‹ Le soleilChapitre 8 sur 66 · PI .B · texte numérisé non relu

PI .B

^ III. - Des formes simples.

Nous caractériserons les différcnlcs formes simples en les désignant par des expn^ssions lij;nrées; cette manière de procéder présente des inconvénients, nous le savons, mais il est impossible de faire autrement, sous peine d'inventer pour chaque ol)jet nouveau des exj)ressions aljsolument nouvelles, et d'inlrodiiirc dans la langue la ])arbarie avec le néologisme : les expressions que nous emplovons ont l'avantage d'être françaises, faciles à retenir, et de domier par elles-mêmes une idée de l'objet dont nous voulons parler. Les différentes formes simples que nous avons remarquées dans les protubérances seront désignées par les mots suivants : amas, flammes, gerbes, panaches, éventails, rayons, nuages.

i" Amas brillants [PL D, fig. \\. — Ces amas de matière rouge ont mie grande n^ssemblance avec les nuages auxquels nous donnons le nom de cmtiuli ; ils sont en général très-vifs et plus brillants que la chromosphère, dont ils paraissent être une simple exagération. Au premier abord, on n'y aperçoit qu'une masse confuse, homogène, sans aiuune trace d'organisation ; mais, en examinant avec une attention soutenue et prolongée , et surtout en emplovant des grossiss(Miients de plus en plus considérables, on \oit apparaître des irrégularités analogues à celles de nos cumuli; on voit qu'ils sont souvent terminés par de petites pointes [PL D,fig. i, «); les bords sont rarement estompés [ PL D, Jig. i, b\ Quoiqu'ils aient une grande ressemblance avec les nuagt^s de notre atmosphère, hnu' contour n'est jamais aussi arrondi, aussi nettement tranché.

Ces masses sont rarement permanentes; elles précèdent ordinairement les grandes éruptions, aussi faut-il les surveil-

\cv avec soin. Elles atteignent rarement nne grande hauteur; les plus élevées ne dépassent pas 3o ou ^o secondes (22 5oo ou 28000 kilomètres). Elles se soulèvent quelquefois comme des ballons, en restant reliées à la ehromosplière |)ar un cordon brillant {PI. D, fi g. 2, a).

?y Amas nébuleux ( Pi. /), /ig\ 2). — Cette (orme semble être un développement de la })récédente; mais elle s'en distingue par un(» moins grande intensité lumineuse. Les masses que nous classons dans cette catégorie ressemblent beaucoup aux nuages terrestres , mais elles sont diffuses sur leurs bords ( PL D. fig. 2, b, c). Ea forme a est rare ; nous l'avons vue, le 21 juillet 1872, se développer sous nos yeux en quelques minutes; elle ne tarda pas à s'évanouir; elle présentait une coloration très-vive

Lorsque les nuages filamenteux arrivent à une certaine hauteur, ils se dilatent et se diffusent : telle est l'origine ordinaire des amas nébuleux qui oceu])ent presque toujours le sommet des nuages brillants sous forme de fumées denses (/*/. B, fig. 2). Quelquefois ces fumées semblent reposer immédiatement au-dessus de la chromosphère; le nuage d'où elles sont sorties existe cependant ; si on ne le voit pas , c'est qu'il n'est pas exactement sur le bord du Soleil; il suffit qu'il se trouve un peu en avant on en arrière pour être invisible.

3° Amas diffus. — Nous désignons par ce mot toutes ces formes indécises, mal terminées, qui se présentent comme des brouillards légers ou des traînées de fumée légère, et donnent à la chromosphère rap])arence d'un ciel pommelé [PI. D, fig.Z). Ces amas diffus sont caractérisés par une structure réticulaire et comme cellulaire : ils sont donc loin de ressembler aux cumuli. On peut les comparer aux brouillards qui se forment dans les régions élevées de notre atmo-

s|)hère, ou bien à des stratiim cii voie cl(^ dissolution, ou encore à des fumées qui se dissipent dans 1 air. Leur earaetèi'e spécial, c'est cette forme indécise d'une vapeur cpii se dissout et s'évant)uit ; ils se forment ;iu sommet des masses filamenteuses, comme on le \()it /'/. Ii,fig.'\.

On peut rapporter à cette catégorie certaines mass<'s diffuses qui s'évaiumissent insensiblement à une certaine dislance du bord. J.<'ur aspect et leiu' coloration rappellent les teintes de l'aurore; elles imitent en petit ce que nous voyons à l'horizon lorscpie le Soleil levant éclaire un ciel légèrement brumeux.

Flammes. — f.a forme la plus habituelle est celle de flammes à structure fdamenteuse; on peut comprendre sous cette dénomination des variétés extrêmement nombreuses, que nous réduirons à quelques tvpes principaux.

4° Masses flamboyantes. — Ce sont d'ordinaire de simples exagérations de la chromosphère : quelques fdets s'allongent, se soulèvent à une grande hauteur, tout en restant inclinés dans le même sens que ceux qui les entourent; ils sont faiblement lumineux et leur éclat va en s'affaiblissant d'une manière progressive [PL B^fiq. 4).

5" Flammes. — Cette classe est la plus nombreuse et la mieux tléfinic : Xasjig. 5 et 6 ( PL D ) en représentent les formes j)rincipales. Elles sont caractérisées par leur figure conique et par la direction des filets qui les composent : cette direction est ordinairement différente de celle des filets de la chromosphère. Les flammes sont rarement droites; elles sont ordinairement recourbées, comme si ini courant violent les emportait; quelquefois même elles sont si fortement inclinées qu'elles touchent la chromosphère par leurs deux extrémités [PL D,Jîg. 7). Dans d'autres circonstances, elles présententune double courbure [ibid.)', en réalité, cette flamme est animée

(11111 nioiiv(Miiriit spiral dont nous ne voyonsque la projection. Ces formes coni([nes sont souvent accouplées deux à deux et dirigées en sens opposé ( PL D^fig. G); mais d y a là une dlusion d'optique due à un effet de perspective; car il est évident (prelles ne sont pas toujours dans un même plan, comme les apparences nous jiorteraient à le croire. On voit dans la Pi. C, fig. I , lui exemple magnifique de ces spirales s'élevant rapidement pour se dissoudre ensuite.

r.es flammes se divisent souvent à leur partie suj)érieure en plusieurs branches qui suivent des directions différentes {PL.D,fig. 8 et 9, è); quelquefois même le sommet se recourbe dans inie direction opposée à celle dans laquelle s'inclinait la partie inférieure (PL D^fig. 8, a) comme si l'impulsion violente qui a lancé la matière dans une première direction était dominée par un vent puissant régnant dans les régions supérieures; la forme a [PL D, fig. 9) ferait croire que la matière incandescente, arrivée à une certaine hauteur, retombe vers la surface du Soleil en vertu de son propre poids. Les flammes filamenteuses sont souvent dominées par des amas de nuages semblables à de légères fumées que le vent emj)orte dans les airs ( PL C, fig. i et PL D,fig. lOy.

6° Fleurs. — Nous désignerons ainsi deux formes assez différentes : la première est caractérisée par des filets convergeant vers le sommet; l'ensemble présente l'aspect d'un clioufleur {PL E, fig i, a). Dans la seconde, les filets sont divergents et disposés de manière à imiter à peu près la fleur de la giroflée ibicl., b. On rencontre souvent ces fleurs juxtaposées de manière à former de longues chaînes ; quelquefois elles sont comme suspendues au-dessus de la chromosphère, sans être reliées avec elle par une tige colorée [PL E,fig. 2). En général, elles sont légères et peu lumineuses. Leur étendue est considérable : elles occupent quel-

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