‹ Le Socialisme sans doctrinesChapitre 76 sur 86 · DIMINUTION DU NOMBRE DES NAISSANCES · texte numérisé non relu

DIMINUTION DU NOMBRE DES NAISSANCES

défenseurs de la cause ouvrière font valoir en faveur des hauts salaires.

Diminution du nombre des naissances.

D'après certains critiques, la protection des lois aurait rendu l'ouvrier imprévoyant; depuis qu'il peut compter sur l'état, il se dispenserait de songer à l'avenir et l'intervention de rétat le réduirait au rôle de bébé {making a haby of him^ fathering him) ; ce sont là des griefs qu'on trouve dans tous les milieux conservateurs australasiens, ou plutôt, ce sont les formules traditionnelles.de l'ancien « laissez-faire » qu'on répète par habitude. Aucun fait ne donne lieu de les croire justifiées ; bien au contraire, le montant des dépôts dans les caisses d'épargne, les versements aux sociétés de secours mutuels s'élèvent chaque année d'une manière continue.

En réalité, les pensions de retraite et les institutions d'état ont délivré le salarié de certains soucis matériels qui l'absorbaient et lui ont permis d'appliquer sa prévoyance à tl'autres objets, à son éducation par exemple. La question est de savoir si ce déplacement de la prévoyance n'est pas un avantage pour la nation.

Il est un point où les australasiens ne pèchent point par insouciance; le nombre des naissances depuis vingt ans, baisse chaque année et partout d'une manière continue. Voici le tableau de la proportion des naissances par 1000 habitants en 1890 et 1899 ».

Le chiffre le plus bas 25,12 se rapproche des der-

(1) The New Zealand Officiai Year Book, 1900, p. H5.

26€f LA SITUATION UATSaïKLLB BT MORALB DES OUVRIERS

nierschifli'es donnés pour la France, 21,4 à 23 naissances sur 4000 habitants.

COLONIE

Oiieensland . ■ ....

NoHvelle-Galles

Victoria

Sud-Australie

Ouest-Âusiralie

Tasmanîe

IKou^elle-Zélcatde

Le mouvement descendant d'Australasie rappelle celui qui se manifeste dans les plus anciens des États-Unis où la proportion est tombée au-dessous de 30 p. iOOO. En Australasie la chute est plus rapide, elle a été régulière et constante pendant toute la période de 1890 à 4899.

Pour la Nouvelle-Zélande oii le chiffre est le plus bas, la diminution du nombre des naissances est d'autant plus significative que le nombre des mariages augmente ; l'âge auquel les femmes se marient s'élève, il est vrai, de plus en plus, chose bien naturelle dans un pays où les femmes peuvent s'assurer par leurs propres moyens une vie indépendante. La Nouvelle-Zélande n'a aujourd'hui qu'une mère de famille par quatre femmes mariées; en 4878, «Ile en avait une sur trois.

Aux antipodes, la diminution des naissances est loin d'être considérée comme une calamité, car beaucoup de personnes, en effet, sont, ainsi qu'en Angleterre, attachées aux théories de Malthus, et considèrent la limitation du

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