Doctrine secrète^ vol. III, p
3. Brihudâranyopanishad (Bombay, édition) IV, IV, 5. I^urusha est ici l’âme incarnée.
fait toutes ces choses? Atmâ, — et il n’existe rienl d’autre que lui — en voulant de lui-même, crée par là même et de sa propre substance ce que nous appelons les enveloppes. Ces enveloppes sont Lui-même, puisqu’il n’existe rien d’autre ; mais ce sont des différenciations de lui-même, des conditions modifiées par sa volonté même :
€ je me multiplierai > ; en elles il est actif et en elles il fait les nombreuses choses dont parle l’Écriture. Immuable et inactif dans sa propre nature, dans les enveloppes il est l’acteur, non pas en dehors de l’enveloppe, mais dans l’enveloppe môme ; non pas comme distinct de l’enveloppe, mais comme travaillant en elle ; de sorte que, tandis qu’en soi-même il ne se meut pas, dans les enveloppes il meut tout ce qui existe, et cela dans l’enveloppe qu’il a, dans ce but, émanée de lui-même. C’est pourquoi nous désignons tout sous le nom de Mâyâ, parce qu’il n’existe que l’Unique Réalité, dont, par la pensée, *out procède, de laquelle, par la volonté, tout est issu. Mais pour vous et moi qui regardons du dehors, c’est-à-dire de l’enveloppe, il y a différence, parce que nous voyons l’enveloppe et nous ne voyons pas l’Atmâ, qui est caché par le nom et la forme; en
effet dans telle enveloppe II est la volonté, dans une autre II est le désir, dans une autre l’activité vitale, dans une autre encore c’est l’attraction et la répulsion chimiques, ce sont toutes les merveilleuses forces de l’univers; mais la différence réside dans l’enveloppe et non dans l’unique existence ; elle réside dans les conditions modifiées de la manifestation, et non dans la vie qui se manifeste.
Si je fais passer un courant électrique à travers une solution saturée d’un sel d’argent, l’argent se précipitera au fond, et cette chute sera le résultat du courant invisible ; si je fais passer le courant dans un filament de charbon, de ce fil jaillira la lumière, et ce sera l’effet de ce même courant ; dans le premier cas la différence des conditions précipite un solide ; dans l’autre cas la différence des conditions produit de la lumière. Il n’y a qu’une seule force électrique dans les deux cas; la différence de manifestation réside, non pas en cette force même, mais en ce dans quoi elle agit. L’analogie est imparfaite et doit l*être ; elle peut cependant nous aider à comprendre comment l’iin. peut se manifester , de plusieurs manières, comment, s’il n’existe qu’un Atmâ en substance, se produit la multiplicité.
grince aux conditions modifiées que nous appelons les enveloppes.
Il est encore écrit ‘ que le corps, bien que mortel, est l’habitation d'Atmâ^et que dans les enveloppes Atmâ entre en contact avec les objets de désir et de répulsion, tandis qu"en dehors des enveloppes il n’entre en contact avec rien : c’est parce que étant dans les enveloppes, il entre en contact avec tout ce qui l’entoure, qu’il devient soumis à ces contacts. L’énergie expansive est Atmâ; l’enveloppe seule fait la différence dans la manifestation. Voilà que nous allons commencer à comprendre.
C’est à ce point que je dois quitter mon sujet pour le reprendre plus tard; c’est cette pensée que je voudrais que vous puissiez bien comprendre, car d’elle dépend l’intelligence de tout ce qui suit : Atmâ, donnant de sa propre substance tout ce qui doit être, agit de diverses manières dans ces « moi » différenciés. Il travaille pour produire les matériaux d’un univers matériel ; dans Tatome il s’efforce de construire le substratum physique (qui est lui-même); il agit pour produire un résultat particulier, de