ETENDUE
Nombre.
Superficie totale.
Nombre.
Superficie totale.
hectares.
hectares.
hectares.
moins de 4 . ...
Plus de 20,000 ....
Total ....
(1) Superficie maxirna d
e la petite tenure qu'on peut acquérir
dans des conditions spécia
lement favorables (p. 56).
(2) Superficie maxima de
a propriété en terres de lre classe qu'une
seule personne peut acquér
ir dans les conditions ordinaires (p. 47).
En résumé, la grande propriété diminue, la petite augmente, mais pas aussi rapidement qu'on l'ait pu espérer, la moyenne propriété se défend.
Le cas paraît être le même pour l'Australie ; mais ici les statistiques ne sont pas assez complètes pour qu'on puisse dresser un tableau d'ensemble.
Avances de l'État aux moyens et petits cultivateurs (parti culièrement en Nouvelle-Zélande).
Pour donner une idée complète de l'esprit nouveau qui
anime les lois sur les terres en Nouvelle-Zélande, il me reste à parler des prêts consentis par l'État aux moyens et petits cultivateurs. Il en a été question plusieurs fois dans les pages qui précèdent. Voici pourquoi et comment le gouvernement accorde ces avances.
En Nouvelle-Zélande, comme dans tous les pays neufs. il est impossible à un seltler de s'établir sans un capital qui lui permette d'acheter la terre, de la défricher, de construire une maison et d'attendre sans mourir de faim ses premiers revenus. Or, les moyens et petits colons, auxquels va de préférence la sollicitude du gouvernement . ont peu d'argent et se procurent le capital de premier établissement par des emprunts dont le taux est presque toujours supérieur à 5 p. 100. D'autre part, le gouvernement jouit d'un crédit suffisant pour emprunter en Angleterre à 3 p. 100. Le gouvernement a dont imaginé de mettre son crédit au service des colons et il y a été autorisé par une loi de 1894 (Government Advances to Settlers Act, amendé en 1899).
Cette loi autorise le gouvernement à émettre pour £ 3 000 000 (75 millions de francs) d'obligations à 3 p. 100. De 1894 à 1897, le terme final a été reculé et le crédit augmenté. Jusqu'à ce jour près de 210 millions d'obligations ont été émises à Londres et ont trouvé preneur audessous du pair (en moyenne à 94,40 environ). Les sommes ainsi empruntées sont avancées aux colons sur hypothèques et mises exclusivement à la disposition de la moyenne et de la petite propriété formée en vertu des lois foncières promulguées depuis 1885. On ne prête pas moins de 625 francs, pas plus de 73 000; l'administration
se réserve le droit d'accueillir les demandes avec ou sans réduction. L'intérêt est de 4 p. 100, le bénéfice de 1 p. 100 environ pris par le gouvernement étant destiné à couvrir ses frais et à amortir les pertes. Les demandes d'emprunt sont reçues par une administration spéciale qui les examine et peut, soit les rejeter, soit réduire le chiffre demandé. Quand le prêt est accordé, il est remboursable par versements semestriels calculés de manière à comprendre l'intérêt, plus une prime d'amortissement.
Uu 23 février 1895, date initiale, au 31 mars 1908, l'administration des avances avait accepté 22 456 demandes pour une somme totale de 200 898 250 francs. Elle avait fourni 19 883 avances, s'élevant à 173 447 550 francs.
On appréciera l'avantage que présente ce système de crédit foncier national, si l'on sait qu'en 1907, 60 p. 100 des emprunts étaient destinés à rembourser des créances particulières dont l'intérêt était supérieur à 3 p. 100 l.
La libéralité de Nouvelle-Zélande est supérieure à celle des autres colonies. Toutes, cependant, ont cherché à favoriser l'établissement des petits colons en leur faisant des avances2. Sud-Australie prête de l'argent aux membres des communautés de village et aux tenants des blocks, dont il sera question plus loin. Victoria avance aussi des fonds aux entreprises tentées pour établir les sans-travail dans la campagne ; elle prête encore aux fermiers qui veulent établir des crémeries, beurreries, et d'autres entre-
(1) The New Zealand Officiai Year Book, 1900. p. 426-434 ; 1908, pp. 568 et 662.
(2) Officiai Year Book of the Commonnwealth et les autres annuaires indiqués donnent chaque année un sommaire de la législation des différentes colonies à ce sujet.
prises coopératives, elle peut avancera tout colon dont la demande est reçue jusqu'à 7 500 francs" à 5 p. 100 d'intérêts. Nouvelle Galles va jusqu'à 1 250 francs. Qùeensland consent des avances aux sucreries coopératives de petits producteurs. La Fédération, par deux lois — The Sugar Bounty Act 4905 et The Bouillies Act 1907 — , promet des primes d'exportation au sucre, puis à toute une série de denrées si elles sont produites exclusivement par la main-d'œuvre blanche : c'est un encouragement au petit propriétaire qui travaille sa terre avec sa famille, tandis que le grand emploie des ouvriers de couleur.
Partout enfin se manifeste une sollicitude marquée pour les cultivateurs moyens et petits, un désir évident d'intervenir pour les encourager et pour augmenter leur nombre. Les efforts des pouvoirs publics ont de grandes chances de succès, car ils vont dans le même sens que l'évolution économique et sociale. Après avoir été le pays de la laine et de l'or, l'Australasie s'est mise à produire la viande, les beurres et fromages, les fourrages, le blé. La superficie cultivée s'étend de plus en plus ; le nombre des farmers augmente, et le^ grands propriétaires trouvent plus de profit à vendre leurs domaines par morceaux qu'à les mettre en valeur. A ces changements correspond une transformation de la société. La classe dominante a été longtemps celle des grands éleveurs de moutons; le pouvoir est aujourd'hui sous le contrôle des ouvriers et des farmers coalisés.
(1) Voir encore, sur la question agraire, le chapitre suivant (colonies ouvrières; maisons et jardins ouvriers) (l'état et l'exportation des produits agricoles).