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Tasmanie ....
Commouwealth .
En 1907, Nouvelle-Zélande enregistrait 31a2 associations ouvrières — toutes celles de la eolonie sauf 9 — avec un effectif de 45.614 membres '.
A l'organisation dont je viens de parler se juxtapose le parti ouvrier politique {Labour Party). Il a pour base, dans chaque État, les comités de circonscriptions électorales {branches); ses membres peuvent être et sont souvent recrutés en dehors de la classe ouvrière. Mais, avec les « branches », syndicats et Bourses du travail envoient des délégués à un Conseil du parti du Travail (Political Labour Council).
Des efforts ont été faits pour grouper le mouvement syndical et parti ouvrier, dans tout le Commonwealth. Avant la Fédération, déjà des conférences étaient tenues, qui réunissaient des représentants venus de toutes les colonies. Au parlement fédéral, les élus des partis ouvriers locaux se sont entendus, ont choisi un leader, ont même réussi à prendre un instant le pouvoir. Ce fut le ministère,
(1) Officiai Yearbook of tlie Commonvoealtli. 1908, p. 8t>6 ; .V. Z. Officiai Yearbook. 1908, p. oVJ.
Watson, qui comprit les chefs des partis ouvriers locaux et qui dura du 27 avril au 17 août 1904.
Malgré tout, la force des syndicats et celle du parti ouvrier réside encore dans les organisations d'Etat : c'est encore là qu'il faut l'étudier.
DEUXIÈME PARTIE. — PARTIS OUVRIERS LOCAUX A LA VEILLE DE LA FÉDÉRATION »
J'ai cru devoir conserver, ici avec quelques rectifications, le tableau des partis ouvriers locaux que je présentais d'après mon expérience personnelle, lorsque parut la première édition du présent ouvrage.
Sud- Australie. Influence d'un parti ouvrier dans un pays agricole2.
En Sud-Australie, pays de fermiers, sans mines, presque sans industrie, le parti ouvrier est concentré surtout dans la capitale, Adélaïde et à Port-Adélaïde. Il a deux bases : les syndicats et les organisations politiques. Les syndicats sont groupés en une fédération dont le centre est le Trades Hall, qui correspond à peu près à notre Bourse du travail. Le Trades Hall d'Adélaïde a été bâti aux frais des syndicats et sur un terrain acheté par eux : nos Bourses du travail sont plus heureuses; elles obtiennent généralement terrains et locaux des municipalités qui
(1) Anton Bertram, Le mouvement ouvrier en Australasie, dans la Hernie d'économie politique, 1897, p. 33, a donné les programmes de différents partis ouvriers.
(2) Voir le journal du parti ouvrier, The Herald, hebdom., — la brochure de M. Batchelor, The Labour Par ty, 1895, — les discours de M. Kingston.
l'action ouvrière 119
souvent même y ajoutent une subvention ; les syndicats d'Adélaïde avaient bien demandé au conseil municipal de leur donner l'emplacement, mais le conseil, élu au sulïrage censitaire, par ceux qui paient un impôt direct, n'a pas jugé à propos de faire le cadeau que les ouvriers sollicitaient. L'achat et la construction ont coûté fort cher et ont été payés à l'aide d'emprunts dont le service et le remboursement sont confiés h une commission spéciale. La fédération s'est endettée pour de longues années, mais elle fait face à ses obligations.
Le bâtiment comprend plusieurs bureaux assignés aux secrétaires des syndicats, les moins importants se groupant à plusieurs dans la salle, comme a la Bourse du travail de Paris. Il comprend encore un grand hall destiné aux meetings et plusieurs salles de réunion. Les syndicats individuels y tiennent des réunions particulières pour leurs affaires spéciales selon les arrangements .conclus avec le secrétaire. Le Conseil, formé par les délégués de tous les syndicats, sorte de parlement corporatif local, se réunit dans la grande salle tous les quinze jours. J'ai assisté à l'une de ces réunions qui fut tenue la veille des élections .générales. Malgré les circonstances, on n'y traita que les affaires du Trades Hall et celles de l'union des syndicats.
On ne voit ici qu'une face du Labour Party. Pour saisir l'autre, il faut visiter plusieurs institutions dont la plus intéressante est le Démocratie Club. Cette organisation occupe un bâtiment spécial, loué, meublé et organisé par elle-même : en bas, un bureau, des salles de lecture, de réunions privées, de billard et un café. En haut, tout l'étage est occupé par une salle de conférences et de réu-
nions publiques assez vaste pour contenir plusieurs centaines de personnes. Chaque dimanche, on y fait régulièrement une conférence, suivie d'un débat public. C'est là, paraît-il, que les jeunes orateurs parlementaires du parti ouvrier ont appris l'ait de la parole et de la discussion. Les sujets sont des plus variés. On a traité : la colonie vers 1848, l'émigration, le programme du parti ouvrier, différents points de morale, le spiritisme. Les orateurs appartiennent à toutes les nuances démocratiques et à tous les partis de réforme sociale.
Les membres eux-mêmes professent les opinions les plus variées; la seule qualification exigée pour l'admission dans le Club est une moralité parfaite. On rencontre dans cette association des ouvriers et des agents de change, des membres du parlement et des épiciers, des disciples de George, des gens teintés de socialisme et des démocrates chrétiens. Il ne faut pas oublier qu'en pays anglais, beaucoup de réformateurs appartiennent à des minorités religieuses dissidentes et tiennent beaucoup à leur foi particulière. Ici, comme en Angleterre, certains leaders des partis avancés font la prière avant le diner. Adélaïde, la capitale d'une colonie qui passe pour être à demi socialiste, est véritablement la cité des églises ; chaque confession y a son clocher et ses fidèles.
Dans toute la colonie, comme dans la capitale, la charpente du parti ouvrier est formée de Trades Halls ou groupements corporatifs, qui en sont l'élément le plus constant et le plus solide, et de Clubs ou sociétés politiques. Le parti ouvrier uni (United Labour Parly) s'étend sur toute la colonie, a un congrès périodique qui rédige et
modifie son programme et qui nomme le comité directeur. Ce comité, composé presque exclusivement d'ouvriers ou anciens ouvriers manuels, siège au Tirades Hall d'Adélaïde.
Le parti ouvrier sud-australien, formé comme ceux des autres colonies en L890, a commencé modestement; il n'eut d'abord que deux députés à l'Assemblée législative Dans l'Assemblée élue en 1899. il occupait douze sièges ; ses représentants sont presque tous des ouvriers ou des employés syndiqués : le parti n'exclut pas les bourgeois, mais en fait, il est plus prolétarien que les partis de Melbourne ou de Sydney. A la Chambre, il devint un des éléments nécessaires de la coalition qui soutenait contre les conservateurs le ministère radical Kingston, et ce ministère, formé en 1893, a duré plus de sept ans dans un pays qui avait eu auparavant trente-sept ministères en quarante et un ans.
Le ministère Kingston était entièrement composé de libéraux appartenant à la classe moyenne, mais il s'appuyait continuellement sur le parti ouvrier. Aux élections générales d'avril 1899, le premier ministre s'était présenté aux électeurs d'Adélaïde sur la même liste que le leader du parti ouvrier, à peu près avec le même programme, et tous deux ont fait ensemble leur campagne. Le premier ministre d'alors, M. Kingston, est le fils de Sir George Kingston, un des fondateurs de la colonie. Le leader du parti ouvrier, M. Batchelor, fut instituteur dans une ville industrielle, puis ouvrier et employé de chemins de fer avant d'entrer au parlement. Ces deux hommes d'origine si différente sont arrivés à avoir beaucoup d'articles communs dans leurs programmes.
M. Kingston a établi des impôts progressifs sur les suc-
cessions, le revenu, la terre, appliquant pour la première fois en Australasie le principe de la progression. Il a institué la conciliation officielle en cas de grève, fait voter plusieurs lois de protection ouvrière, établi des villages coopératifs pour les sans-travail, fondé une banque dÉ'tat, donné des avances aux colons sur le budget, accru l'importance des travaux publics, créé un établissement gouvernemental de congélation et d'exportation pour les produits agricoles ; il a maintenu le protectionnisme, les lois contre l'immigration chinoise et l'interdiction d'employer des ouvriers noirs, enfin donné le droit de suffrage aux femmes sur l'exemple de la Nouvelle-Zélande. Il promettait dans ses affiches électorales une loi pour diminuer les heures de travail des employés de magasin, l'établissement d'une caisse de retraites pour les vieillards, l'expropriation des grands propriétaires pour cause d'utilité publique, tous projets imités de la Nouvelle-Zélande, enfin le suffrage universel pour l'élection de la Chambre haute1.
Le programme ouvrier ne différait du sien que par les détails : rien d'étonnant à ce fait puisque les représentants du Labour Party ont constamment soutenu M. Kingston de leurs votes ; ils continuent pourtant h former une organisation spéciale, exclusive, qui se coalise avec les progressistes sans se fondre en leur sein. Mais, quel que soit le souci de rester « parti ouvrier », leur intérêt les oblige à voter avec la gauche, parce que Sud-Australie est une colonie agricole, où les centres industriels sont peu nom-
(1) La politique n'a guère changé en Sud-Australie sous les cabinets Jenkins puis Price. Le leader du parti ouvrier est à présent M. Verrai!.
l'action OUVRIÈRE L23
breux et où les Labour Men ne peuvent être au parlement qu'une minorité.
Melbourne, le principal centre des lois ouvrières en Australie.
La colonie de Victoria est celle où les premières mines d'or ont été découvertes et celle où la population s'est augmentée le plus rapidement. Les premiers colons y sont venus en 1832, la fièvre de l'or y a commencé en 1851 : cette jeune colonie était, il y a quelques années, la plus peuplée de toutes ; après la crise de 1892 et la découverte de nouvelles mines d'or en Ouest-Australie, elle perilit en quelque temps plus d'habitants qu'elle n'en gagnait par l'immigration ou l'excédent des naissances. A peu près stationnaire, sa population est de 1 248095 habitants; il faut noter que la majorité vit dans des villes et se compose des salariés; nulle part, en Australasie, la proportion de la population urbaine n'est aussi forte. Melbourne, la capitale, ne comptait, en 1836, que 183 hommes et 38 femmes : c'est aujourd'hui une ville de 538 000 habitants. Relevée de la crise financière et industrielle de 1892. elle renferme près de la moitié de la population victorienne. Port de mer, centre de commerce et d'industrie, elle est le point de départ de tous les chemins de fer de la colonie : bâtie de neuf, construite sur un plan américain, en blocks ou carrés, avec des rues droites, bien entretenues, desservies par des tramways mécaniques, bordées de hautes maisons où s'étagent des bureaux reliés par des ascenseurs, elle rappelle les villes des États-Unis par son aspect, ses magasins, son activité, bien tombée pourtant
12î LE SOCIALISME SANS DOCTRINES
depuis la crise; comme elle a obtenu, malgré Sydney, sa rivale, d'être choisie pour capitale provisoire du Parlement fédéral, les affaires y ont repris et la population augmente de nouveau*
Cette grande cité à croissance rapide attira dès l'origine un grand nombre d'ouvriers. Lorsque le suffrage universel eut été établi, Melbourne devint naturellement un centre de législation industrielle ; l'effort de ses électeurs ouvriers est secondé par ceux des mines d'or, de charbon et de quelques ports qui exploitent ce que Melbourne leur laisse du commerce de la colonie. Melbourne et les centres industriels oulvote, écrasent par leur vote, suivant l'expression concise et frappante de la langue anglaise, tout le reste de la colonie.
Victoria a été la première en Australasie à obtenir de son gouvernement un tarif protectionniste, réclamé à la fois par les patrons et les salariés, qui voulaient s'assurer le monopole du marché local. Ce fut la première et pendant longtemps la seule intervention de l'État dans le jeu de l'offre et de la demande.
Au début, les ouvriers, presque tous d'origine anglaise, suivaient l'exemple de leur patrie. Us ne demandaient rien à l'État et se bornaient à discuter les conditions du travail avec leurs patrons par l'intermédiaire des syndicats. C'est ainsi qu'ils furent les premiers dans le monde à gagner la journée de huit heures (1 806) ; chaque métier l'obtint pour son compte par une série d'arrangements privés qui n'ont jamais été confirmés par une loi l.
(1) Voir le chapitre suivant, pp. 146-151.
Pendant longtemps les syndicats se crurent en possession d'obtenir tout des patrons, sans recourir aux pouvoirs publics, et ils dédaignèrent de rien demander au gouvernement. Ils étaient, en effet,- extrêmement puissants. Leur force et leur richesse d'autrefois éclate dans le Trades Hall dé Melbourne. C'est un édifice monumental, bâti en pierres de taille, au coin de deux larges rues. On y voit une salle des pas-perdus, des bureaux, des bibliothèques et des salles de lecture pour les différents syndicats, un grand hall des fêtes pour les bals et réunions, un amphithéâtre pour les séances du Trades Council ou Conseil général de la fédération des syndicats. A côté subsiste le Trades Hall primitif, construit il y a cinquante ans, simple baraque de planches avec des bancs, conservé pour donner une idée du progrès de la puissance syndicale pendant un demi-siècle.
Le Trades Hall de Melbourne a été construit entièrement avec de l'argent fourni par les syndicats ou emprunté sur leur garantie. Il n'est pas, comme certaines Bourses du travail françaises, le cadeau d'une municipalité bienveillante. Il passe pour le plus remarquable des édifices de son espèce à la surface du -globe, et il le serait s'il ne lui manquait une chose, être achevé. La partie construite ne forme, en effet, qu'une aile du grandiose édifice rêvé par les syndicats de Melbourne et dont le secrétaire montre aux visiteurs le plan et l'élévation encadrés et suspendus au-dessus de son bureau.
Si les syndicats de Melbourne n'ont pu exécuter le projet tout entier, c'est que les circonstances ne sont pas prêtées à leurs ambitions. Ils avaient cru que le développement de la colonie et de sa capitale continuerait indéfi-
niment. La crise de 1892 survint, les constructions restèrent inachevées, beaucoup de fabriques et d'ateliers se fermèrent, un grand nombre d'ouvriers durent émigrer pour chercher du travail. Depuis cette épreuve, les syndicats ont diminué de moitié, et ils sont loin aujourd'hui d'avoir réparé leurs pertes.
En outre, les syndicats avaient trop présumé de la faiblesse des patrons. Ceux-ci se coalisèrent et, nous l'avons vu, firent échouer la grande grève maritime de 1890. A Melbourne, comme dans le reste de l'Australasie, les chefs ouvriers se décidèrent alors à entrer dans la lutte politique. Le parti ouvrier de Victoria a été constitué comme les autres par les délégués des Trades Hall et des sociétés politiques réunis en congrès. Lors de mon passage, il comptait dans l'Assemblée législative dix-sept membres, les uns anciens travailleurs manuels, arrivés par les syndicats, les autres avocats, médecins, journalistes, issus des clubs ou des comités électoraux.
La concorde ne régnait pas toujours entre les deux éléments du parti. J'ai assisté à une réunion du Conseil général des syndicats (Trades Council) de Melbourne, siégeant au Trades Hall, réunion dans laquelle étaient discutés les rapports entre les organisations ouvrières et les députés qui se réclament du Labour Party. Il s'agissait de décider si le Trades Council, composé exclusivement d'ouvriers syndiqués, admettrait désormais à ses séances tous les députés dits ouvriers, ou s'il resterait ouvert seulement à ceux qui ont débuté dans la vie comme salariés, qui appartiennent aujourd'hui encore à un syndicat, et qui joignent à leur qualité de représentant du peuple
une délégation formelle de leur syndicat. La majorité des délégués présents se prononça contre les simples députés. « A quoi servent-ils ? s'écriait un des orateurs. Ils touchenl leur 7 000 francs par an et c'est tout ! Quand vous leur demandez de présenter une loi, ils prétendent qu'ils sont là pour les affaires de leurs électeurs, non pour celles des syndicats. Leur groupe s'intitule parti ouvrier ! Allons donc ! C'est un Go you please Parly ! » Finalement, l'admission a été refusée aux députés qui ne sont pas membres d'un syndicat.
Si peu cohérent qu'il soit, le parti ouvrier de Victoria a pris beaucoup d'influence à l'Assemblée. Il n'y forme qu'une minorité, mais comme le gouvernement et l'opposition ont à peu près les mêmes forces, le ministère, pour obtenir les voix du Labour Parly, lui a accordé la législation ouvrière la plus complète du monde, avec celle de la Nouvelle-Zélande.
La journée de travail a été réduite à huit heures en moyenne et le travail de nuit aboli pour les femmes et les enfants. Leur semaine se termine le samedi à midi et ne recommence que le lundi matin. Ces avantages ont été étendus aux employés de magasin. Le Sweating System a été pourchassé par une série de mesures successives, inspection des petits ateliers, des ouvriers chinois, contrôle du travail à domicile; enfin le soin de fixer un tarif minimum de salaires dans certaines industries a été confié à des conseils mi-partis de patrons et d'ouvriers1.
L'importance de la législation industrielle en Victoria
(1) Pour le détail de ces mesures, voir pp. 171-180.
montre comment une capitale congestionnée et une habile organisation des intérêts ouvriers peuvent avoir une influence considérable sur un parlement et un ministère qui ne sont pas socialistes.
La ville de Sydney et la colonie de Nouvelle-Galles du Sud. Un parti ouvrier divisé*.
La Nouvelle-Galles du Sud, la « colonie mère », la plus ancienne et la plus peuplée, a pour capitale Sydney, l'une des deux grandes cités australiennes, tantôt plus, tantôt moins peuplée que sa rivale Melbourne, suivant les fluctuations du commerce, del'industrie, de l'immigration. Le territoire de la colonie étant plus étendu et renfermant plus d'habitants que celui de Victoria, Sydney ne domine pas Nouvelle-Galles autant que Melbourne domine Victoria. Il y a même quelque antagonisme entre les districts éloignés et la capitale; lors du vote de la Fédération, Sydney était pour le statu quo, et la plupart des circonscriptions extérieures pour l'union des colonies; on parlait même de séparation, de nouveaux États, de rattachements possibles à Victoria. Un journal fédéraliste représentait Nouvelle-Galles sous la forme d'un pauvre mouton dont Sydney, représenté par un oiseau de proie, se repaissait et s'engraissait. Rien d'étonnant si les partis sont plus instables et plus divisés encore en Nouvelle-Galles que dans le reste de l'Australasie.
Le parti ouvrier a comme bases importantes : Sydney
(1) G. Black, député, Labor in Politics, brochure, Sydney. Une collection de brochures et journaux, relative à l'agitation ouvrière, à Sydney depuis 1890, se trouve à la bibliothèque des ministères du Commerce et du Travail.
l'action ouvrière 129
et ses faubourgs; — trois cenlrcs houillers dont le plus important est Neweastle, qui produit les 4/5 du charbon australasien et qui possède un port très actif; — plusieurs centres miniers, dont le principal est la métropole de l'extraction de l'argent en Auslralasie, Broken II 111, élevé sur un rocher au milieu d'un affreux désert, près des frontières de Sud-Australie. Enfin les circonscriptions rurales, qui forment la majeure partie du territoire, donnent au parti ouvrier les voix des tondeurs de moutons. Nouvelle-Galles est, en effet, la première des colonies pour la production de la laine : elle compte 45 millions de moutons, autant que l'Angleterre et la France tout ensemble.
La colonie était divisée, comme les autres, par la question du libre-échange et de la protection ; seule, en Australasie, elle était restée fidèle au libre-échange, à part quelques exceptions. C'est la liberté commerciale qui le taisait voter contre la Fédération. Comme Sydney le craignait en effet, le Commomvealth a étendu à toute l'Australie les tarifs protecteurs.
La diversité desintérêtsen Nouvelle-Galles a créé, entre les partis, des divisions dont le parti ouvrier n'est point resté exempt. Sorti, comme tous les autres, du grand mouvement qui suivit la grève générale, le Labour Parti/ se forma grâce à la coopération des syndicats et des groupes politiques, fut représenté à l'Assemblée législative dès les élections de 1891 et finit par y compter jusqu'à 34 membres en 1894. Il est alors le plus nombreux des partis ouvriers australasiens et on parle déjà de sa participation possible au pouvoir; suivant la tactique habituelle il se borne h soutenir le ministère qui lui est favorable, mais reste hors