Opus cit., III
objet d’adoration pour l’homme spirituellement éclairé ; c’est un puissant Déva, agissant *dans les mondes inférieurs, distribuant pour ainsi dire l’essence de l’Un dans toutes les formes de la vie inférieure des choses. Or Shankara nous dit que ce Prâna est Kriyashakti, — la Shakti d’action et non de connaissance, — et il y a là une distinction d’importance capitale. Cette enveloppe, celle de Prâna, est l’enveloppe d’activité et non de connaissance, l’enveloppe qui doit tout amasser activement, et le transmettre au réceptacle qu’elle renferme. Mais ce n’est pas Celui qui connaît. C’est l’énergie d’Atmâ s’épanchant pour l’action, et non pour la pensée. Elle agit dans ce qu’on appelle la matière éthérique, dans cette matière que la science nomme l’éther; et par là elle met toutes les parties en rapport, dirige l’ensemble de ces cellules inférieures dont nous avons parlé, et les coordonne pour fabriquer le corps charnel de l’homme. Il ne pourrait pas exister d’enveloppe charnelle, de corps physique, sans le Prâna, qui coordonne toutes les cellules séparées et en fait un tout complexe et régulier. Telle est la fonction de cette enveloppe prânique. Prâna agit dans une matière plus subtile.
LE CORPS D ACTION
dans ce que nous appelons le double éthérique. Ce n’est pas le Linga sharîra des livres hindous, bien qu’on le désigne sous ce nom dans certains ouvrages un peu anciens. Il y a là une erreur de nomenclature à laquelle nous devons bien prendre garde. C’est le corps éthérique, une partie essentielle du corps physique et non le corps astral. Il est nécessaire de s’en convaincre, car le corps astral dont il est question dans les premiers ouvrages théosophiques n est rien de plus que l’enveloppe prânique : c’est le côté-forme de l’activité prânique, sans lequel Prâna ne pourrait agir, c’est-à-dire sans lequel l’énergie expansive d’Atmâ serait incapable de coordonner les molécules physiques du corps extérieur. On nous dit dans cette même Kaushitakopanishad que la parole, la vue, 1 ouïe et tout le reste dépendent du Prâna qui est dans le corps. La vue n’est pas l’œil ; l’ouïe n’est pas l’oreille ; le goût n’est pas la langue ; l’odorat n’est pas le nez ; le loucher n est pas la peau. Dans tous les cas c’est Prâna qui donne l’activité sensorielle aux organes, et qui transmet les vibrations extérieures aux centres de sensation ; ceux-ci résident en Kâma, dans l’enveloppe qui vient immédiatement
après celle de Prâna, dans la Manomayakosha.
Ceci compris, nous apprenons ensuite que Prâna se sépare en cinq Prànas, « se divise luimême cinq fois », dit l’Écriture, afin de pouvoir soutenir et entretenir toutes les parties du corps, accomplir toutes les activités vitales, remplir toutes les fonctions corporelles, exécuter tout ce qui est nécessaire à l’entretien de la vie physique ; et Prâna en se divisant cinq fois devient les cinq Prânas qui vous sont familiers à tous. Mais remarquez que le nombre cinq est exotérique, que sept est le nombre ésotérique des Prânas, et que, dans la Mundakopanishad et dans la Prashnopanishad, Prâna se divise en sept et non pas seulement en cinq. Cinq est pour le monde extérieur, parce que nous sommes maintenant dans la cinquième race, parce que nous possédons à présent cinq sens, et que cinq Prânas seulement sont actuellement manifestés. Mais il y en a un sixième qui va développer son propre sens, et un septième qui doit être formé avant que l’homme arrive à la perfection. Il est donc vrai que Prâna est quintuple dans l’homme en manifestation actuelle, bien que septuple daiîs son essence ; et c’est pourquoi dans les deux Upanishads que je viens de
LE CORPS D ACTION
nommer vous trouverez la septuple llamme de Prâna, non pas expliquée, mais simplement mentionnée, comme pour rappeler à tous les intuitifs qu’il y a là un mystère, que la quintuple division donnée au monde ne représente pas le total de Tactivité prânique, ni dans l’homme ni dans Punivers. Après cela nous apprenons une autre grande vérité. Il est écrit :
D'Atmà ce Prâna est né K
Atmà est Pràna, et Prâna n’est qu’Atmâ en activité. Comprenez bien cette grande vérité. Je cite les termes de l’Ecriture pour la seconde fois et je traduis mot à mot ;
D^Atmâ ce Pràna est né.
C’est l’énergie expansive d’Amâ. C’est l’énergie du corps. Par soi-même Atmâ ne peut agir, Je le répète, parce qu’il est souverainement important que cette pensée soit claire. Par soimême Atmâ ne peut agir. Il est Sat, sans activité, immobile, immuable. L’énergie expansive est Prâna: c’est pourquoi il est écrit que d’Atmâ naît Prâna.
La science nous dit à sa façon quelque chose de cette même et étrange histoire ; elle nous dit comment dans chaque partie du monde et du