‹ Le soi et ses enveloppesChapitre 9 sur 21 · Opus, ciL, IIÎ · texte numérisé non relu

Opus, ciL, IIÎ

aucun cas je ne citerai l’original, parce que je ne veux pas prendre sur moi la responsabilité de réciter la forme-Mantram dans l’auditoire auquel je m’adresse.

Il est écrit dans la Mundakopanishad que de l’unique Brahman procède la Vie — Prâna est le mot employé ; je vous montrerai bientôt que Pràna c’est Atmâ en son énergie expansive; — puis vient le Mental, Manas, qui est le second ; puis les cinq éléments tels que nous les connaissons : l’éther, l’air, le feu, l’eau et la terre ; sept en tout. Ce sont les sept régions de l’univers; les sept enveloppes de Brahman, en tant que Soi universel. Elles correspondent aux enveloppes de l’homme, dont nous avons à nous occuper maintenant ; et l’objet des enveloppes, pour l’homme, est d’entrer en contact avec chaque région correspondante de l’univers. De façon qu’Atmâ, qui par lui-même est Sat et par conséquent dépourvu d’activité; Atmâ, qui en tant qu’Atmâ, n'a rien à faire avec ces régions par le moyen de contacts, peut cependant entrer, par l’intermédiaire de ces enveloppes, en contact avec toutes choses, et édifier ainsi peu à peu une conscience individuelle, beaucoup de consciences individuelles ; l’édification de ces individus est le but de l’uni-

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vers, et à la fin du Manvantara, à la fin de Tunivers, il reste l’existence de ces consciences distinctes qui n'existaient pas en tant que consciences au commencement; elles étaient seulement en potentialité dans Atmâ, racine de toutes les potentialités.

Nous voici enfin parvenus à ce que nous appelons notre univers matériel. Remarquez que dans cet univers matériel, dans Prakriti, au sens le plus large du terme, nous avons la septuple division à laquelle je viens de faire allusion, et que Tessence de la matière, non pas la matière telle que nous l'avons ici-bas, mais l'essence de la matière, est éternelle. Prakriti, dit Shrî Krishna, est éternelle ; non pas dans sa manifestation mais dans son essence ; non pas dans sa manifestation mais dans sa racine ; la racine de la matière non encore manifestée, voilà ce qui est éternel en Brahman, car autrement elle ne pourrait jamais exister. En effet, le divin Maître dit encore :

Le non existant ne peut devenir, et l'existant ne peut cesser d'être.

Il faut bien vous persuader que quand une chose est vraie, il doit être possible de vaincre les difficultés extérieures et superficielles sans

laisser échapper la vérité fondamentale que 1 on tient. Ayez assez de foi en la vérité pour bien tenir le fait que vous possédez, et croyez bien que si c’est un fait, il doit finir par s’enchaîner avec toutes les autres vérités , à mesure que votre science augmentera toutes les difficultés superficielles s’évanouiront. Or cette matière, ou Prakriti, qui est sans commencement dans son essence, ne peut jamais être dissociée de ce qui est co-éternel avec elle, de ce qui entre en manifestation avec elle et demeure avec elle à jamais. Vous ne pouvez parler de la matière seulement. Si vous dites matière, il faut dire esprit. Si vous dites Prakriti, il faut dire Purusha. Ce sont les deux côtés de l’unique existence, et ils ne sont jamais séparables l’un de l’autre en fait, bien que par la pensée nous distinguions leurs qualités ; autrement nous ne pourrions pas penser du tout : niais en manifestation ils ne sont jamais dissociés. Il n’existe rien de tel que de la matière inerte. 11 n’existe rien de tel que de l’esprit, ou de la force, ou de la vie, sans une matière qui permette à cet esprit de prendre forme et de déployer son énergie. Partout où il y a Nom il y a Forme. La vie est enclose entre les deux, et

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ils ne sont jamais séparés en manifestation.

H. -P. Blavatsky, à ce propos^ nous fait remarquer que la mdXihvQ devient, ei cite les enseignements d'un Egyptien remarquable, d’un homme qui tenait sa science des Rishis antiques, et qui par l’Egypte transmit à la Grèce et par suite au monde d’occident la doctrine orientale d’où proviennent toutes nos connaissances sur ces sujets. Et ce grand Egyptien, Hermès, répétant fidèlement ce qu’il avait appris, déclarait :

« O mon fils, la matière devient ; antérieurement elle était ; car la matière est le véhicule du devenir. »

Saisissez bien cette idée ; la matière est le « véhicule du devenir » ; et aucun univers ne peut exister sans ce véhicule du devenir, pas plus que sans la force animatrice. Puis H. -P. Blavatsky reprend ce point pour l’expliquer encore plus clairement, nous rendant par là un de ces grands services qui devraient assurer à son nom un respect et un honneur éternels. Tout ce qui esl^ tout ce qui a été, tout ce qui sera, est éternellement. Même les innombrables formes de l’univers ne sont finies et périssables que sous leur forme objective, jamais sous leur forme idéale ; elles existent comme idées dans Péter-

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nité ; quand elles s’évanouissent en tant que formes, elles continuent à exister en tant que reflets. Si vous comprenez cela, vous saisirez les liens qui unissent les univers. Rien qui ait jamais été ne peut périr ; tout cela existe à jamais dans la Pensée éternelle. L existence objective périt, la forme idéale subsiste pour toujours, et est transmise de Manvantara en Manvantara. Les formes objectives d’aujourd'hui passeront au prochain univers en tant que formes idéales ; elles sont destinées à déterminer la ligne de révolution ; de sorte que chaque univers à son tour hérite du Karma du passé, tout en modifiant et édifiant le Karma de tous les univers encore à naître.

Or l’atome est à la fois la forme et la force de la vie. Dans chaque univers l’atome est la base élaborée dans cet univers pour les types inférieurs de manifestation sur tous les plans ; autrement dit, c’est l’élément-forme de chaque plan. Des sept plans dont je parlais, — les cinq grands éléments, Prâna et Manas, — chacun nous offre cette même base de l’atome, modifiée, à mesure que nous descendons de plus en plus bas, dans des formes de plus en plus objectives, mais représentant toujours le côté-forme de cette région.

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Et cette construction du côté-forme dans l’atome se répète dans chaque univers ; l’atome d’un univers passe comme forme idéale et prend place comme vie dans la ligne d’évolution de l’univers suivant. Essayez de comprendre cela, car c’est la clef du problème des formes ; dans chaque univers elles enveloppent la vie et en sont pénétrées ; pendant toute la durée de cet univers elles soutiennent le processus du devenir, puis passent dans l’idéal, y demeurent à l’état de reflets de l’Unique Éternel qui est, et pénètrent enfin dans l’univers suivant pour y devenir la vie qui animera les atomes de cet univers. De sorte que dans tous les cas, ce qui dans un univers est, pour employer une expression imparfaite, une forme extérieure, devient dans le suivant une vie motrice ; l’atome de l’un est l’intelligence et l’énergie du suivant ; ainsi chaque univers est construit et relié à ceux qui le précèdent.

Examinons maintenant l’atome comme forme et comme force ; comme Atmâ, et en outre, comme l’enveloppe qu’Atmà différencie en luimême pour la manifestation de sa propr^énergie : si bien qu’il est écrit, dans ojjwa^ ésotérique, que ' 4^

Les Jivas sont les âmes des atomes .

Essayez, je le redis encore, de comprendre cette pensée ; Jîva est un autre nom d’Atmà en manifestation; Jîva estràmederatome, c'est-àdire que dans chaque atome vous trouvez cette dualité de TAflnâ qui anime et de l’Atmâ différencié qui se transformé en l’enveloppe. C’est là, pour ainsi dire, l’œuvre de construction du côté prakrifique d’Atmâ.

Revenons à H. -P. Blavatsky, et nous allons apprendre que ces atomes sont des « unités complexes visibles » et qu’ils agissent du dedans ; ce point présente une importance considérable, comme vous le verrez dans un instant quand je passerai à ce que la science nous en dit. H.»P. Blavatsky déclare, nous l’avons vu, qu’il y a des âmes pour ces atomes, qu’ils sont animés par Jîva. Puis elle continue en disant que ces atomes remplissent l’immensité de l’espace, que toute l’activité est à l’intérieur des atomes, et qu’ils deviennent des unités complexes ; remarquez bien la phrase : « chaque atome devient une unité complexe » ; enfin que de l’intérieur ils poussent les molécules à l’activité ^

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