‹ Le soldat de la République;Chapitre 6 sur 29 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les Mêmes, ALBANI, LYONNIS.

ALBANI, à part. Comment, ils viennent de se battre et ils chantent? singuliers hommes, par exemple !..

Lyonnis lui désignant le colonel, il l'aborde eu le saluant bassement et à plusieurs reprises.

LE COLONEL. Vous le voyez, monsieur, nous sommes maîtres de ce village ; cependant, si vos administrés agissent loyalement, je vous en donne ma parole, leurs jours, leurs biens seront respectés; mais point de trahison, car elle leur coûterait cher.

ALBANI. Ah! colonel, ils sont incapables... et quant à moi, la vénération... l'admiration que vous m'inspirez, vous sont un sûr garant...

LE COLONEL. Je vous crois... Fourriers, vous réglerez avec monsieur le podestat, la quantité de vivres que les habitans se-

font tenus de nous fournir... ^adressant à un officier.) Vous, capitaine, vous veillerez à ce qu'avant la fin du jour, il ait été opéré un désarmement général... {A A Ibani, en désignante habitation de Jules.) Cette maison est-elle libre ?

albani. Non, monsieur le colonel f mais comme c'est précisément un Français qui l'habite, je pense qu'il vous serait facile...

LE COLONEL. Il suffit, c'est ici que je fixe ma demeure. (S*adressant à quelques officier $ au nombre desquels se trouve Lyonnis.) Vous, messieurs, assemblen-vous à l'instant en conseil de guerre; au départ de Grenoble, nos cadres étaient loin d'être complets; vous vérifierez les états avec soin, et seront regardés comme déserteurs, tous ceux qui ne répondront pas à l'appel définitif auquel j'assisterai moi-même, au retour de l'inspection que je vais faire. Quant à ces prisonniers , qu'ils soient conduits en lieu sûr... Monsieur le podestat, vous avez entendu mes ordres?., songez qu'en ce qu'ils vous concernent, vous me répondez de leur exécution, sur votre tête... (A d'autres officiers.) Suivez-moi, messieurs...

Ceux-ci se mettent à la tête d'un peleton et raccompagnent. Lyonnis, le capitaine et quelques autres entrent chez Albani qui sort lui-même avec les fourriers, précédant les prisonniers qu'escoitent un certain nombre d'hommes. On rentre aussi dans la cour attenant à la maison de Jules, les armes abandonnées par les villageois, et le reste des troupes demeure campé ; u fond.

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