Principes du socialisme, 1837, p
démocratique de Tégalité des citoyens; elle a constitué, dans l'ordre politique, le système représentatif qui, en tant que reposant sur un principe d'élection indépendant de la naissance, est bien l'organisme politique de la société nouvelle... Mais elle a laissé sans organisation,"* sans direction et sans règle aucune l'ordre industriel tout entier. Elle a laissé au laissezfaire le plus absolu, à la concurrence la plus anarchique, et par suite au monopole des grands capitaux, l'Atelier social et économique tout entier, c'està-dire tout le domaine de la production et de la répartition des richesses... Malgré le libéralisme métaphysique du droit nouveau, malgré la destruction légale du droit ancien, du droit aristocratique, malgré l'égalité constitutionnelle des citoyens devant la loi et les fonctions publiques ; malgré l'abolition des privilèges légaux dans le domaine industriel, Tordre social actuel n'est encore qu'un ordre aristocratique, non plus il est vrai, de principe et de droity mais de fait, »
Pour les socialistes de tradition française, sans exception, le socialisme n'est que le corollaire de la Révolution française, l'application de ses principes dans la politique extérieure et intérieure.
La politique extérieure du socialisme français : patriotisme et nationalisme révolutionnaires. — La tradition sociale du socialisme français. — Socialisme français et philosophie française. — Les sources de l* « utopisme » : rationalisme et optimisme. — Le socialisme français et le catholicisme. — Principes et méthodes du socialisme français.
La lutte qui a déchiré le parti socialiste français pendant la guerre, se ramène aussi à un conflit de traditions-. Pour les tenants du marxisme, dont la doctrine « zimmerwaldienne » n'a été que l'expression exacte^, l'indépendance nationale n'était qu'un mot, la défense nationale une duperie, la Société des nations une « chimère bourgeoise » : la guerre des classes ayant seule un sens, les prolétaires n'ayant « point de patrie », peu importait que le pangermanisme, triomphât et que les Polonais, les Tchèques, les Alsaciens et les Lorrains restassent opprimés : aussi se prononçait-on pour « la paix à tout prix » et « contre le démembrement des Empires centraux ».
De l'autre côté on déclarait que l'indépendance nationale était un bien inestimable ; que les prolétaires auraient à souffrir plus que toute autre classe de l'abaissement de leur patrie; que dans une lutte entre Timpérialisme et les démocraties aucun socia-