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Victoria 71.968
Sud-Australie. . . . 20.895
Comme Sud-Australie, Nouvelle-Galles a renoncé à l'arbitrage obligatoire pour adopter les conseils des salaires, mais elle ne l'a fait qu'en 1908, après avoir plusieurs fois tenté d'améliorer sa loi d'arbitrage et de conciliation. Le changement de méthode dans cet État consacre la plus belle victoire du système victorien.
En 1908 également Queensland a introduit chez lui ces Wages Boards1.
Cette pratique tend donc à devenir celle de l'Australie, tandis que l'arbitrage reste le procédé néo-zélandais.
Les difficultés.
En somme, l'institution des Conseils de Victoria est, comme le dit justement l'inspecteur en chef, la première tentative légale faite dans le monde pour réprimer le Sweating System : elle a fini par s'étendre à toutes les
(1) Officiai Yearbook of Ihe Commonwealth. 1909, pp. 1064-1060, 1070-1073.
Cet annuaire p. 1066, constate que les Boards of Conciliation établis en Angleterre par une loi de 1907, en dépit de leur nom ressemblent aux Wages Boards et non aux institutions qu'étudie le chapitre suivant.
industries, elle a abouti à la fixation d'un salaire minimum. Elle s'est heurtée à deux grandes difficultés :
1° Dans la journée de travail réduite par la loi et avec le minimum de salaire fixé par jour ou par heure, peut-on empêcher le patron d'exiger un travail plus rapide et plus intense, ce qui entraîne l'exclusion des ouvriers lents et maladroits ?
En 1896, aucune proposition n'avait été faite pour parer à ce danger. Aujourd'hui les chefs du service de l'inspection du travail, en Victoria et en Sud-Australie, ont le droit de permettre, sur demande, aux catégories d'ouvriers disgraciés par la nature de travailler au-dessous du tarif minimum pendant un an avec faculté de renouvellement. En 1906, 413 exceptions avaient été accordées par Victoria à des ouvriers vieux et infirmes, 88 à des travailleurs lents, 1 par Sud-Australie sous la dernière raison.
'2° Comment fixer le salaire aux pièces ? La loi charge les Conseils de répondre à cette question. Malgré les hésitations et les erreurs du début qui m'amenaient, après mon enquête de 1899, à laisser un doute sur l'avenir des conseils, ils sont parvenus à établir un minimun de salaire dans la plupart des professions.
C'est un résultat obtenu par la seule intervention de l'État ; les syndicats ouvriers ne paraissent pas avoir pu prendre le rôle que la loi, sous sa première forme, les appelait à jouer ; on ne saurait trop remarquer que, pour obtenir des résultats, on a dû faire nommer par le gouvernement les conseils qui d'abord étaient électifs.