‹ Le socialisme sans doctrines, la question agraire et la question ouvrière en Australie et Nouvelle-ZélandeChapitre 10 sur 98 · POPULA- TION · texte numérisé non relu

POPULA- TION

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La capitale est la ville la plus peuplée dans chaque colonie, sauf en Nouvelle-Zélande où Wellington est dépassée par Auckland (82 101 habitants) dans l'île nord, Christchurch (67 878) et Dunedin (56 020) dans l'île sud.

Cette prédominance de l'élément urbain a beaucoup contribué à rendre l'Australasie de plus en plus démocratique, à mesure que le nombre des habitants augmentait.

Entre 1871 et 1908, la population australienne s'élève de 1 600000 habitants à 4 013 029, la population tasmanienne de 99 000 à 184 008, la population néo-zélandaise de 256 000 à plus de 936 309. Le taux d'accroissement s'abaisse entre les périodes 1881-86 et 1901-1906, de 4 p. 100 environ à 1,40 p. 100 sur le territoire du Commonwealth et 2,90 p. 100 en Nouvelle-Zélande, après être tombé dans cette colonie à 1,47 p. 100 de 1886 à 1891.

Ce ralentissement général de l'augmentation s'explique en partie par la diminution du nombre des immigrants. A partir de 1873 en Victoria, de 1886 en Sud-Australie, de 1887 en Nouvelle-Galles, de 1891 en Tasmanie, les gouvernements cessent de donner des avantages aux immigrants pour répondre aux plaintes des ouvriers qui entendent conserver les hauts salaires en empêchant la main-d'œuvre de s'offrir en trop grande abondance. Dès 1891, l'immigration devient presque nulle, sauf en Ouest- Australie où la découverte de champs d'or attire une foule d'étrangers. La population de cette colonie quadruple dans les dix années qui suivent 1891 : mais les bénéfices de l'immigration baissent formidablement en 1906 où Ouest-Australie ne gagne que 2 251 immigrants, tandis que tout le reste du Commonwealth en gagne 1 253 seule-

ment. Dans la période 1901-1007, la moyenne annuelle des excédents d'immigration est de 2 667 pour la Fédération, de 7 478 pour Ouest-Australie, de 6647 pour Nouvelle-Galles. Dans les autres Etats, l'émigration l'emporte sur l'ynmigration avec moyennes annuelles de 7 816 en Victoria, 1 641 en Tasmanie, 1 355 en Queensland, 646 en Sud-Australie.

A certaines années la population de Victoria et celle de Tasmanie se sont trouvées en diminution.

Ainsi le gouvernement fédéral, bien qu'il désire réserver « l'Australie aux Australiens » s'est-il décidé h <■ ni l'ouvrir les barrières qu'il avait d'abord opposées à l'immigration. Les subventions d'État pour faire venir des colons blancs, supprimées partout de 1899 à 1001, ont été autorisées de nouveau en 1906. Queensland et Ouest-Australie en ont profité sans retard, Victoria les a imités en 1907 ; le système se généralise : 680 immigrants assistés ont été appelés en 1908, 2 845 en 1907.

Au début de la Fédération l'entrée avait été interdite aux ouvriers même blancs arrivant avec un contrat de louage. Le Contract Immigrants Act de 1905 les admet à condition que le contrat, rédigé par écrit, ait reçu l'approbation du ministre des Affaires étrangères. En 1907, 972 i mmigrants de cette catégorie, dont 731 Anglais, ont été admis; 912 s'étaient engagés pour la culture des cannes à sucre au Queensland.

La loi de 1901 dont le titre est caractéristique — Immigration Restriction Act — a été remaniée en 1905 de manière à autoriser l'immigration avec contrat. Est maintenue dans le nouveau texte l'interdiction de débarquer

pour les indigents, les gens atteints de maladies mentales, contagieuses ou dangereuses, ceux qui ont été condamnés à un an de prison et plus pour délits non politiques et n'ont pas été réhabilités, enfin les personnes immorales.

La loi de 1901 repoussait en outre ceux qui ne pouvaient écrire une dictée de 50 mots dans une des langues européennes : il arriva que les agents chargés de ce soin choisirent la langue non point suivant le pays d'origine de l'immigrant, mais à leur gré et dans le dessein de refuser l'examiné. La loi de 1905 promet que cette formalité sera réglementée plus exactement. Elle reste d'ailleurs en usage, mais elle n'est pas appliquée aux blancs; on s'en sert pour écarter les Asiatiques et les gens de couleur. De 1902 à 1908, la dictée a fait refuser 1 251 personnes, dont plus de la moitié la première année.

Nouvelle-Zélande ne subventionne pas l'immigration. Dans cette colonie les gains de l'immigration, après avoir diminué, se relèvent légèrement à partir de 1901 et donnent une moyenne de 8 à 9 000 personnes par an au lieu d'un millier seulement pour tout le Commonwealth dans la même période.

D'autre part, la proportion des naissances a baissé d'une manière continue en Nouvelle-Zélande jusqu'en 1901, dans tout le Commonwealth jusqu'en 1903; elle continue de tomber en Ouest-Australie, demeure à peu près stationnaire en Sud-Australie, et partout ailleurs s'est très peu relevée1.

(1) Voir le tableau de la p. 283.

Les habitants de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande sont en grande majorité d'origine anglaise ou écossaise et de religion protestante. On rencontre d'importantes minorités irlandaises et catholiques à Sydney, à Melbourne, en Tasmanie. Quelques milliers d'Allemands se sont établis en Sud-Australie et au Queensland. Les immigrants étrangers au Royaume-Uni sont en faible proportion et se fondent rapidement dans la population britannique.

D'après le recensement de 1901, 77,23 p. 100 de la population du Commonwealth est d'origine australienne avec maximum de 86,02 en Tasmanie, minimum de 64,97 p. 100 au Queensland, État qui a fourni plus longtemps que les autres aux immigrants des subsides budgétaires et qui vient de les rétablir ; 18,03 p. 100 est originaire du Royaume-Uni, avec maximum de 24,34 au Queensland, minimum de 1 1,32 en Tasmanie.

Aucune autre partie de l'empire britannique n'a une population aussi exclusivement anglaise que l'Australasie.

L'immigration chinoise a été complètement arrêtée par des mesures restrictives prises dans chaque État, à partir de 1881. La Fédération emploie pour écarter les coolies asiatiques le système de la dictée en langue européenne plus haut indiqué. Entre 1881 et 1901, le nombre des Chinois tombe, en Victoria de 24 732 à 7 349, en Nouvelle- Galles de 12988 à 11 263. Au recensement de 1901, le Commonwealth comptait 394 Chinoises et 29 513 Chinois, soit 29 907 au total, 426 Japonaises et 3 167 Japonais, soit 3 593 au total, dont 2269 dans la partie tropicale du Queensland; enfin, 8 285 sujets de l'Empire des Indes,

LE PASSE ET LE PRESENT DE L AUSTRALASIE 2o

dont 1 700 femmes, et 4 505 autres Asiatiques, dont 7:2 1 femmes.

L'immigration polynésienne et canaque a été interdite avant la Fédération, partout sauf dans la partie tropicale du Queensland1. On comptait alors 9 327 Océaniens dans cette région. Par le Pacific hland Labourers Act 1901, le gouvernement fédéral a défendu d'introduire des Canaques bu Polynésiens, et a ordonné de faire partir pour le 1er janvier 1906 au plus tard ceux qui étaient employés dans le Commonwealth.

Ainsi s'applique la politique de l'Australie blanche — White Australia — , formule qui complète et précise celle que j'ai déjà citée, « l'Australie aux Australiens ».

(1) Voir page 139.

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