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Lois de Manou, ch. XII, ver

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lion avec Tunivers extérieur dans les domaines que nous connaissons sous le nom de régions des éléments. En les laissant de côté nous allons passer, dans toute Tacception du terme, du monde extérieur au monde intérieur ; nous allons nous transporter en réalité du monde que nous regardons comme constitué de vibrations atomiques et moléculaires, à un monde dont les éléments essentiels sont la reconnaissance par le Soi et la transformation, aumoyen de Tenveloppe employée par le Soi, de ces vibrations et contacts du dehors en ce que nous appellerons pour Tinslant des sensations et des idées. Autrement dit, nous nous transportons d’un monde où ont lieu les choses extérieures à Thomme, dans un monde qui pour Thomme est intérieur, où toutes ses occupations consistent non plus à regarder au dehors, à recevoir du dehors, mais à disposer de ce qu’il a reçu, à manipuler, à élaborer, à mettre en œuvre ces matériaux, grâce à des forces qui lui viennent de la vie intime de toutes choses. Nous passons donc du corps que Manou appelle le corps de l’action à celui qu’il appelle le corps de sensation. Vous vous souviendrez qu^il lui donne le nom de Jîva, un nom peu habituel, et vous serez peut-être obligés déliré en

même temps le commentaire pour éviter une confusion possible ; car Manou emploie le mot Jiva dans un sens qui ne le rattache pas àPrâna en tant que Pràna. 11 le définit comme le corps dans lequel le Connaisseur, le Kshetragna, devient sensible au plaisir et à la douleur. Ce corps, où le Connaisseur prend conscience des joies et des peines est celui dont nous avons à nous occuper essentiellement maintenant.

En ce qui concerne leurs relations extérieures, les deux enveloppes qui le composent sont en rapport avec le monde des Dévas ; il eu est ainsi tout spécialement de l’enveloppe la moins élevée, de la Manomayakosha. Je voudrais que ce point soit bien saisi. En consultant VAitereyopanishad vous verrez qu’après la formation des Dévas vint celle des animaux et aussi de l’homme. Vous vous souviendrez qu’à l’apparition des animaux les Dévas ne furent pas satisfaits, mais qu’à la vue de l’homme ils déclarèrent : « Ceci est bon », et qu’ils entrèrent en lui. Cette incarnation des Dévas est expliquée comme l’introduction des divinités qui président aux éléments, et ce sont ces divinités qui dans l’homme donnent naissance aux sensations ; elles reçoivent des divers éléments les vibrations ap-

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propriées, et la tâche qu’elles accomplissent consiste à transformer les contacts du dehors en ce qu’on appelle la sensation, ou reconnaissance intérieure de ces contacts. C’est là une action caractéristique des Dé vas. C’est l’œuvre essentielle accomplie dans la formation, la construction et l’évolution de la Manomayakosha. Là interviennent les Dévas qui appartiennent aux règnes élémentaux. La se forme le lien entre l’homme et tous ces Dévas inférieurs, le lien qui fera de l’homme, une fois conquise la direction souveraine, le maître de toutes les régions de l’univers. Car le grand Adepte même serait incapable d’agir sur les mondes inférieurs de matière, sur les mondes inférieurs de sensation, sans la possession de ces enveloppes coordonnées en parfaite harmonie et en soumission parfaite, qui cependant le relient avec l’univers extérieur ; c’est précisément parce qu’elles appartiennent aux Dévas, que, maître des Dévas lui-même, il a sous ses ordres toutes les régions de l’univers dirigées par eux. Grande est donc l’importance de cette enveloppe et de la suivante que nous allons étudier conjointement.

Nous examinerons d’abord cette Manomaya-

kosha,et nous verrons qu'elle contient tous les éléments destinés à servir de base à la conscience individuelle qui doit évoluer graduellement : ce n'est pas la conscience elle-même, mais les matériaux sur lesquels la conscience travaillera, matériaux qui, idéalement reflétés en elle, rendront possible la véritable conscience individuelle. Cette simple suggestion suffira à vous faire comprendre combien le sujet est difficile et compliqué. En vous le présentant je ne puis guère espérer que de fournir — du moins à ceux d'entre vous qui ne l'ont pas étudié par eux-mêmes. — non pas une idée complète, mais simplement des données sur lesquelles vous pourrez travailler par la suite, pour en extraire vous-mêmes une intelligence plus pleine et plus profonde.

Je vous demanderai de fixer un instant votre attention sur le monde animal : car dans le monde animal nous trouvons, sinon la Manomayakosha, du moins certains des éléments qui entrent dans sa composition ; nous trouvons ce qui n'est en réalité que le germe d'un développement supérieur ; ce en quoi et par quoi se développera plus tard quelque chose de plus haut. Tout comme je vous ai demandé déjà de

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comprendre les moditications internes par lesquelles les atomes se différencient du dedans et, élaborés dans les règnes minéral, végétal et animal, acquièrent une nouvelle capacité spéciale et une complexité croissante qui leur permettent de former des combinaisons plus achevées, ainsi, en traitant de ces enveloppes qui sont en rapport avec la partie inférieure du règne animal, je dois vous demander de comprendre les modifications qui ont lieu à propos de ce que nous appelons la sensation chez les animaux. Ce qui existe seulement en germe, non pas dans le règne végétal mais dans le règne animal, se développe, et devient ce que nous appelons la faculté de sensation humaine, le sentiment supérieur des plaisirs et des souffrances. Non que rhomme soit évolué de banimal, — c’est là Terreur occidentale, — mais parce que les matériaux qui entrent dans la construction de la Manomayakosha de Thomme ont été évolués dans le règne animal, et que ces matériaux, emportant avec eux les résultats de leur évolution, deviennent ainsi utilisables pour Tédification de Thomme. Remarquez bien la différence : ce n’est pas Thomme qui a évolué directement de la brute, comme Tenseigne Dar-

win ; ce sont les matériaux élaborés dans le règne animal qui sont ensuite employés pour la construction de l’homme .Conception bien differente au point de vue de la succession purement physique, et introduisant une idée toute nouvelle ; elle peut vous montrer ce qu’il y a au fond de 'la théorie darwinienne et ce qui en fait la force ; car c’est cette vérité qui lui donne de la force, malgré l’erreur provenant de ce qu’elle étudie du dehors et non du dedans, de ce qu’elle se place toujours au point de vue du pôle extérieur de la matière et non du pôle intérieur de l’esprit.

Nos précautions prises pour éclaircir nos conceptions, voyons en quelles proportions nous trouverons dans le règne animal ce pouvoir de sentir le plaisir et la douleur. Nous remarquons chez les animaux ce que nous avons décrit comme désir, c’est-à-dire une attraction épanchée vers des objets qui sont extérieurs, de sorte que le contact donne lieu à ce que nous appelons la sensation du plaisir. Nous remarquons aussi que cette énergie expansive entre parfois en contact avec certains objets dont le contact; au lieu de plaisir, procure de la douleur, et nous remarquons alors qu’il en résidte de la répulsion.

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Attraction par contact, se traduisant intérieurement en plaisir : répulsion par contact, se traduisant intérieurement en souffrance. Le plaisir et la souffrance ne résident pas dans l’objet extérieur, mais le contact entre l’extérieur et l’intérieur peut être soit un contact d’harmonie, et par conséquent un plaisir pour celui qui sent, soit un contact de discorde, qui pour l’être sensible se traduit en douleur. Tel est le sens essentiel que ces mots sous-entendent ; des vibrations se rencontrent ; les unes sont harmonieuses, c’est du plaisir ; les autres sont discordantes, c’est de la douleur.

Mais le plaisir et la douleur ne peuvent exister exclusivement dans un ordre de vibrations ni dans l’autre ; ils résident dans le contact entre les deux. Si vous laissez ces vibrations à l’extérieur elles sont harmonieuses par ellesmêmes 5 il n y a ni plaisir ni douleur, il y a seulement du mouvement. Si vous examinez l’intérieur, il y a aussi des vibrations ; mais elles ne sont ni agréables ni douloureuses. Elles existent dans le Connaisseur, et en rapport avec lui seul. Mais dès lors que les deux entrent en contact, en opposition, elles sont harmonieuses ou discordantes ; de leur contact naît le plaisir ou

la douleur, c’est-à-dire Tharraonie ou la discorde au point où elles se rencontrent. En y réfléchissant vous arriverez à comprendre comment il est possible de maîtriser le plaisir ou la douleur, comment les vibrations du dehors peuvent continuer, peuvent être saisies dans la pensée, — une fois l’expérience acquise, — bien qu’après la rupture du contact absolu ce ne soit plus la discorde ni l’harmonie que nous connaîtrons sous forme de plaisir ou de douleur reflétés sur l’enveloppe interne.

Avant de quitter le monde animal il faut encore remarquer une chose ; c’est la brièveté du plaisir et de la douleur chez les bêtes. Une sensation de douleur peut naître d’un contact discordant, d’un coup par exemple, mais elle dure peu. Ainsi un animal qui tombe et se casse une patte se mettra à manger aussitôt que l’angoisse du contact sera passée. Il va manger, et le fera avec plaisir, surtout s’il n’a pas été trop en contact avec l’homme. C’est là une chose étrange sur laquelle il faut fixer votre esprit et qui a besoin d’être expliquée. L’animal sauvage, évoluant selon le dessein de la nature sans l’intervention de la conscience humaine, ne souffre pas au même titre que l’ani-

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mal domestique. Son plaisir et sa douleur sont très brefs, son plaisir et sa douleur ne contiennent pas le même élément de continuité. On voit la bête sauvage qui s’est blessée en tombant, manger tranquillement malgré son membre brisé. C’est un fait étrange à remarquer, et un fait qui projette une vive lumière su«» l’évolution de la conscience intérieure. Ce n’est pas tout ; ranimai va faire un autre pas, mais très lentement. Comprenez bien la nature de ce pas, car il ne faut pas oublier que dans Atmâ existent toutes les potentialités. Atmâ étant involué dans toutes ces phases inférieures, il y implique toutes les possibilités, il y implique toutes les potentialités; et nous rencontrons chez les animaux inférieurs le germe que nous trouverons pour ainsi dire développé en puissance de penser, lorsque nous avons à traiter de l’élaboration subséquente de ces matériaux chez l’être humain. Quelle est l’essence de cette nouveauté ? C’est une liaison entre l’objet extérieur et la sensation intérieure, c’est la reconnaissance du lien qui existe entre les deux, du fait que l’un se produit en présence de Pautre : voilà le commencement de la pensée, l’établissement du lien entre l’objet extérieur et la sem

sation intérieure. Il se forme lentement, très lentement, et très imparfaitement chez les animaux inférieurs. Permettez-moi de vous citer un exemple, de vous raconter une expérience qui vous en montrera exactement le sens.

Un brochet était nourri dans un aquarium ; entre compartiment où il se trouvait et le compartiment voisin existait une cloison de verre, naturellement invisible pour lui. Le brochet, s’élançant selon son instinct à la poursuite des poissons placés dans le compartiment voisin, se frappait constamment le nez contre le verre qu’il ne pouvait voir. Le fait se répéta maintes et maintes fois ; aucun rapport n’existait pour lui entre le choc et quelque chose d’extérieur, il n’y avait pas de liaison de pensée ; à la longue cependant, par la répétition de cette vibration venue du dehors et ressentie sous forme de choc, il se forma un lien obscur entre tel point particulier et l’impossibilité d’aller plus loin, et le poisson tournait avant d’atteindre la vitre. Celle-ci fut alors enlevée ; mais l’impossibilité d’avancer subsistait pour le brochet, et il obliquait invariablement en arrivant à l’endroit qu’avait occupé la glace; il avait lentement établi ce rapport entre l’ob-

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jet extérieur et la sensation intérieure qui constitue le germe de la pensée. Cette liaison entre Tobj et externe et la sensation interne persistait après l’enlèvement de Tobjet, parce que le pouvoir mental était à l’état de germe, parce que la faculté de penser n’était pas élaborée ; une fois enlevé l’objet extérieur, le rapport subsistait idéalement ; il y avait eu un commencement de pensée, mais point encore le pouvoir de là pousser plus loin, de Tadapter à des conditions variables.

Or si vous avez compris cela, vous saisirez ce que c’est que l’instinct. C’est la tendance à répéter continuellement ce qui a été senti, et à le répéter inconsciemment, comme nous disons, c’est-à-dire sans volition préalable et sans reconnaissance définie. L’instinct des animaux en est à cette phase, qui correspond à l’action automatique des enveloppes inférieures dont j’ai parlé. Nous avons donc trouvé tout d’abord l’action automatique, puis l’instinct, enfin la mémoire, presque inconsciente ou partielle, mais devenant peu à peu active, puis complète. Car tout cela fait partie de la grande loi du rythme qui agit dans toutes les régions de l’univers. J’ai été obligée de faire cette longue digression pour

VOUS faire comprendre la nature compliquée de ce que nous entendons par laManomayakosha. J'ai dû montrer comment la réponse au plaisir et à la douleur s’est développée dans le règne animal. Pour déterminer la construction de l’homme, il était nécessaire que les matériaux de l’enveloppe fussent prêts à être coordonnés mutuellement.

Nous ne tarderons pas à percevoir qu’il y a une limite à l’activité d’Atmâ dans cette ascension depuis le degré physique le plus inférieur ; il existe un point au delà duquel aucun progrès n’est possible sans la coopération d’un autre facteur évolué dans un univers précédent, dans un Manvantara passé. Toute évolution est non seulement un devenir pour le présent, mais encore une préparation à un Manvantara futur. Toute évolution, comme nous le verrons dans un instant, se poursuit par la coopération. Des résultats du passé va naître un nouveau procédé de devenir, lequel à son tour servira dans le prochain univers ! Ainsi nous commencerons à comprendre ce que nous faisons et ce que nous évoluons, comment nous sommes aidés par l’évolution du passé et comment nous aiderons à l’évolution du futur. Et

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par « passé » j’entends un univers précédent, et par « futur » j’entends un univers à venir, séparé de celui-ci par un Pralaya, séparé de nous par une longue période de repos, mais enchaîné à nous par cette infrangible loi de Karma qui est de l’essence du Suprême, et, comme lui, sans commencement ni fin. La coopération, dis-je, est nécessaire. Et comment? Ce qui va se développer maintenant, c’est l’intelligence, le pouvoir de la pensée. Elle doit évoluer par la coopération des intelligences qui ont été développées et perfectionnées dans un univers précédent. Reprenons V Aitereyopanishad : vous vous souviendrez qu’il y a quelque chose de plus que l’entrée en jeu des Dévas. Paramâtmà se demande : « Gomment m’y introduirai-je ?» Il y a quelque chose de plus que ces enveloppes formées pour ainsi dire selon le dessin primaire de l’évolution. Nous devons maintenant recourir aux intelligences déjà évoluées que nous appelons les Fils du Mental. Il s’agit maintenant de construire l’homme, de rendre possible une nouvelle humanité.

Je vais recourir pour un moment à la science occidentale et vous donner un microscope pour vous aider à comprendre cette nouvelle phase*

Prenez un germe développé dans une plante, je suppose ; il n^inporte en rien pour mon^raisonnement, que ce soit une plante, un animal ou un homme; vous prenez donc la cellule germinale d'une plante, d'une fleur par exemple. Disséquez la fleur, rejetez-en le calice et les pétales, qui jouent simplement un rôle protecteur ; rejetez les organes mâles car nous n'en avons pas encore besoin : au cœur même de la fleur, nous trouvons une enveloppe, et, après avoir ouvert cette enveloppe, de petits corps semblables à des graines. Si nous ouvrons ces ovules, à l'aide d'un puissant microscope, nous y trouvons une cellule que Ton appelle la cellule germinale. Et en cherchant plus loin nous découvrons dans cette cellule, ce que l'on appelle le noyau, et plus loin encore la nucléole. N'est-ce pas étrange? Voici que nous faisons en science moderne exactement ce que fit Uddâlaka pour instruire son fils, il lui disait de prendre une graine et d'en ouvrir les enveloppes l'une auprès l'autre pour y trouver le germe de l'arbre futur ; mon but est justement de vous faire comprendre quel est le pouvoir de l'invisible Brahman, et comment dans la semence se trouve enfermé le futur arbre matériel. Que

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puis-je trouver dans mon germe minuscule ? Une potentialité : mais une demi-potentialité seulement. En effet, si ce germe est abandonné à lui-même il n'arrivera rien de plus. Tout ce qui peut être fait par la moitié féminine de cette semence a été fait pour que ce germe soit préparé à la croissance future et au développement d'un nouvel individu. Mais l’individu n'est pas là, il n'y en a que la préparation. Pour que ce nouvel individu se constitue il faut la Jonction de deux forces et non la croissance d'une seule. Comment se produira-t-elle? Elle proviendra de ces parties que j'ai mises de côté en commençant à disséquer la fleur; de ces organes mâles dont je n’avais pas encore besoin et qui renferment cette force, qui constitue l'autre côté de la double évolution qui nous est maintenant familière, cette énergie qui donne la vigueur, la vitalité, la fertilité ; énergie qui par elle-même ne peut rien, (}ui par elle-même est stérile, comme l'autre est inféconde; mais qui venant vers l'autre et la rencontrant, donnera naissance à un nouvel individu. Voilà le point que je voudrais vous voir saisir. Car, songez-y bien, il n'y a partout qu'une loi et une vie, et ce que vous pouvez voir avec vos yeux dans la nature matérielle, vous pou-

vez le voir avec votre intelligence dans les régions supérieures de l’univers . Brahman est un , ses œuvres présentent partout la même nature, et on sent cette identité à travers la différence des matériaux. Le principe de l’évolution est toujours le même, car Brahman seul est la force efficace, et sa nature est la loi d’après laquelle tout évolue. Quand cette union a été effectuée, alors seulement commence la croissance ; quand cette union est accomplie, alors seulement un nouvel individu est lentement et graduellement formé. Le commencement de l’individu est au point de jonction ; bien que l’essence soit éternelle, le point de jonction existe dans le temps ; là où cette conjonction a lieu, là est le commencement de l’individu en tant qu’individu, bien que l’essence dont il est formé soit permanente, immortelle, et ne connaisse ni fin ni commencement.

Nous possédons maintenant les éléments nécessaires pour comprendre l’entrée en jeu des Fils du Mental, dont l’évolution s’est fai!e dans un précédent Manvantara et par les mêmes procédés que nous subissons à présent. Et l’arrivée de ces Fils du Mental à l’aide de la nature inférieure de l’homme, est exactement parallèle

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à celle de celte énergie vivifiante de 1 etamine, qui vitalise le germe dans la semence et donne naissance au nouvel individu. Aussi dans ces stances merveilleuses qui nous viennent de Tautre côté de THimalaya, dans ces stances antiques, est-il écrit ;

De LEUR PROPRE RUPA ILS REMPLIRENT LE

Kama

Avec leur propre Rupa ils remplirent le réceptacle qui avait été lentement préparé dans ce but.

Certains projetèrent une étincelle K

Cette étincelle est pour ainsi dire le plasme de rintelligence ; venant de ceux chez qui Tintelligence avait évolué dans un précédent Manvantara, et remplissant de son énergie tonique et vivifiante ce que j’appellerai le germe féminin dans le réceptacle dont nous avons parlé, elle crée la possibilité d’un nouvel individu, une conscience, un Ego qui doit évoluer lentement, mais qui néanmoins a pour point de départ l’iinion maintenant accomplie. L’étincelle projetée de la Flamme du Mental va enflammer les matériaux sur lesquels elle est tombée, et de là

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