‹ Le socialisme sans doctrines, la question agraire et la question ouvrière en Australie et Nouvelle-ZélandeChapitre 31 sur 98 · LE SALAIRE MINIMUM PAR L ABBITRAGE OBLIGATOIRE · texte numérisé non relu

LE SALAIRE MINIMUM PAR L ABBITRAGE OBLIGATOIRE

L'idée de terminer les conflits entre patrons et ouvriers par la conciliation et l'arbitrage a été apportée en Australasie de Grande-Bretagne et des. États-Unis. Comme les syndicats de ces deux derniers pays, les syndicats australasiens ont demandé d'abord des conseils privés de conciliation; quelques-uns de ces conseils ont été essayés dans des industries particulières à la suite d'un commun accord entre patrons et salariés. C'est ainsi que l'industrie de la chaussure eut ses conseils de conciliation à peu près dans toutes les colonies. En Australasie comme en Amérique, la cordonnerie se fait à la machine dans de grands ateliers où les ouvriers apprennent à se connaître, à comparer leurs salaires, à échanger leurs griefs et à s'unir pour réclamer des concessions au patron; celui-ci, d'autre part, est intéressé à produire régulièrement, et par conséquent à éviter des grèves. Dans ces circonstances, il n'est pas étonnant que la fabrication mécanique des chaussures ait été l'un des premiers métiers où l'on essaya la conciliation privée. A Lynn, Massachussetts. l'un îles centres où les machines ont été pour la première fois appliqués à la cordonnerie, les ouvriers et les patrons

LA CONCILIATION ET l' ARBITRA SE 18"»

formèrent, d'un commun accord, un conseil de conciliation dès le 21 juillet 1870 J. Des conseils analogues furent créés plus tard dans le même métier en Sud-Australie, en Nouvelle-Zélande et dans plusieurs colonies austral'asiennes.

C'était l'époque où les syndicats d'Australasie ne croyaient pas à l'utilité de l'action politique, présentaient directement aux patrons leurs demandes, et cessaient le travail quand ils n'obtenaient pas satisfaction. Cesmoyens leur réussirent longtemps. Mais la grande grève de 1890 aboutit aune défaite pour plusieurs syndicats ; les ouvriers crurent alors que leur salut était dans l'intervention de ces pouvoirs publics qu'ils avaient si longtemps considérés avec défiance. Ils nommèrent des députés ouvriers et désormais les revendications ouvrières prirent la forme de projets de loi. Entre autres propositions, on demanda à l'État d'établir la conciliation officielle, et même l'arbitrage obligatoire. Des lois établissant la conciliation ou l'arbitrage par l'État ont été adoptées successivement en Nouvelle-Galles du Sud (1892), en Sud-Australie (1894), en Nouvelle-Zélande (1894). La première reposait sur la bonne volonté des parties, la seconde établit l'obligation dans certains cas qui ne sont pas toujours clairement définis, la troisième institue une obligation nette et universelle. Amendée en 1900, 1901, 1903 et 1904, la loi néo-zélandaise a été refondue en 1905, puis de nouveau amendée la même année et en 1906. Elle a servi de modèle h la loi d'Ouest-Australie (1900 et 1902), à une nou-

(1) Bulletin of the Department of Labor (États-Unis), janvier 1897.

velle loi de Nouvelle-Galles (1901 et 1905) qui a remplacé celle de 1892, mais qui a été abolie en 1908, enfin à la loi fédérale de 1904 £.

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