‹ Le socialismeChapitre 12 sur 41 · La seconde base fondamentale du grand · texte numérisé non relu

La seconde base fondamentale du grand

(i) Au cours des débats qui agitèrent le Reichstag en i88S au sujet de la prolongation de la loi contre les socialistes, M. de Herling ayant relevé vivement une déclaration d'athéisme faite par Bebel, celui-ci l'interrompit froidement en disant : « Y a-t-il là un crime ? » Dans une autre occasion, Bebel lança ces traits d'une sanglante ironie en réponse aux accusations des nationaux-libéraux: (c L'athéisme est il donc une invention socialiste ? Sont-ce les socialistes qui l'ont introduit dans le monde ? Sont-ce des écrivains socialistes qui les premiers l'ont défendu et propagé ? Faut-il donc que je vous parle sans cesse des Encyclopédistes du dernier siècle, des auteurs moraux de la révolution française ? Etaient-ils socialistes ?.. » 11 arrache ensuite le masque à ces hypocrites qui d'une part protestent de leur respect pour la Religion et de l'autre achètent, propagent et lisent avec délices des livres enseignant ouvertement l'athéisme. Enfin en termes d'une sanglante ironie ; * Vous reprochez au livre du socialiste Christensen de demander que la religion soit bannie de l'école primaire; les socialistes sont-ils seuls à le demander ? Vous, Messieurs les libéraux, n'avezvous pas proclamé de semblables principes depuis de longues années ? Contesterez- vous que la séparation de l'Eglise et de l'Ecole tst un dogme libéral, que vous avez tous accepté ! (Windthorst, « Très bien ! Ecoutez ! Ecoutez ! ») Ouij Messieurs, vous tous qui siégez de ce côté, (du côté des libéraux), vous avez proclamé les principes que M. le ministre vient de nous présenter comme quelque chose d'inouï et d'horrible... » En Belgique, le Vooruit, organe du socialisme flamand, aspostiophait comme suit l'édilité gintoise : « Multipliez les écoles neutres, fondez contre les patronages catholiques des patronages libéraux, nous applaudissons des de jx mains, car vous travaillez pour nous, vous semez de la graine de sccialis'.es. » (Note du Tr.;

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parti révolutionnaire, c'est le fanatisme de la liberté. Ici encore le socialisme combat sur le terrain et avec les propres armes du libéralisme : seulement il est plus logique que lui dans ses conclusions. Oui a le premier ébranlé la société au cri de Liberté, Egalité, Fraternité et glorifié ainsi la révolution comme un droit et même comme un devoir? Ne sont-ce pas encore les adeptes du libéralisme ? Les fauteurs de la révolution, jacobins et girondins, ces vrais ancêtres des modernes libéraux amis de l'équivoque, avaient toujours à la bouche les mots sacrés de liberté et d'égalité. C'est au nom de la liberté et de l'égalité qu'ils ont renversé l'ancien ordre de choses, aboli les privilèges de la noblesse et du clergé, effacé par de nouvelles délimitations jusqu'au souvenir de l'ancienne France, déclaré le peuple souverain et enfin conduit à l'échafaud comme un vulgaire assassin l'infortuné roi Louis seize. Sans doute, lorsque la bourgeoisie libérale eut pris en mains les rênes de l'Etat, elle s'efforça de modérer l'ardeur de ceux qui voulaient pousser trop loin l'application de ses principes subversifs. On commença par la persécution; on annihila autant que possible

l'influence de l'Eglise sur les masses. Il fallait pourtant au peuple une religion : on inaugura le culte de l'Etre suprême. Robespierre en fut à la fois l'inventeur et le pontife. Cependant les habiles n'avaient pas perdu leur temps au milieu de la perturbation générale. Ils s'étaient enrichis des dépouilles de la noblesse et du clergé ; ils s'étaient réservé leur part dans les biens de la nation. C'était le moment oujamais de faire déclarer dans laConstitution la propriété individuelle sainte et inviolable. On n'y manqua pas. Il ne convenait pas de s'arrêter en si beau chemin. L'aristocratie de la naissance et de la religion était abolie : on créa l'aristocratie de l'esprit et de la richesse. Etait-ce logique ? Avait-on bien le droit d'exiger du peuple qu'il se contentât de cette égalité qui tout en lui apportant, je le veux bien, une liberté formelle entière, le laissait pratiquement sans défense et livrait l'ensemble des masses ouvrières à l'arbitraire des capitalistes? Le peuple n'avait-il pas plutôt le droit d'exiger qu'on prit enfin au sérieux cette égalité tant vantée ? Poser la question, c'est la résoudre.

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