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LA DÉPORTATION. LES DÉBUTS DE LA COLONISATION

qui couvrait les bords de la baie de la botanique {Botany Bay). Lorsque TAmérique se fut rendue indépendante, le gouvernement anglais songea à mettre en valeur le rivage découvert par Cook. Il commença par y déporter les criminels. En 1788 un premier convoi de condamnés escorté par des gardiens et un régiment d'infanterie de marine vint fonder Sydney ; la déportation continua pendant plus de cinquante années. Ceux qu'on envoyait n'étaient pas tous des meurtriers ou des brigands; beaucoup étaient déportés pour des délils qui sont aujourd'hui punis moins sévèrement, vol domestique, braconnage, vagabondage, pour des faits de grève, pour des crimes politiques ; un grand nombre d'Irlandais furent envoyés en Australie après la révolte de 1798.

Les dépôts étaient à Sydney, aux îles Norfolk, en Tasmanie. Les condamnés travaillaient d'abord dans des bagnes; beaucoup d'entre eux furent ensuite employés à des travaux publics, défrichements, routes, constructions, ou prêtés à des particuliers qui s'engageaient à les nourrir. La colonisation pénale coûtait beaucoup plus qu'elle ne rapportait. Elle était un sujet de plaintes pour les colons libres. Enfin les philanthropes dénonçaient l'inhumanité avec laquelle les gardiens traitaient les prisonniers. Tout cela fit que la déportation fut supprimée en 1840 dans la Nouvelle-Galles, de 1847 à 1852 dans la terre de Van Diemen (Tasmanie). 8,3290 convicts avaient été déportés dans la première de ces colonies de 1788 à 1840, 55 000 dans la seconde de 1803 à 1 845. Dans l'une et l'autre, 30 000 ^ environ s'étaient établis définitivement, les autres étant morts au bagne ou revenus en Europe après l'expiration

6 LE PASSÉ ET LE PRÉSENT DE l'aUSTRALASIE

de leur peine. Or en 1851, la Nouvelle-Galles avait 360 000 habitants : de plus les autres colonies, sauf les deux, moins peuplées Tasmanie et Australie occidentale, n'ont jamais reçu de condamnés. Le peuplement de TAustralie n'a donc pas été fait par les convicts : Témigration libre y a contribué dans une proportion infiniment plus forte. Les descendants de déportés qui peuvent se trouver aujourd'hui à Sydney et à Hobart sont noyés dans le reste de la population : le souvenir de leur origine est perdu.

La véritable colonisation — d'où sort la population australienne — a commencé presque en môme temps que la déportation. En 1793, Sydney reçut pour la première fois des paysans d'Angleterre; d'autres arrivèrent dans les années suivantes : on leur donnait quelques hectares de terres, à condition de payer une redevance après la troisième année ; on leur fournissait des vivres pendant deux ans; on leur assignait des convicts qu'ils devaient habiller après la première année* et nourrir après la deuxième. Les premiers colons essayèrent de cultiver le blé et le mais, mais la sécheresse fit manquer la première récolte et le gouvernement dut acheter du grain pour les nourrir.

Ce n'était là qu'un expédient. On voulait en effet que l'Australie put se suffire à elle-même, pay for itself, suivant la maxime constante de l'Angleterre en matière de colonisation. La moyen fut trouvé par d'ingénieux capitalistes qui commencèrent l'élevage du mouton. En 1797, un navire amena en Australie quelques moutons. mérinos achetés au Gap. Un officier d'infanterie de marine songeait

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