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LES HAUTS SALAIRES BT LB PRIX DB LA VIE

donnait en 1894, pour la dépense annuelle par tête d'australasien, le chiffre de £ 43. 12.10 (1 091 fr.).

L'anstralasien est Thomme qui consomme le plus de viande (254 livres anglaises par an et par habitant, au lieu de 109 en Grande-Bretagne et de 77 en France), le plus de sucre (95 livres, au lieu de 75 en Grande-Bretagne et de 20 en France), le plus de thé et de café après la Bollande, les Etats-Unis, les Pays Scandinaves, la Belgique. Les Auistralasiens usent assez peu du café, mais le thé eeM; leur boisson nationale ; ils en sont les plus forts consommateurs dans le monde entier. Ils boivent relativement peu d'alcool.

Toutes ces statistiques sont prises au DicHonnm*y of StatisHcs de Mulhall, sauf pour l'Australasie, dont les chiffres sont dus à M. Coghlan Téminént statisticien du gouvernement à Sydney*. On trouvera peut-être dans ces comparaisons, l'Australasie très favorablement partagée. D'après mon expérience de la vie australienne,^ je ne crois pas que ces estimations soient fort exagérées.

Pour compléter le tableau de la situation matérielle de l'ouvrier australasien, il faut dire que les articles de luxe, surtout quand ils sont importés, atteignent des prix très élevés; de même, tous les objets qui exigent un travail qualifié, par exemple, les vêtements faits sur mesure, les beaujL meubles ; de même, encore, les services des domestiques. C'est pour le superftu que l'augmentation du prix de la vie est tout à fait sensible. Le cas est d'ailleurs exactement le même aux Etats-Unis. L'hôtel flrst class^ le

(]) The Swen Colonies of Australasia, 1897-98, p. 33^ à 360.

magasin de noiiveautës, le chapelier h la mode sont plus chers qu'en Finance : c'est ce qui fait dire aux observateur^ superficiels que la vie est plus coûteuse ; affirmation précisément contraire à la vérité si Ton parle des objets de première nécessité, notamment de la nourriture.

Il faut prendre garde aussi, dans les colonies comme en Angleterre, que les impôts indirects ne sont pas sur les mêmes objets qu'en France. Ainsi la bière, fortement taxée comme article de luxe est chère, mais le sucre considéré comme objet de première nécessité est indemne de droits et coûte trois fois moins qu'en France.

Au reste, l'ouvrier australasien, comme l'anglais ou l'américain, est dépensier; il ne regarde pas au prix d'un objet ou d'un plaisir qui lui fait envie, il ne marchande aucune satisfaction à sa famille; aussi la différence entre le prix de la vie et le salaire passe-t-elle souvent en dépenses d'agrément ou de luxe. Voilà pourquoi on a constaté tout à l'heure que la dépense moyenne, par tète d'habitant, était plus forte en Australasie qu'ailleurs.

Cette inclination à la dépense a bien ses avantages. L'anglais, l'américain, l'australasien regardent moins que le français à payer une cotisation, a s'abonnera un périodique, à prendre un ou plusieurs journaux. L'organisation ouvrière dans les pays de langue anglaise a été certainement facilitée par le ,fait que les ouvriers n'épargnent guère. En tous pays, d'ailleurs, elle ne peut se développer tant que les travailleurs manuels sont obligés é, l'économie la plus stricte par la faiblesse de leur salaire. Partout les ouvriers qualifiés sont mieux organisés que les manœuvres ; et c'est là encore un argument que les

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