‹ Le SodomaChapitre 18 sur 19 · ANGE. DETAIL DUNE NATIVITE · texte numérisé non relu

ANGE. DETAIL DUNE NATIVITE

(Porta San Viene, Sienne.)

(l'un enfant, par opposition avec l'homme pleinement développé — Saint Sébastien^ Christ à la Colonne — et surtout avec le vieillard aux membres noueux — Adam de San Bernardino. Le Sodoma a rendu ces nuances avec ce sens exquis de la forme qui ne l'abandonna jamais.

On regarde avec plus de plaisir peut-être la g-rande Madone entourée de saints qui fut peinte pour l'église Santa Maria délia Spina, et qui constitue aujourd'hui une des pièces les plus précieuses du Musée de Pise. H y a bien quelque monotonie dans les types et dans les expressions; mais le groupe de l'Enfant Jésus jouant avec une des flèches de saint Sébastien rappelle, dans une note un peu mièvre, la grâce et le charme dont l'artiste avait constamment marqué ses figures d'enfants.

La plus grande obscurité règne sur les sept dernières années du Sodoma : de Pise se rendit-il jusqu'à Lucques, comme le raconte Vasari ? Aucune trace ne subsiste de son passage dans cette ville. Quand rentra-t-il à Sienne? On l'ignore. Nous apprenons par une lettre que l'Arétin lui écrivit de Venise en août 1545, et dans laquelle est évoqué le souvenir de leur intimité juvénile, lorsqu'ils s'étaient connus à Rome dans l'entourage d'Agostino Chigi, que le peintre formait alors le projet de se rendre à Piombino. Puis trois ans et demi plus tard, une lettre particulière, adressée de Sienne à l'ambassadeur de citte république à Naples, le 15 février 1549, renferme ces simples mots : « La nuit dernière, le chevalier Sodoma est mort. »

L'éclat très vif et inattendu dont avait brillé la peinture

siennoise pendant une quarantaine d'années, grâce aux travaux du Piémontais G. A. Bazzi dans cette ville, s'éteignit avec lui : il ne fit pas école. Si sa manière fut quelque temps imitée, d'ailleurs avec maladresse, il ne fut pas heureux en élèves ; avec plusieurs d'entre eux il eut même des démêlés plutôt désagréables. En loll, c'était Vincenzo Tamagni, de San Gimignano, qu'il fit emprisonner à Monlalcino pour une dette ; et plus tard, pendant que le Sodoma était malade à Florence, son atelier était subrepticement déménagé par son élève Girolamo Magagni, dit « Giorno del Sodoma ». Ses relations furent du moins plus affectueuses avec Bartolommeo Neroni, dit « il Riccio », qui épousa sa fille Faustina; mais le maîlre ne put manquer de constater que le talent faisait défaut à son disciple le plus fidèle presque autant qu'aux autres. Le Sodoma est donc un solitaire dans le milieu siennois ; il n'y fonda pas plus d'école qu'il n'y était venu chercher de maîtres parmi les vieux peintres locaux; et cette sohîude donne un caractère particulier, un peu mystérieux, à sa carrière : on aimerait à distinguer plus nettement de quel point de l'horizon artistique il venait, à quelles traditions il se rattachait, où il avait puisé ou du moins cultivé des qualités de sentiment et de formes aussi séduisantes. Ce qu'il devait à son origine piëmontaise et aux écoles de Vercelli et de Casale se laisse discerner avec peine; on aperçoit un peu plus distinctement l'influence qu'exercèrent sur ses premiers essais certaines formes chères aux artistes florentins et surtout ombriens ; mais il ne tarda pas à don-

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Cliché Alinari.

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