‹ Le soldat de la République;Chapitre 5 sur 29 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Soldats et Villageois Piémontais, Troupes Françaises, FALENDR1N, CHOPART, puis L£ COLONEL, LYONNIS, Officiers, et Nouvelles Troupes.

Uo petit nombre de soldats et de villageois piémontais paraissent. Ils se rallient et essaient encore de résister *ux Français qui les poursuivent , mais ceux-ci les pressent , leur coupent mÊme la retraite , et les renversent bientôt sur tous les points.

UN PAYSAN. Malédiction ! nous sommes battus ! FALENDRIN. Tiens, c't' autre ; ça l'étonné. CHOPART. Et proprement, et promptement, vous pouvez le dire... non, ils se sont mal montrés les réquisitionnantes... (L^ Piémontais faisant un mouvement , les Français les couchent en joue. (Chopart continuant: ) Hein, encore des idées?., bas les armes, coquins, et tout de suite, ou sans ça, sacrebleu!..

Les Piémontais jettent leurs armes au milieu du théâtre.

LE COLONEL , paraissant au fond, suivi de Lyonnis , de quelques officiers , et de troupes. Arrêtez, soldats , jouissez de la victoire, mais ne la ternissez pas par une action indigne... ces hommes se sont rendus, qu'on les respecte ; la vie d'un prisonnier est sacrée. Messieurs les officiers, établissez vos postes d'observation, et que les troupes restent sous les armes , jusqu'à ce que j'aie moi-même reconnu le pays. Major Lyonnis, faites- vous indiquer la demeure du podestat, s'il y en a un dans ce bourg, et prévenez-le qu'il se rende à l'instant devant moi... [Un des prisonniers désigne la demeure d'Album. Lyonnis va frapper à sa porte et se fait ouvrir. Le colonel s' adressant aux troupes qui viennent d'entrer en scène, et se sont réunies aux autres rangées au fond.) Pour vous, braves camarades, recevez les éloges dus à votre courage... Soldats de la liberté, il était digne de vous d'obéir à la voix de la patrie, de vous lever pour venir au secours des peuples , pour porter au loin la gloire du nom Français, et humilier à votre tour, ces rois orgueilleux qui méditaient de vous donner des fers... Déjà partout où vous avez

combattu , la victoire a salué vos drapeaux; mais ce n'est point assez que d'avoir montré votre vaillance ; pour que l'œuvre soit complète , il faut que vous donniez l'exemple de l'ordre et de la plus sévère discipline : ici , comme partout Où vous pénétrerez, même par la force des armes, songez que vous venez en libérateurs et non pas en ennemis : offrez à l'Europe qui vous contemple , le spectacle d'une armée manquant presque de vêtemens et de vivres, mais dédaignant le pillage, et n'étant avide que d'honneur et de gloire, ceux que vous avez à vaincre sont dans l'abondance et rient de votre dénûment, qu'ils sachent que vos habits en lambeaux attestent votre probité, et que, parés de votre misère , vous n'en êtes que plus grands et plus honorables !

TOUS. Oui, oui, honte aux pillards!

CHOPAKT. Il n'y a que les mauvais soldats qui craignent les ordres sévères.

FALENDRIN. C'est vrai, il faut de la discipline! TOUS. Oui, oui, vive la motion de notre colonel! CHOPART. Vive la trente-deuxième! et en avant notre chanson de route...

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