‹ Le socialisme suivant les peuplesChapitre 6 sur 37 · Septembre · texte numérisé non relu

Septembre

découper dans un ensemble fort complexe une catégorie déterminée d'idées et d'actes pour leur réserver la dénomination de socialistes.

Il n'y a pas le socialisme. Il y a des socialismes. II y eu à diverses époques, il y a dans différents pays, des hommes de races différentes, de tempéraments différents, de formation intellectuelle et morale différente, agissant dans des milieux différents, qui ont ceci de commun qu'ils se disent et se croient socialistes.

Nécessité de ne pas prendre les mots pour des choses et d'opérer les dissociations d'idées imposées par les faits. — Exemple du socialisme platonicien : il repose sur l'idée de l'inégalité essentielle des hommes; il est destiné à rendre possible et légitimer l'oligarchie; la seule classe exclue de la propriété est celle des gouvernants; antécédents helléniques du socialisme platonicien. — Exemple de l'Etat socialiste des Jésuites au Paraguay : la plus grande et la plus parfaite expérience communiste de l'histoire réalisée sous un régime de théocratie absolue. ,

C'est une source toujours renaissante d'erreurs que le penchant à prendre « la paille des mots pour le grain des choses ». On se figure avoir des idées dans l'esprit lorsque l'on a seulement des mots dans la bouche. On manie des signes qui par eux-mêmes ne signifient à peu près rien.

Les termes vagues et généraux dont est plein le vocabulaire de la politique sont particulièrement trompeurs. On en use le plus souvent sans aucune précaution critique. On ne prend pas garde qu'une même dénomination recouvre des contenus fort différents.

Le sens de la diversité n'est pas inné à l'homme. Il requiert toute une éducation. Spontanément nous sommes tout disposés à attribuer aux autres nos manières de penser et d'agir. Lorsque les hommes du

XVII* siècle faisaient parler sur la scène aux Indiens et aux Turcs le langage des seigneurs de Versailles, ou lorsqu'ils mettaient des perruques et des paniers aux personnages de l'antiquité romaine, ils faisaient ce que nous faisons tous plus ou moins. lia fallu de longs efforts et des siècles de recherches pour faire comprendre et surtout pour faire sentir que l'homme n'est pas partout semblable à lui-même, que ses conceptions religieuses, politiques, sociales, sa manière de réagir aux impressions du dehors, ses procédés logiques, ses fonctions mentales sont essentiellement variables selon les sociétés.

Aujourd'hui encore, ce sens de la diversité manque à la plupart, et les mêmes mots masquent souvent des réalités différentes. La simple intelligence des nouvelles que l'on lit dans les journaux continue à être faussée par le vocabulaire. Qui ne serait porté d'abord à considérer un radical serbe, c'est-à-dire un monarchiste centralisateur et autoritaire, comme l'équivalent d'un radical anglais, c'est-à-dire d'un libéral avancé, et d'un radical français, c'est-à-dire d'un républicain anticlérical et socialisant ? Qui soupçonnerait qu'un conservateur anglais est infiniment plus proche par le tempérament et les idées d'un libéral anglais que d'un conservateur prussien ? Qui peut, à moins d'avoir suivi de près l'histoire des Etats-Unis, donner un sens précis à l'opposition traditionnelle des partis républicain et démocrate dans la grande République américaine? Lesmols sontvides et insignifiants, ou décevants et trompeurs.

La véritable tâche de l'éducation est de briser des associations d'idées entretenues par l'habitude, pour opérer les associations d'idées exigées par l'étude des réalités concrètes.

Surtout lorsqu'il s'agit d'un mouvement aussi vaste et divers que le socialisme, il importe, pour corn-

prendre les faits, de se libérer des idées incomplètes et des préjugés. Deux exemples, illustrant la nécessité de ces précautions de méthode, nous feront connaître deux des plus importantes manifestations de pensée et d'organisation socialistes que présente l'histoire.

Nous sommes portés aujourd'hui, surtout en France, à lier étroitement les notions de démocratie et de socialisme. Le socialisme apparaît aux Français comme un prolongement naturel de l'idée républicaine et démocratique, et il ne peut guère dans le pays de la Révolution de 1789 être conçu autrement. Le lien entre les deux idées apparaît beaucoup plus lâche en Allemagne où, en dépit du terme de « Sozial demokratie », le socialisme est rattaché à la notion supérieure d'organisation de la société, bien plutôt qu'à celle de République. En Russie, l'application des doctrines socialistes s'est accompagnée d'un déploiement de mesures antidémocratiques expressément justifiées par la répudiation ^théorique de la démocratie. On s'en est étonné et scandalisé en France et en Angleterre, parce que l'on ne se rendait pas compte que le socialisme est essentiellement multiforme, parce que l'on considérait comme universellement valables les formules particulières de socialisme élaborées dans les pays d'Occident en raison de circonstances spéciales.

Le socialisme est-il naturellement et nécessairement démocratique? \\ suffit pour se convaincre du contraire d'étudier de près la première grande manifestation théorique du socialisme et la première grande tentative d'organisation sociale communiste, le socialisme de Platon et lEtat socialiste crée par les jésuites au Paraguay.

Les historiens du socialisme et de la pensée hellé-

nique s'accordent pour voir dans la politique platonicienne une des formes les plus grandioses de la pensée socialiste. Seul, M. Tougan-Baranowski déclare que Platon n'est pas socialiste parce que son système est aristocratique : ce qui revient à dire que le socialisme de M. Tougan-Baranowski n'est pas celui de Platon ; rien n'est plus naturel, M. Tougan- Baranowski étant un démocrate russe du xx® siècle, et Platon un noble athénien du iv* siècle avant Jésus- Christ.

Le milieu social où est née la République de Platon connaissait les agitations et les luttes que connaissent nos sociétés. Les luttes de classes les plus âpres remplissent l'histoire des cités grecques. « Chacun des Etats grecs, dit Platon lui-même, renferme au moins deux Etats: l'un composé de riches, l'autre de pauvres. » A Sparte, rapporte Plutarque, « le peuple était partagé en une multitude de pauvres qui encombraient et menaçaient la cité et un petit nombre de riches qui avaient concentré toute la fortune dans leurs mains : l'inégalité la plus absolue régnait avec toutes ses conséquences funestes ». A Athènes, au temps de Selon, «l'inégalité et la discorde entre les pauvres et les riches étaient parvenues au plus haut point: le peuple tout entier était le débiteur des riches, les pauvres devenaient les tributaires ou les esclaves des riches ». La République athénienne d'Aristote décrit aussi l'état de choses antérieur à la réforme de Selon : « Les pauvres avec leurs femmes et leurs enfants étaient comme asservis aux riches, ils cultivaient les champs des riches à condition de leur payer un sixième de la récolte. Si les cultivateurs ne payaient pas leurs fermages, on les emmenait en esclavage, eux et leurs enfants ».

Les riches, constamment menacés d'une explosion de fureur et de désespoir de leurs débiteurs, cam-

paient comme en pays ennemi dans la cité qu'ils dominaient.

Naturellement, les révolutions qui venaient périodiquement ensanglanter les cités grecques étaient sociales encore plus que politiques. « Dans toute guerre civile, dit Polybe, il s'agit de déplacer les fortunes. »

Il semble, étant donné cet état de choses, que le socialisme eût dû se présenter en Grèce sous la forme de revendications égalitaires. Le socialisme platonicien est cependant tout différent.

Sans doute il part du fait de la discorde sociale et il a l'ambition de la faire cesser. Il veut instaurer une cité vraiment une. Pour cela il faut que cesse l'antagonisme des visées personnelles et des intérêts particuliers. L'Etat doit avoir le pouvoir de subordonner aux fins du tout les égoïsmes individuels. Il ne s'agit pas, dit le Socrate de la République^ de faire le bonheur d'une classe plutôt que des autres, mais de l'Etat tout entier. L'Etat sera le gardien et le symbole de la justice.

Par quelle méthode? Pour un Français moderne l'idée de la justice sociale ne se sépare guère de celle de l'égalité; chez Platon la poursuite de la justice aboutit à des conséquences exactement opposées. Il s'agit de pourvoir l'Etat d'organes qui aient la volonté de servir et de représenter l'Etat sans être mus par aucun intérêt particulier. Il faut aller aux antipodes de la démocratie athénienne : celle-ci faisait élire par la masse les magistrats de tout ordre, juges, stratèges, etc., qui apportaient dans les fonctions qu'ils exerçaient temporairement toutes les préoccupations de leur vie quotidienne et tous les vices qui en étaient inséparables. La réforme politique de Platon consiste au contraire à détacher de la vie commune, à rendre absolument indépendantes les

fonctions publiques. Les hommes chargés de la protection et du gouvernement de la cité seront exclus de la vie économique dominée par la poursuite du bien-être et de la richesse ; ils vivront au service exclusif de la République.

Cette théorie est en étroits rapports avec celle de la division du travail social : chaque homme doit se consacrer uniquement et s'adapter à une fonction déterminée ; c'est le vœu de la nature qui a créé les hommes non point semblables, mais différents par les aptitudes du corps et de l'esprit ; c'est l'intérêt de la communauté, car chacun s'acquitte mieux de la tâche à laquelle il se donne tout entier. Ainsi le cordonnier ne doit être que cordonnier ; le soldat, soldat et non point marchand; le laboureur laboureur et non point juge. La participation de toutes les classes à la législation et au gouvernement est contre nature.

On passe de ces prémisses au communisme le plus naturellement du monde. Il faut que les gardiens de l'Etat, guerriers et magistrats, soient mus exclusivement par l'intérêt de l'Etat, qu'en eux le sens social n'ait à lutter avec aucune autre préoccupation. On les soustraira à la promiscuité corruptrice de la « classe économique » en leur assignant une sorte de campement séparé. Mais s'ils restent en possession de maisons, de champs, d'argent, il est à craindre qu'ils ne se sentent pas exclusivement dirigeants de la République, mais en même temps propriétaires, agriculteurs, capitalistes ; et que, continuant à connaître des intérêts matériels, ils n'usent de leur pouvoir pour les satisfaire. La classe dirigeante doit donc renoncer absolument à toute propriété privée. Les gardiens de la cité n'auront point d'habitation qui leur soit propre ; l'or et l'argent leur seront interdits, même sous forme de bijoux ou de vais-

selle ; ils mangeront en commun, le strict nécessaire à leur existence leur sera fourni en bloc par les producteurs ; ils seront comme « les nobles chiens maigres qui gardent le troupeau ».

Mais il ne suffit pas de les exproprier ainsi pour les affranchir de tout intérêt particulier, pour les mettre à l'abri de toute division, de toute rivalité. Il faut qu'ils soient aussi libérés des liens du sang, des affections de famille qui détruiraient en eux le complet désintéressement et dans l'Etat l'indispensable unité de volonté. De même^ donc, que la propriété privée disparaît pour faire place à la possession commune, de même la famille est abolie et remplacée par la communauté des femmes et des enfants. Le père ne doit point connaître l'enfant, ni l'enfant le père. Les unions mêmes, étroitement réglementées dans l'intérêt supérieur de la cité, sont soustraites à l'arbitraire des passions individuelles.

Les enfants nés dans cette classe, et destinés à devenir à leur tour les conservateurs et les défenseurs du bien général sont élevés en commun; la mentalité nécessaire à l'exercice de leurs fonctions est façonnée, dès la naissance, par tout un système d'éducation exclusive par VEtat : gymnastique, musique, poésie, arts plastiques, tout y est soumis à la censure supérieure de l'Etat et tout y converge vers ce but unique: la formation d'une élite de dirigeants. Dans cette éducation la religion joue un rôle important : elle a pour centre une mythologie nationaliste qui atteste l'unité d'origine des citoyens, fils de la même terre, enfants nés du sol même de la cité.

C'est bien là un système socialiste, et même communiste. A Viniérieur de In classe dirigeante le communisme est intégral, puisque la communauté s'étend non seulement à tous les biens, mais à la famille ellemême. Et, chose remarquable, la seule classe ainsi

LE SOCIALISME SlIVAXT LES PEUPLES

exclue de la propriété jjrivée est celle qui gouverne. Les classes dirigées, celles qui ne participent en rien d.u. gouvernement de la cité, gardent au contraire la libre disposition des richesses qu'elles créent : la propriété privée, la famille, l'héritage, l'éducation du foyer subsistent pour elles. L'inégalité politique a pour complément l'inégalité sociale : mais ceux qui ont le privilège du gouvernement sont exclus du privilège de la richesse.

L'histoire nous fait connaître plus d'un phénomène analogue : le plus notable est la réforme religieuse qui, au ix*" siècle, aboutit à l'introduction du célibat des prêtres et à la réorganisation du monachisme. De même que la classe dirigeante dans la cité de Platon, l'Eglise catholique ne pouvait régir la société qu'en se séparant d'elle : il fallait « arracher les évêques aux intérêts temporels qui les absorbaient, aux habitudes féodales qui les avilissaient; empêcher le clergé d'en venir à se séculariser luimôme » 1, et pour cela détacher les prêtres du monde en leur interdisant le mariage, rendre impossible l'hérédité des préiatures et des cures paroissiales, réorganiser les chapitres et les monastères en y faisant respecter les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance.

Le socialisme platonicien n'a pas au fond d'autre but que la réaction ascétique dans l'Eglise catholique du moyen-àge : dans l'un et l'autre cas il s'agit de rendre l'élément dirigeant de la société capable d'accomplir sa mission, et pour cela de l'en rendre digne.

La République de Platon n'est point d'ailleurs une simple fantaisie philosophique. Nous savons aujourd'hui, à mesure que nous découvrons plus profondé-

1. A. Luchaire, Les premiers Capétiens ^ dans Vllisloire de France de Lavisse, tome II, 2, p. 108.

ment les soubassements de la civilisation hellénique, tout ce que la philosophie grecque dut aux traditions religieuses et politiques de la race. Des mythes mômes de Platon, qui souvent expriment sa pensée la plus intime ^ on a pu établir qu'il n'en est pour ainsi dire pas un dont il soit l'inventeur : ni l'Atlantide ni le récit d'Her l'Arménien, ni la fameuse parabole de la caverne, ni le vol de l'âme, ni le fuseau de la nécessité ne sont créations du cerveau d'un homme, mais produits de l'imagination et de la réflexion de la race'^.

Le socialisme platonicien n'est pas une pure construction idéologique, mais la synthèse idéalisée de nombreuses institutions grecques. La part immense faite à l'Etat, au détriment de la liberté individuelle, si choquante pour le libéralisme occidental de la première moitié du xi-x"" siècle, devait paraître naturelle dans la cilé hellénique, qui n'était point seulement une association de citoyens, mais aussi et surtout une communauté religieuse et cultuelle. Au point de vue juridique on a pu soutenir que la personnalité n'était point reconnue comme telle, et que jamais il n'y a eu en Grèce de droit privé proprement dit.

Platon fut d'autre part hanté, comme les membres de l'aristocratie dans toutes les cités de la Ilellade, par le prestige de Lacédémone. C'est surtout à propos de Sparte que l'on a pu dire qu'il fallait « regarder les Grecs comme une société d'athlètes et de combattants» 3 : toute la constitution Spartiate était orientée vers la guerre et le maintien de l'esprit militaire.

Or il y a une affinité certaine entre le militarisme et le socialisme d'Etat, comme on l'a bien vu par l'exemple de l'Allemagne moderne : le régime mili-

1. En ce sens Brochard, Eludes, Paris, 1912, p. 48. — 2. Cf. le beau livre de Cornford, From religion to philosophy, Londres, 1912.— 3. Montesquieu, Esprit des Lois, p. iv, ch. viii.

taire, par la hiérarchie et la discipline qu'il implique, prépare les hommes à accepter aisément Temprise de l'Etat sur toute leur existence, et inversement le socialisme d'Etat, en mettant toute la vie sociale sous le continuel contrôle de l'Etat, favorise et facilite la brusque mobilisation de toute la nation en vue de fins militaires.

L'Etat, à Sparte, était, selon le mot frappant d'Isocrate, « semblable à un camp ». Les citoyens y étaient aussi intimement incorporés à la cité que les abeilles à leur ruche, dit Plutarque, qui définit le peuple lacédémonien « un essaim d'abeilles raisonnable et constitué en cité ».

Toutes les institutions de Sparte s'expliquent par l'esprit militaire qui régnait dans cette cité. L'individu n'est rien ; l'État, qui décide s'il doit vivre, s'il doit se marier, le soustrait le plus possible à la vie domestique : dans la paix même subsistent les institutions guerrières et l'ordre du camp. Les fameuses "^yssities, les repas en commun, n'ont point tant pour but de sauvegarder l'égalité entre les citoyens que de maintenir permanente l'organisation militaire : leur raison d'être, au témoignage de Plutarque, est de faciliter la mobilisation. La communauté de table prolonge celle du champ de bataille : on se réunit armés pour manger et ce sont les chefs de guerre, les polémarques qui président à ces banquets.

Que dans un Etat qui considérait la personne même des citoyens comme sa chose, la propriété des citoyens ne fût pas considérée comme leur bien propre et intangible, on ne saurait s'en étonner. Et l'on sait qu'en effet à Sparte les citoyens n'avaient point le droit de disposer de leurs terres selon leur volonté.

Quel était le but, qu'elle était la raison d'être de

ces restrictions au droit de propriété? D'abord il s'agissait d'assurer la continuité du culte des ancêtres, le bien de famille étant en même temps le lieu du culte familial. Et surtout il fallait, pour que le régime oligarchique pût se maintenir, que les bases économiques et sociales en fussent sauvegardées : il fallait" que l'existence de chacun des membres de l'aristocratie régnante fût assurée par la possession de ses terres et que, par conséqu'ènt, il fût hors d'état de les aliéner à sa guise.

En dehors de Sparte, beaucoup d'autres cités aristocratiques apportèrent au droit de propriété, dans le même but, les mêmes restrictions. Aristote note, à propos de Leucade, que la base même de la constitution oligarchique était l'inaliénabilité des patrimoines, et que le passage à la propriété privée disponible aux mains de son titulaire fut le signal de la décadence du régime, et de l'avènement de la démocratie.

De même en Prusse toute une série de dispositions législatives avaient pour but de maintenir les bases économiques de l'existence de la noblesse terrienne, considérée comme l'armature même de l'Etat : le droit de propriété subissait, précisément dans la classe privilégiée, de notables restrictions. Dans l'Etat platonicien on a vu le droit de propriété non seulement restreint, mais aboli pour la classe dirigeante et le communisme introduit pour soutenir l'oligarchie.

11 ne faut jamais perdre de vue la distinction essentielle entre la structure juridique et la fonction sociale d'une institution. Ce qui importe vraiment, ce n'est point telle loi ou telle constitution : c'en est le but. Comme l'avait déjà bien vu Montesquieu*, les

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