Le Ciel des Hindous
ü. Que nous appelons l’Ego. N. D. T.
qui est et sera, qui a sa propre connaissance et son propre discernement; c’est de lui que Shrî Krishna a dit: «Il n’est pas né, mais est constant et éternel » parce que dans son essence c’est Atmâ même et cependant c’est aussi ce qui éprouve les naissances et les morts, bien que n’etant pas né et ne mourant pas lui-même. Shrî Krishna, considérant son passé, connaissait toutes ses incarnations précédentes et se souvenait des événements de chacune ; Arjuna était né bien des fois mais il ne le savait pas. Et vous et moi nous sommes nés bien des fois déjà, et bien des naissances et des morts nous attendent aussi. C’est là l’édification de l’individu. C’est la construction par les enveloppes qui s’accomplit lentement. Voici donc où nous en restons ;
Un Soi, Atmâ, inactif en lui-même; des enveloppes de sa propre substance, dans lesquelles il va agir ; enveloppes construites par lui d’après un certain plan d’évolution ; puis Atmâ agit dans les enveloppes pour construire l’individu, l’Ego, le Moi conscient, qui se reconnaîtra comme distinct dans la manifestation, bien qu’inhérent par son origine à l’Un et au Tout. Poussée jusque dans ses détails, eette pensée nous conduira hors du labyrinthe ; ce fil guidera nos pas hési-
tants parmi les apparentes contradictions de rUn et du multiple, du Tout qui est à la fois unique et divers; retenez bien cette pensée, et nous verrons plus loin où elle nous mènera. Saisissez-la clairement, et tout le reste deviendra simple et net ; nous apprendrons comment nos corps actuels sont construits d’atomes, comment ces atomes se transforment pour édifier rbomme vivant, comment Thomme de ce Manvantara deviendra le Déva d’un autre, comment pas à pas cette croissance se continue à jamais, comment dans chaque univers il y a Ishwara, comment dans chacun d’eux il tisse, de Lui-mème, la trame matérielle de cet univers, comment de la base matérielle élaborée dans des univers passés il édifie les Egos vivants des hommes, comment, avec ceux-ci, il construit les Dévas d’un autre univers, et finalement les réunit en Lui-même, qui est le Tout. Tel est le profond sujet auquel nous consacrerons nos méditations suivantes; tel est le secret suprême du Maître, qui, une fois connu, fait connaître toutes choses.
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Laissez-moi vous rappeler dès le début que trois rayons de lumière illumineront les difficultés du sujet que nous avons à traiter. Nous emploierons d’abord le rayon de lumière spirituelle qui provient des Écritures antiques, des Shrutis, et, dans une certaine mesure, des Smritis. Puis nous prendrons le rayon de lumière intellectuelle qui, transmis par l’intermédiaire d’H. P. Blavatsky, nous fournira une échelle mentale pour nous élever vers les régions supérieures. Enfin nous emprunterons le rayon que la science occidentale nous fournit en examinant l’univers physique et en publiant les faits qu’elle observe. Ce sont ces trois rayons, vous devez vous en souvenir, qui, en convergeant vers un même foyer, doivent illuminer l’obscurité que nous allons essayer de dissiper. Et à propos de science, laissez-moi vous dire que l’opposition que nous rencontrons aujourd’hui
LE CORPS d’action
entre elle et la connaissance spirituelle est une plante de croissance moderne et ne provient pas du monde antique. La science des anciens jours était la servante et non la rivale de la religion, et ce sera, je l’espère, une des gloires de la Théosophie de ramener la science à son véritable devoir, qui est de démontrer dans le monde sensible ce que la religion montre sur le plan spirituel ; elle redeviendra la fille et la servante, l'auxiliaire et l’appui de la Religion- Sagesse de jadis.
Dans la partie du sujet que nous allons traiter, je voudrais exposer tout d’abord le but des enveloppes ; non pas complètement, car je réserve ce point pour ma dernière conférence ; j’en dirai seulement un ou deux mots pour vous montrer le comment et le pourquoi de l’existence même de ces enveloppes. Puis je vous parlerai quelque peu du devenir d’un univers ; car en étudiant le devenir de l’univers actuel nous comprendrons à la fois ce que le présent a reçu du passé et ce qu’il se prépare à léguer à l’avenir. En effet dans chaque univers s’accomplit une préparation du matériel qui doit servir à l’univers suivant. Chaque univers reçoit en héritage ce qui dans les univers
précédents a été préparé pour le présent. On ne peut dissocier un univers d’un autre, ni traiter une manifestation comme si elle était isolée des autres. De tout temps l’expiration de l’Unique est suivie d’une inspiration en l’Unique quand un Manvantara est terminé ; puis vient une expiration nouvelle pour un nouveau Manvantara, et une autre inspiration quand celuici est fini à son tour; mais toutes ces expirations et inspirations se tiennent. L’expiration d’aujourd’hui contient les résultats des inspirations qui l’ont précédée dans le temps ; on le comprendra en se souvenant que nous devons chercher en arrière l’héritage de chaque univers, et ses résultats en avant ; nous étudierons l’univers actuel parce que c’est le plus rapproché ; c’est là que nous avons le plus de chances de comprendre le processus du devenir. Enfin, — pour terminercette esquisse de ce que j’ai à vous dire, — je m’occuperai en détail de deux des enveloppes, les deux enveloppes inférieures, celle d’Annam ou de la nourriture, et celle de Prâna ou de la vie. Plus loin nous analyserons les deux enveloppes qui appartiennent aux activités mentales et émotionnelles, a Manomayakosha et la Gnânamayakosha, puis
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nous approfondirons le but des enveloppes et le résultat qui doit couronner le tout.
Abordons tout de suite la première partie du programme, le but des envelopp3s, et laissezmoi vous rappeler que dans la MiindakopanU shad, immédiatement après ce que je vous citais, à savoir que Brahma est « sans vie » et « sans intelligence», il est écrit dans la shloka suivante :
De Lui sont issus la vie, Tintelligence et tous les organes, Léther, Pair, la lumière, Peau, la terre L
Je vous dirai entre parenthèses que je traduis à dessein. Je ne ferai pas ici de citations en sanscrit des livres sacrés, et je vais vous en dire franchement la raison. Les Shlokas provenant des Védas contiennent une force mântrique qu’il n’est pas bon d’employer dans une assemblée ordinaire, ni de soulever au milieu de magnétismes contraires assemblés sans distinction ni séparation. J’emploierai la doctrine ; je n’emploierai pas la langue inscrite dans Tordre défini de ses syllabes, qui leur donne la force de Mantrams. Chaque citation que je ferai, je Tai prise moi-même du sanscrit, et je puis être sûre de vous en donner le sens exact. Mais dans