevées, avec des neiges éternelles dans l'île Sud; Teau coule en abondance. Les pâturages sont plus gras, la culture souffre moins de la sécheresse qu'en Australie. Le climat, analogue à celui de Sydney dans le nord, de la Tasmanie au sud, est un des plus salubres du monde. On envoie aujourd'hui les phtisiques faire des cures d'air en Nouvelle-Zélande.
Les débuts de la colonisation. La déportation. Les squatters ^
La côte orientale fut reconnue en 1770 par Gook qui l'appela Nouvelle-Galles du Sud à cause de ses montagnes el de ses profondes échancrures. Le naturaliste de l'expédition fit une description enthousiaste de la végétation
tninistre de Nouvelle-Zélande), Polynesian Mythology» — J. White, Ancient history of the Maoris (publication oflficielle). — D' Shortland Maori Religion and Mythology. — Maning, Old New-Zealand, — et pour une étude plus rapide, les très intéressants chapitres de W. P. Reeves, The Long White Cloud, London, 1898, in-8«. '
(1) Consulter G.-W. Rusden, The History of Australasia, nouvelle éd., Melbourne, 1897, 3 vol. in-S"; le même, The History of New- Zealand, nouvelle éd., Melbourne, 1896, 3 vol. in-8«.
Sur la Nouvelle-Zélande, voir de préférence l'étude générale et très intéressante de l'ex -ministre du travail, aujourd'hui agent général de la colonie à Londres, W. P.. Reeves, The Long White Cloud |Ao Tea Roa), Londres, 1898, in-8«.
Il existe une foule d'histoires sommaires telles que E. Jenks, The History of the Australasian Colonies, Cambridge, 1895, in-8<».
J'ai exposé les faits importants de l'histoire d'Australasie et donné une bibliographie dans les tome's X, XI et XII de l'Histoire générale publiée sous la direction de MM. Lavisse et Rambaud, Paris, Colin, 1898-1900.