‹ Le SoleilChapitre 16 sur 35 · Astronome prussien contemporain · texte numérisé non relu

Astronome prussien contemporain

sième grandeur et [x d’Hercule, à un quart de la distance apparente de ces étoiles à partir de tt. La vitesse de ce mouvement est telle que le Soleil, avec tous les corps qui en dépendent, avance annuellement dans la direction indiquée de 1,623 fois le rayon de l’orbite terrestre, ou de 240 000 000 kilomètres. »

C’est une vitesse d’environ 660 000 kilomètres par jour, ou de 7 k , 6 par seconde. Ainsi, l’observa-

tion a légitimé une fois de plus les inductions de la théorie. La réalité du mouvement qui entraîne le monde solaire dans les profondeurs de l’éther est prouvée. Il reste à savoir quelle est la nature de ce mouvement, si le Soleil se meut périodiquement autour de quelque centre inconnu, s’il fait partie d’un système stellaire particulier, fragment du grand système de la Voie lactée, ou s’il est le satellite d’un autre soleil. Peut-être le mouvement dont il est

animé n’est-il que l’effet des perturbations qu’il éprouve de la part des masses stellaires qui l’environnent à des distances inégales, et qui sont inégalement distribuées dans l’espace.

Dans la première hypothèse, celle d’un mouvement périodique, l’élément rectiligne de la route suivie par le système solaire vers les parages de la constellation d’Hercule, n’est qu’une portion restreinte de l’orbite solaire, et tout ce qu’on en peut déduire, c’est que le foyer inconnu est dans une direction rectangulaire avec celle du mouvement. Avec le temps, c’est-à-dire avec les siècles, on pourra constater un changement de direction et en déduire la courbure de l’orbite, le sens de sa concavité, et en définitive avoir une idée du point de convergence des x'ayons vecteurs et de la distance du foyer du mouvement. En coordonnant les mouvements propres du Soleil et des étoiles, comme s’ils avaient un foyer commun, Argelander a examiné le degré de vraisemblance que présente l’hypothèse où la constellation de Persée serait le centre général de leurs gravitations. Mædler regarde Alcyone, la plus brillante des Pléiades, comme le soleil central autour duquel nous gravitons, et les Pléiades elles-mêmes, comme le groupe dont la masse détermine notre mouvement. 11 est bien évident que ce sont là des hypothèses, intéressantes sans aucun doute, parce qu’elles fixent pour ainsi dire nos idées et donnent un but aux investigations futures, mais qu’il ne faut admettre ni rejeter absolument, en l’absence d’éléments suffisants pour se prononcer en connaissance de cause.

La découverte du mouvement propre du Soleil

complète les analogies qui l’ont fait successivement assimiler à toutes les autres étoiles ; car, à mesure que l’astronomie sidérale se perfectionne, le nombre de ces astres dont le mouvement est perceptible à nos mesures devient plus grand, et l’on arrive à cette conclusion irrésistible que tout se meut perpétuellement dans l’univers, qu’aucun de ses points n’est en repos absolu : l’immensité seule des distances donne une fixité apparente à cette multitude de corps célestes qui brillent par eux- mêmes avec assez d’éclat pour que leur lumière parvienne jusqu’à nous. Seulement des années, des milliers, des millions d’années se sont écoulés depuis l’époque où les vibrations qui agitent leur substance ont ébranlé les premières couches de l’éther environnant, et les mouvements que nous constatons aujourd’hui sont depuis longtemps accomplis en réalité.

Quant à la route que nous suivons dans l’espace, il est probable que nous ne la connaîtrons jamais d’unç manière absolue, et nous en pouvons dire autant de tous les corps du monde solaire. La Lune circule autour de la Terre, mais l’ellipse qu’elle décrit ne nous donne qu’un mouvement relatif ; car en même temps la Terre tourne autour du Soleil, et, ce dernier supposé immobile, il en résulte déjà que notre satellite décrit une courbe à inflexions variées, une espèce de cycloïde que les perturbations planétaires compliquent encore. Mais puisque le Soleil se meut, la courbe de l'orbite lunaire est elle-même entraînée dans ce mouvement, et sa forme réelle dans l’espace se complique de nquveau. Qui sait où s’arrête cet enchevêtrement de courbes, cette combinaison d’orbites, dont la dernière connue n’est

sans doute qu’apparente ? Le Soleil est dans la Voie lactée, qui parait être une agglomération de systèmes de mondes, et il est probable qu’il fait partie de l’un de ces systèmes particuliers ; mais l’ensemble des astres qui le composent est sollicité par les gravitations de tous les autres, et il résulte sans doute un mouvement d’ensemble, peut-être dans le plan principal de la grande nébuleuse. La Voie lactée elle-même, avec ses millions d’étoiles, qu’est-elle dans l’univers visible, sinon un archipel dans l’Océan ? mais un archipel en marche, qui vogue dans les profondeurs infinies, comme toutes les autres voies lactées dont les télescopes ont signalé l’existence. Quand la pensée se plonge dans ces abîmes, elle prend le vertige ; elle perd pied avec la science même qui a su lui ouvrir ces perspectives dans l’infini de l’espace et de la durée !

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