‹ Le SodomaChapitre 7 sur 19 · JKSUS PORTAIT SA CROIX · texte numérisé non relu

JKSUS PORTAIT SA CROIX

(Monte Oliveto MagRiore.)

les cyclamens piquent de petites taches roses; on y accède de Pienza en une heure de marche. La notoriété qu'avaient value à l'artiste ses premiers essais, à Sienne, justifie assez cette commande; son talent déjà éprouvé comme portraitiste, fit inscrire dans Je contrat, qu'il signale 10 juillet 1503, l'obligation pour lui d'introduire dans deux de ses compositions les portraits de plusieurs moines du couvent : il s'agit du Saint Benoit au milieu de six de ses frères, et de Sainte An?ie, la Vierge et l'enfant Jésus entre deux religieux, qui se voient à droite et à gauche do la porte d'entrée du réfectoire. Dans son ensemble, la décoration a conservé une grande fraîcheur : les tons sont agréables, l'ordonnance générale simple, les attitudes pleines de dignité ou de grâce.

Nous ignorons dans quelle mesure, à cette date, Bazzi était familiarisé avec la fresque : mais il est possible qu'il ne fût pas encore parfaitement rompu à cette technique assez particulière, si l'on en juge par certains détails oiî se reconnaît quelque incertitude. Dans cette hypothèse, il se pourrait que l'artiste ait commencé son travail par le compartiment de gauche du mur qui fait face à l'entrée: de toute la décoration, c'est la partie la moins satisfaisante. Cette vaste surface, divisée en trois grands panneaux cintrés, séparés les uns des autres par de faux piliers décorés d'arabesques, représente la Multiplication des pains. La fresque centrale, oii l'on voit un Christ très digne, bénissant les cinq pains que lui présente un enfant joufflu et rieur, frère du saint Jean de XdiNativilé, répond seule clai-

rement aux données de l'épisode : Jésus y est entouré des apôtres, auxquels l'artiste s'est appliqué à prêter des physionomies expressives et variées. La foule est reléguée dans les deux compartiments latéraux, faiblement reliés à la scène principale: mais surtout dans celui de gauche, en dépit de quelques jolies silhouettes féminines, les attitudes sont ënigmatiques, les mains incorrectes, et pour figurer lés rangs serrés du peuple debout, et non assis comme le voudrait le texte évangélique, Bazzi a dessiné une série de fronts rapprochés, d'un assez fâcheux effet. La fresque de droite, oii l'on voit un jeune apùtre distribuant les pains, est malheureusement fort détériorée par l'humidité: ici, la disposition des groupes est plus claire et plus harmonieuse, et ce que l'on dislingue encore de quelques figures de femmes, auxquelles il faut ajouter un adolescent couronné de roses, est d'une grande suavité. Les expressions d'ailleurs conviennent assez mal à la scène, car les yeux, généralement levés au ciel, se détournent du disciple empressé qui distribue à la foule le produit du miracle. Cette attitude extatique, aussi bien que les visages ronds, avec la bouche petite, serrée, d'un dessin très net, était familière aux maîtres ombriens (1).

Les trois compositions qui font face à la MuUiijlicallon des paiîis sont d'une technique déjà plus sûre. Les gr(>upes de Saint Benoît au milieu de ses moines, et de Sainte Amie

(1) Dans le compartiment fie gauche, le ciel est traversé par un arc-enciel irlenti(|ue à celui que lo Pinturiccliio a peint dans la i)iemière scène de la vie de Pie II au Dûmc de Sienne.

Cliché Alinari.

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